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Anchois : La Thalassa quitte Lorient avec deux chalutiers pour mesurer les stocks
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Anchois : La Thalassa quitte Lorient avec deux chalutiers pour mesurer les stocks

La Thalassa, de l'Ifremer
crédits : Ifremer


15/05/2008

La Thalassa, navire scientifique d'Ifremer, appareille aujourd'hui de Lorient dans le cadre de la seconde phase de la campagne de surveillance halieutique Pelgasc 2008. Alors que les pêcheurs bretons et vendéens réclament toujours une réouverture de l'Anchois, la Thalassa va terminer une étude de la ressource. Pour cela, le bateau d'Ifremer est accompagné d'une paire de chalutiers de La Turballe (Loire-Atlantique). Pour cette campagne conjointe d'une semaine entre scientifiques et professionnels, Ifremer met en place des moyens acoustique et d'étude, les pécheurs fournissant le chalut. « La Thalassa est incapable de faire des coups de chalut à plus de 20 ou 30 mètres de fond », explique Ludovic Leroux, patron de la paire de la Turballe qui se joint à l'opération pour la deuxième année consécutive. Le rôle des pécheurs sera de ratisser par période de 10 minutes, à l'aide de leur chalut, lorsqu'Ifremer en fera la demande. « C'est un moyen de mieux comprendre comment on travaille les uns et les autres », explique le pécheur, satisfait de participer à l'opération. Le but, évidement, est de faire un état de la ressource de l'ensemble du pélagique et plus particulièrement du stock d'anchois. La première campagne, qui vient tout juste de s'achever, a été menée dans le golfe de Gascogne durant 17 jours par l'Ifremer et des chalutiers vendéens. Et cette campagne a permis de déceler la présence de poisson. « J'ai très bien vu ce qu'on a sorti de l'eau », explique Anthony Morin, l'armateur des deux chalutiers de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée). « Anchois de trois ans, de deux ans, d'un an et de l'année, a mon avis, il y a ce qu'il faut. En gérant raisonnablement la pêcherie, je pense que c'est largement ouvrable. Maintenant il ne faut pas qu'on fasse n'importe quoi, mais c'est raisonnable de rouvrir », affirme-t-il.


Le port de La Turballe (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

« Toute la flottille risque de s'écrouler cette année »

Pour les professionnels, l'enjeu est d'importance. Après plus de 3 ans de fermeture, les pécheurs d'anchois français sont au bout du rouleau. Faute de pouvoir prendre du poisson bleu, à Saint-Gilles, la moitié de la flottille aurait déjà disparu. « Je pense que cette année on arrive au bout. Avec le problème de gazole, si on n'ouvre pas la pêche à l'anchois, ça va être très, très difficile. Toute la flottille risque de s'écrouler cette année », estime Ludovic Leroux. Il convient donc, désormais, de se faire une idée précise des stocks et de vérifier que la ressource s'est reconstituée, trois ans après la décision européenne de fermer la pêche à l'anchois. Or, trois ans, c'est justement la durée du cycle de reproduction de l'anchois. Selon les premières constations effectuées, il y aurait beaucoup de jeunes poissons mais, contrairement à l'an passé, très peu d'oeufs auraient été observés. La température de l'eau, de 2 degrés inférieure à celle de l'année dernière, y est-elle pour quelque chose ? Ce qui est certain, c'est que l'absence d'oeufs suscite des interrogations, auxquelles il va falloir désormais répondre.
Pour les pêcheurs, le niveau des stocks n'est, toutefois, pas la seule donnée qui pourrait déterminer la reprise, ou non, de la pêche à l'« or bleu ». Selon eux, c'est aussi, et peut être surtout, la diplomatie qui fausse le jeu. Pour Ludovic Leroux : « C'est un problème politique et de cohabitation avec les Espagnols. C'est ça qui bloque ». Car, de La Turballe à Saint-Gilles, beaucoup estiment que de l'autre côté des Pyrénées, voir les flottilles françaises mourir à petit feu arrange bien la très puissante industrie ibérique de la pêche.
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Pierre-Baptiste Vanzini


       




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