Aéronautique navale : Le Meeting du Centenaire

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Nous revenons aujourd'hui, notamment en images, sur le superbe meeting aérien qui a marqué, dimanche dernier à Hyères, le centenaire de l'aéronautique navale française. Au sol et dans les airs, 110 avions et hélicoptères étaient présentés au public, qui est venu en nombre. Près de 40.000 personnes ont, en effet, assisté aux démonstrations aériennes à l'intérieur de la base de Hyères, 20.000 spectateurs supplémentaires suivant le spectacle aux alentours du site ! En rade de Hyères, la présence de 8 grands bâtiments, dont les porte-avions Charles de Gaulle et USS Harry S. Truman, a également suscité beaucoup d'intérêt (voir les photos de la rade et du meeting en fin d'article). Blériot XI, Corsair, JU-52, Vampire, Zéphyr, Rafale, Super Etendard, F/A-18, Harrier, Panther, Lynx, Alouette III... Anciens ou récents, les appareils ont offert un très beau spectacle. Outre les aéronefs de la marine ou similaires à ceux que l'aéronautique navale a opéré, des avions ou hélicoptères étrangers étaient également présents. De même, l'armée de l'Air, qui a fêté l'an dernier ses 75 ans d'existence, est venue saluer son aînée avec un Rafale et la Patrouille de France. L'armée de Terre, dont les machines embarquent sur les navires de la marine, était également présente, avec une très belle démonstration du Tigre, son nouvel hélicoptère de combat. Enfin, les organisateurs avaient réservé une surprise au public avec un impressionnant survol de l'A380, le plus gros avion commercial actuellement en service.


Dimanche à Hyères (© : MARINE NATIONALE)

Sponsorisé par de nombreux industriels liés aux activités de l'aéronautique navale, comme Dassault, DCNS, EADS, MBDA, Thales ou encore Safran, le Meeting du Centenaire fut l'occasion, pour la marine, de mettre en lumière un savoir-faire reconnu dans le monde entier. « Ce n'est pas tous les jours que l'on peut se prévaloir de faire une activité depuis 100 ans, d'autant que ce n'est pas un sport de masse. Voler c'est compliqué. Naviguer ce n'est pas simple non plus. Et naviguer avec un aéronef c'est beaucoup plus complexe. L'aéronautique fait partie intégrante des opérations navales qui, par définition, sont en trois dimensions : sous l'eau, sur la mer et au dessus », explique le Chef d'Etat major de la marine. L'amiral Pierre-François Forissier s'est également félicité de la visite à bord du Charles de Gaulle, trois jours plus tôt, du président de la République.


L'amiral Forissier (© : MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Sur le pont d'envol du porte-avions, Nicolas Sarkozy a été particulièrement élogieux en parlant du bâtiment et de son équipage, insistant sur le rôle de ce type de navire que seuls les Etats-Unis et la France mettent en oeuvre. « Nous avons tiré une certaine satisfaction de ce discours mais nous ne sommes pas étonnés. Comme le sous-marin nucléaire, le porte-avions est un outil politique. Pour les décideurs, c'est un atout considérable dont la puissance politique dépasse considérablement les performances militaires. Dans le monde, il y a ceux qui ont un porte-avions et ceux qui n'en ont pas. Avoir un porte-avions capable de réaliser toute la gamme de missions allant de la surveillance maritime à la dissuasion nucléaire, c'est un savoir-faire très particulier. Seuls les Etats-Unis et la France en dispose. Ce savoir-faire est d'ailleurs reconnu par la marine américaine, aux yeux de laquelle la Marine nationale a une véritable crédibilité ».


Le Charles de Gaulle et le Harry S. Truman (© : MARINE NATIONALE)

Aujourd'hui, l'aéronautique navale, forte de plus de 200 aéronefs et 6700 personnes (soit 14% du personnel de la marine), ne se résume évidemment pas au groupe aérien embarqué sur le Charles de Gaulle. Ses avions et hélicoptères sont indispensables pour assurer un panel très important de missions : protection de la force océanique stratégique, lutte anti-sous-marine, lutte antinavire, contre-terrorisme, lutte contre la piraterie et le narcotrafic, surveillance maritime, secours en mer... L'aéronautique navale compte 6 bases (Nîmes-Garons sera fermée en 2011), dont une outre-mer, 8 centres d'entrainement et d'instruction, ainsi que 14 détachements hélicoptères (+ 5 détachements au profit du service public). Côté avions, la marine aligne actuellement 17 Rafale, 36 Super Étendard modernisés (SEM), 3 Hawkeye, 26 Atlantique 2, 4 Falcon 50, 5 Guardian, 11 Xingu, 6 Falcon 10, 7 Cap 10 et 9 Rallye. En matière d'hélicoptères, les flottilles regroupent 25 Lynx, 16 Panther, 6 Dauphin SP, 3 Dauphin Pedro, 2 EC-225 et 25 Alouette III.


