Jeudi dernier, à 9H45, le centre d'essais des Landes a procédé au premier tir d'essai du futur missile nucléaire M 51. L'engin, qui équipera les sous-marins stratégiques à partir de 2010 et assurera la dissuasion nucléaire française, a effectué un vol de 10 minutes en direction du continent américain, avant de s'écraser dans l'Atlantique. Cette séquence a été suivie à la trace par les radars de trajectographie de Quimper, Hourtin et du bâtiment d'essais et de mesures (BEM) Monge. « Ca s'est très bien passé. Le temps était idéal, la séparation des étages s'est produite au moment prévu et le missile est tombé à l'endroit prévu », se félicite-t-on à la Délégation Générale pour l'Armement (DGA). D'une longueur de 12 mètres pour une masse de 56 tonnes, le M 51 doit remplacer le M 45, actuellement en service sur les trois premiers sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) du type Le Triomphant, et sur l'Inflexible, ultime survivant de la classe Redoutable. Il devrait emporter de 4 à 6 têtes TN 75 (150 kilotonnes chacune) puis, après 2010, les nouvelles têtes TNO. La portée du M 51 est donnée pour 9000 kilomètres. Après le premier tir, mené avec succès au centre d'essais des Landes (CEL), moins d'une dizaine d'autres lancements sont prévus avant la mise en service du M 51. Le coût du programme, qui comprend la conception et la réalisation du missile, ainsi que l'adaptation des infrastructures de l'Ile Longue, dépassera 8 milliards d'euros.
Moins d'une dizaine d'essais avant 2010Les prochains essais seront également menés depuis le pas de tir aménagé à Biscarrosse puis, l'engin étant conçu pour être tiré depuis une plateforme immergée, des lancements sont prévus depuis un caisson sous-marin spécialement construit pour le M 51. Cet équipement, sorte de piscine de plusieurs dizaines de mètres de profondeur, permettra de tirer le missile dans des conditions équivalentes à celles d'un SNLE en plongée. En 2010, Le Terrible, quatrième et dernier sous-marin du type Le Triomphant, actuellement en construction à DCN Cherbourg, sera le premier bâtiment à mettre en oeuvre le M 51. Ses frères, les Triomphant, Téméraire et Vigilant, seront mis à niveau au cours de refontes. Chaque submersible pourra embarquer 16 missiles. Trois lots de M 51 doivent être acquis par le ministère de la Défense pour équiper, à tour de rôle, les quatre SNLE de nouvelle génération. Depuis le retrait des missiles Hadès et la fermeture du plateau d'Albion, la dissuasion nucléaire repose essentiellement sur les moyens de la Marine nationale. La Force Océanique Stratégique (FOST), dont le nombre de SNLE a été réduit de 6 à 4, dispose des équipements les plus lourds. Les sous-marins de la flotte sont complétés par des avions Super Etendard (embarqués sur le porte-avions Charles de Gaulle) et des Mirage 2000 N de l'Armée de l'air, capables de mettre en oeuvre le missile Air Sol Moyenne Portée (ASMP). Cet engin, d'une portée de 350 kilomètres, emporte une tête nucléaire TN 81 (300 kilotonnes).
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- Voir la fiche technique du Charles de Gaulle
- Lire notre article sur le programme M 51
- Lire notre reportage sur l'IPER du Téméraire