Le 10 juin 1896, le Belem était lancé aux chantiers Dubigeon, à Nantes. 110 ans plus tard, l'ultime trois-mâts barque français est revenu la semaine dernière sur le lieu de sa naissance. Aujourd'hui navire école, le célèbre voilier a débuté sa vie au commerce. Affecté principalement à la ligne du Brésil, il mena 33 campagnes entre 1896 et 1914, sa cale chargée de fève de cacao, puis de rhum et de sucre des Antilles. Racheté 18 ans après sa mise à flot par le duc de Westminster, il sera transformé en yacht de plaisance et doté de moteurs. A cette époque, le Belem change d'allure, avec ses balustrades qui ornent la dunette, le grand roof qui servait de salle à manger et le grand escalier en acajou de Cuba. Les petits fauteuils verts datent, en revanche, de l'époque de Lord Guiness, qui le rachète en 1921, le rebaptise Phantom II et réalise un tour du monde à son bord, se rendant notamment aux Spitzberg et à Montréal. Pendant la seconde guerre mondiale, le navire reste au mouillage, à l'île de Wight, et sert un temps de caserne aux Forces Navales Françaises Libres (FNFL). Après le conflit, il change une nouvelle fois de pavillon en 1951.
Du commerce au yacht en passant par l'école embarquée Le comte Vittorio Cini le reprend pour sa fondation, dédiée aux marinaretti, les petits orphelins de la mer. Rebaptisé Giorgio Cini et gréé en trois-mâts goélette, il sillonne la Méditerranée pendant de nombreuses années, avant d'être jugé trop vieux et trop vétuste pour cette mission. Transféré aux carabiniers italiens, il retrouvera son gréement d'origine mais ne sera pas, faute de moyens, remis en service. Un Français, le docteur Luc Gosse, passionné de vieux gréements, lors d'un séjour à Venise, visite le bateau amarré à San Giorgio. En parcourant le Giorgio Cini, il découvre sur le fronton de la dunette une petite peinture du trois-mâts surmontée du mot : Belem. De retour en France, le docteur Gosse s'efforce d'alerter une opinion publique française assez indifférente à l'existence de ce voilier issu d'un chantier nantais. C'est finalement grâce à l'appui de Caisse d'Epargne que le voilier sera racheté, en 1979. Rapatrié en France pour être restauré. Pour le gérer, le groupe bancaire crée, en 1986, la Fondation Belem, qui propose des stages de découverte de trois à dix jours le long des côtes européennes. Chaque année, plus de 2000 stagiaires embarquent sur le Belem pour vivre une expérience unique.
Ce matin, nous vous proposons de découvrir un reportage radio que nous avons réalisé, sur le bateau, lors d'une traversée en Manche (écouter ci-contre).
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" Pour plus d'informations, voir le site de la Fondation Belem
" Ecouter l'interview d'Eric Saint-Plancat, l'un des commandants du Belem