Rafale à l'appontage (© : MARINE NATIONALE)

100 ans d'histoire

En un siècle, 11.500 aéronefs et plus de 20.000 hommes et femmes ont volé dans la marine, 1600 d'entre eux y sacrifiant la vie. « Le meeting aérien de Hyères est une reconnaissance et une célébration de nos anciens, qui ont osé imaginer qu'on pouvait voler en mer, ont été inventifs et aussi courageux. Ils ont été des pionniers et nous avons la responsabilité de transmettre un outil qui continue à évoluer dans le bon sens. Car, cent ans plus tard, nous disposons d'un outil formidable qui nous permet d'être au top niveau mondial », explique l'amiral Forissier.


Un Blériot XI (© : MARINE NATIONALE)

Pour l'aéronautique navale, l'aventure a débuté en 1910. Quelques mois après que Blériot ait traversé la Manche, la Marine envoie sept officiers se former comme pilotes d'aéroplanes chez des constructeurs de l'époque. En décembre, un Farman est acquis. Avec ce premier avion, l'aviation navale française nait. Il faut cependant attendre 1912 pour qu'elle soit officiellement créée par un décret du président de la République. Malgré de fortes réticences à l'origine, les marins volants font leur place. Pendant la première guerre mondiale, des aviateurs marins participent à la lutte contre les sous-marins allemands. En 1920, le lieutenant de vaisseau Teste apponte pour la première fois sur le pont du cuirassé Béarn qui deviendra le premier porte-avions français.


Le Béarn (© : MARINE NATIONALE)

Alors que les dirigeables disparaissent progressivement dans les années trente, l'avion et l'hydravion font de grands progrès techniques, mais leur rôle exact dans les opérations navales est encore mal défini. En 1940, l'aéronautique navale participe aux premiers combats de la guerre et subit de lourdes pertes. Ensuite, divisés comme toute la Marine, certains aviateurs marins restent fidèles au gouvernement de Vichy tandis que d'autres s'engagent dans les forces navales françaises libres (FNFL) et participent aux combats aux côtés des alliés. A partir de 1943, l'aéronautique navale unifiée se reconstitue en Afrique du Nord.


Un Avenger (© : MARINE NATIONALE)

C'est en marge de ces heures difficiles pour la France que le rôle de l'aéronautique navale éclate au grand jour, notamment au cours des batailles de l'Atlantique et du Pacifique. Le cuirassé, maître des océans depuis longtemps, est définitivement supplanté par le porte-avions, qui devient un outil incontournable. La Marine nationale en a parfaitement conscience mais la situation du pays, à la fin des combats, ne permet pas de mettre immédiatement en chantier des navires de ce type. Dans un premier temps, la flotte française va mettre en oeuvre des appareils provenant essentiellement des alliés. Passeront notamment sous pavillon français des porte-avions, comme le Dixmude, le La Fayette, le Bois Belleau ou encore l'Arromanches. Des avions américains Avenger ou encore Corsair arborent également la cocarde tricolore, ainsi que quelques appareils ex-allemands (JU-52,FW-190). Engagée en Algérie et en Indochine, l'aéronautique navale subira de lourdes pertes.


Corsair sur le La Fayette (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'Arromanches (© : MARINE NATIONALE)


Le Clemenceau (© : MARINE NATIONALE)

Après la période transitoire de l'après-guerre et de la mobilisation des moyens dans le cadre de la reconstruction du pays, des programmes français sont lancés à partir de 1955. Deux porte-avions, les Clemenceau et Foch, sont notamment commandés à l'arsenal de Brest et aux chantiers de Saint-Nazaire. Ils seront en service en 1961 et 1963. Au cours de cette décennie, l'aéronautique navale renouvelle son parc d'aéronefs avec de nombreux équipements de conception nationale : l'avion de chasse Etendard, l'avion de patrouille maritime Atlantic, l'avion de reconnaissance Alizé ou encore les hélicoptères Alouette et Super Frelon.


