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Police des pêches : Comment l'Etat assure la protection des eaux guyanaises
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Police des pêches : Comment l'Etat assure la protection des eaux guyanaises

Vedette de la Gendarmerie maritime rejoignant une tapouille
crédits : MARINE NATIONALE


15/12/2008

Le département de la Guyane offre 350 kilomètres de littoral et dispose d'une Zone Economique Exclusive (ZEE) de 130.000 Km2. Ses eaux, d'une couleur assez sombre, sont d'une grande richesse halieutique, tant dans la diversité que dans le nombre. Les principaux poissons pêchés sont l'Acoupa, le vivaneau, le machoiran, le mérou-géant et bien sur la crevette.
Les eaux guyanaises sont riches car l'exploitation y est raisonnable et plutôt limitée. Mais, comme ailleurs, la ressource n'est pas inépuisable. Pour les autorités, malgré la richesse et la diversité des eaux guyanaises, il convient d'être prudent et de mener une pêche raisonnée pour éviter une surexploitation et par là, la disparition de certaines espèces. La pêche, dans la ZEE française de Guyane n'est autorisée qu'aux pêcheurs français et à un nombre limité de pêcheurs vénézuéliens, sous certaines conditions après l'obtention de licences communautaires de pêche.


Vivaneau


Acoupa


Machoiran

Une zone convoitée par les pêcheurs surinamais et brésiliens

Les eaux attirent les pêcheurs des pays voisins : le Surinam et le Brésil. Ainsi des flottes de pêche, par l'Est et par l'Ouest font des incursions dans la ZEE. En effet la politique de pêche française a permis de préserver la ressource, ce qui n'est pas le cas de ses voisins. C'est pourquoi il est fréquent de rencontrer jusqu'à 40 nautiques des frontières des tapouilles (navires locaux) en action de pêche. La protection de la ressource halieutique, et donc l'interdiction de pêche par des navires étrangers est une préoccupation permanente des services de l'Etat. Cette protection, et notamment l'interdiction faite aux pêcheurs étrangers de pêcher dans nos eaux, est assurée par les navires des administrations de l'Etat. Ainsi, les affaires maritimes, la douane, la gendarmerie nationale, la marine nationale et la gendarmerie maritime patrouillent régulièrement en mer pour surveiller la pêche.


Interception d'une tapouille par les jets-skis de la gendarmerie (CREDITS : MARINE NATIONALE)

9700 kilos de poisson, 10 kms de filets et 5 tapouilles déroutées le 20 novembre

Le 20 novembre, le préfet a décidé de mener une opération d'envergure et d'impliquer tous les services de l'Etat en même temps, dans le cadre d'une mission de police des pêches coordonnée par le commandant de zone maritime, au large de Mana (à l'ouest de la Guyane, à 10 nautiques de la frontière avec le Surinam). Fruit d'une minutieuse préparation, cette opération est présentée comme un succès. Gérée depuis le centre des opérations maritime, le moyens de l'Etat ont saisi 9700 kilos de poissons, 10 kms de filet, dérouté 5 tapouilles surinamaises et dressés 10 procès verbaux d'infraction.


Interception de tapouilles (CREDITS : MARINE NATIONALE)

Le dispositif avait été mis en place dans la nuit. Les navires de l'Etat s'étaient prépositionnés pour former une nasse depuis la terre jusqu'au large afin de contrôler tous les pêcheurs. Participaient à cette opération, une vedette et deux jet-ski de la Gendarmerie nationale, la vedette Alizé de la Douane, la vedette Organabo de la Gendarmerie maritime, et le patrouilleur La Capricieuse de la marine nationale. A l'aube est alors intervenu un hélicoptère de l'Armée de l'Air ayant à son bord un officier des Affaires maritimes. Il repérait les pêcheurs en infraction en mer et les signalait aux moyens nautiques.
Dans le même temps la gendarmerie de Mana, appuyée des agents de l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) s'occupait des tapouilles qui tentaient de se soustraire aux contrôles maritimes en allant se réfugier dans la mangrove ou dans les rizières de Mana. Ce coup de filet et ses conséquences (amendes, saisies des cargaisons et du matériel) visent à toucher directement, « au porte-monnaie », les contrevenants. L'impact économique de telles opérations sur les armateurs surinamais se veut en effet suffisamment dissuasif pour qu'ils n'incitent plus leurs équipages à venir pêcher dans la ZEE française.

       




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