Super Frelon (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Crusader (© : MARINE NATIONALE)


Etendard IV (© : MARINE NATIONALE)

A la fin des années 70, le Super Etendard fera son apparition, de même que le Lynx franco-britannique. Puis, au cours de la décennie suivante, ce sera au tour de l'Atlantique 2. Les années 90 verront l'arrivée des Dauphin et Panther, ainsi que le lancement du programme Rafale pour remplacer par un appareil unique le parc d'Etendard, Super Etendard et Crusader. Le premier Rafale Marine, au standard 1, est livré à la marine en 1999. Aujourd'hui, le nouvel avion est totalement polyvalent et mis en oeuvre au standard F3, de nouvelles évolutions étant d'ores et déjà programmées. Côté hélicoptères, la prochaine révolution débutera à partir de la fin 2011 avec l'arrivée du premier NH90, destiné à remplacer progressivement les Super Frelon (aujourd'hui retirés du service) et les Lynx. Une autre aventure se dessine également avec le drone aérien, engin sans pilote promis à un bel avenir.


Super Etendard et Rafale (© : MARINE NATIONALE)


Hawkeye (© : MARINE NATIONALE)


Atlantique 2 (© : MARINE NATIONALE)


Falcon 50 (© : DASSAULT AVIATION)


Lynx (© : MARINE NATIONALE)


Panther (© : MARINE NATIONALE)


Dauphin (© : MARINE NATIONALE)


Dauphin SP (© : MARINE NATIONALE)


NH90 (© : MARINE NATIONALE)

Ces quarante dernières années, l'aéronautique navale a été engagée à de nombreuses reprises sur des théâtres d'opérations extérieurs. Les porte-avions et leurs groupes aériens embarqués sont notamment intervenus au Liban, en ex-Yougoslavie ou encore en Afghanistan. Dans le même temps, les hélicoptères embarqués sur les bâtiments démultipliaient les interventions, alors que les avions de patrouille et de surveillance maritime accomplissaient leurs inlassables missions. En quatre décennies, les menaces ont évidemment évolué. En plus de la « guerre » à proprement parler, on parle aujourd'hui terrorisme, piraterie ou encore narcotrafic, contre lesquels l'aéronautique navale se révèle être un atout précieux. Il ne faut pas non plus oublier le secours en mer au large des côtes françaises. Ainsi, les seuls hélicoptères de la flottille 35F ont sauvé plus de 1400 personnes en 15 ans. Le chemin parcouru en 100 ans est donc énorme. Il y a un siècle, lorsque le premier Farman est arrivé, beaucoup de marins n'en voyaient pas l'utilité. Cent ans après, personne ne remet plus en cause le rôle des marins volants.

LE MEETING ET LA RADE EN IMAGES :




Dimanche à Hyères (© : MARINE NATIONALE)


Blériot XI (© : MARINE NATIONALE)


Blériot XI (© : MARINE NATIONALE)


Blériot XI (© : MARINE NATIONALE)


JU-52 (© : F. CABROL)


Corsair (© : MARINE NATIONALE)


Corsair (© : MARINE NATIONALE)


Corsair (© : MARINE NATIONALE)


Corsair (© : MARINE NATIONALE)


Fw-190 samedi avant son crash (© : MARINE NATIONALE)


Avenger (© : MARINE NATIONALE)


Avenger (© : MARINE NATIONALE)


Fouga Zéphyr et MS 760 (© : MARINE NATIONALE)


Vampire (© : MARINE NATIONALE)


Vampire (© : MARINE NATIONALE)


F/A-18 américains (© : MARINE NATIONALE)


Super Etendard (© : MARINE NATIONALE)


Rafale Marine (© : MARINE NATIONALE)


Hawkeye (© : MARINE NATIONALE)


Hawkeye, SEM et Rafale (© : MARINE NATIONALE)


Atlantique 2 (© : MARINE NATIONALE)


(© : MARINE NATIONALE)


Dauphin (© : MARINE NATIONALE)


Panther (© : MARINE NATIONALE)


Alouette III (© : MARINE NATIONALE)


Lynx (© : MARINE NATIONALE)


Tigre (© : MARINE NATIONALE)


Tigre (© : MARINE NATIONALE)


La patrouille de France (© : MARINE NATIONALE)


La patrouille de France (© : MER ET MARINE)


L'A380 (© : MARINE NATIONALE)


Le Charles de Gaulle (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Forbin (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Harry S. Truman (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Normandy (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Normandy (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Normandy (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Normandy (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'USS Normandy (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias et l'Argus (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Hessen (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Hessen (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Hessen (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Principe de Asturias (© : JEAN-LOUIS VENNE)