Défense

Reportage

Aéronautique navale : Vague de renouvellement des avions et hélicoptères

A l'instar des navires de surface et sous-marins, les grandes aéronautiques navales sont en plein renouvellement, l'objectif étant généralement de remplacer les appareils mis en service entre le milieu des années 60 et le début des années 80. Les besoins couvrent différents types d'appareils, de la chasse embarquée sur porte-avions, porte-aéronefs ou porte-hélicoptères d'assaut, aux hélicoptères de transport ou d'attaque, sans oublier les avions de patrouille maritime. Le marché est littéralement colossal. Voici les principaux programmes en cours.


Le F-35 (© : LOCKHEED-MARTIN)

Le F-35 Lightning II

Le principal programme actuellement lancé est celui du Joint Strike Fighter (JSF), ou F-35 Lightning II, de Lockheed Martin (modèle retenu en 2001 contre le X-35 de Boeing). Cet avion furtif existera en trois versions. Une version classique, le F-35 A, est destinée à remplacer le F-16 au sein de l'Air Force. La seconde, à décollage et appontage vertical (F-35 B), doit succéder au Harrier de l'US Marine Corps et a été retenue par la Royal Navy pour les CVF. Enfin, le F-35 C, conçu pour être catapulté depuis les porte-avions, prendra la suite du F/A-18 Hornet. Capable de voler à Mach 1.6, le JSF pourra emporter des missiles AMRAAM, JSOW, JASSM, Sidewinder, des bombes à guidage laser JDAM et un canon de 25 mm à cinq tubes.
Compte tenu des importantes augmentations de coûts enregistrées ces dernières années et des restrictions financières actuelles, le programme ne pourrait plus compter que 2000 appareils, contre 3000 initialement prévus. Afin de réduire la facture du JSF, les Etats-Unis ont lancé le programme en coopération. Bien que multinational, le programme JSF est totalement contrôlé par les Etats-Unis. En réalité, la coopération est essentiellement financière, les Etats partenaires apportant leurs contributions pécuniaires à l'industrie américaine, Lockheed Martin en tête, qui produit l'avion.


F-35 sur un CVF britannique (© : BAE SYSTEMS)

Seule la Grande-Bretagne, partenaire de premier rang, avec un potentiel d'acquisition de 150 avions et 2 milliards de dollars investis dans la phase de développement, est parvenue a décrocher des contrats significatifs pour ses entreprises, notamment BAE Systems. L'Italie devrait être chargée de l'assemblage des F-35 destinés à des pays européens, ainsi que de la réalisation de voilures. L'Australie, la Norvège, le Danemark, la Turquie, le Canada, Israël et Singapour sont aussi associés au programme.
Les premières livraisons de F-35 B, destinés aux porte-aéronefs américains et britanniques, aura lieu après 2012, celle du F-35 C (version pour porte-avions US) arrivant à partir de 2015. L'US Navy prévoit d'acquérir 230 F-35 C et l'US Marine Corps 450 avions. La Fleet Air Arm se contenterait d'une cinquantaine d'appareils, mis en oeuvre à partir des HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales, livrables par les chantiers britanniques en 2014 et 2016.



Le F-35 B pourra apponter verticalement (© : LOCKHEED-MARTIN)

On notera que la quasi-totalité des marines disposant de porte-aéronefs mettant en oeuvre des avions à décollage court et appontage vertical seront obligées d'acquérir des F-35 B pour remplacer leur actuels Harrier. C'est par exemple le cas de l'Espagne et de l'Italie, cette dernière prévoyant d'acheter 24 F-35 B à partir de 2015. L'Inde a, en revanche, choisi de doter ses nouveaux porte-aéronefs de la classe Vikrant d'appareils russe Mig-29 K, seul concurrent du Harrier et du JSF.


Rafale Marine (© : DASSAULT-AVIATION)

Le Rafale Marine

Conçu par le Français Dassault Aviation, le Rafale Marine est opérationnel depuis 2001 dans sa version F1 (interception). Ne pouvant mener que des missions de défense aérienne, cet appareil aux capacités limitées avait été livré plus tôt afin de remplacer au plus vite des antiques Crusader, retirés du service à la fin des années 90. L'aéronautique navale française a, par la suite, touché des Rafale F2 (capacité d'assaut, liaison 16), les premiers exemplaires étant embarqués sur le porte-avions Charles de Gaulle en novembre 2006. Ces avions ont notamment été déployés en Afghanistan, à partir du CDG, au printemps 2007, tirant à cette occasion leurs premières bombes. Fin 2008, la marine aura reçu son vingt sixième Rafale. Les livraisons au standard F3 ont commencé au mois de septembre 2008.


Rafale dote d'un AM39 Exocet (© : DASSAULT AVIATION)

Totalement polyvalents, les Rafale F3 peuvent mettre en oeuvre l'AS 30 Laser, le missile de croisière Sclap EG, le missile nucléaire ASMP-A, le missile antinavire AM39 Exocet, des missiles air-air Mica EM et Mica IR, l'armement air-sol modulaire (AASM), des bombes GBU 12, 22 et 24, ainsi qu'un pod Reco NG. Les avions déjà livrés ont commencé leur mise à niveau pour passer du standard F2 à F3, les premiers appareils étant rétrofités chez Dassault. En tout, 60 Rafale Marine doit être livrés pour assurer la mise en oeuvre du groupe aéronaval français et remplacer les Super Etendard Modernisés (SEM). Capable d'atteindre Mach 2, l'avion est propulsé par deux moteurs M-88 (Snecma).
On notera que le Rafale est le seul avion étranger capable d'être mis en oeuvre sur porte-avions américain. Six appareils de la flottille 12F ont, ainsi, opéré depuis l'USS Theodore Roosevelt cet été, durant l'exercice JTFEX.


Mig-29 K (© : DROITS RESERVES)

Le Mig-29 Fulcrum

Appareil de la génération précédente, le Mig-29 Fulcrum a, encore, une belle carrière devant lui. Les premières études datent des années 70 mais l'appareil a subi plusieurs modernisations. D'abord développé pour l'armée de l'air soviétique en réponse aux F-15 et F-16, cet appareil de supériorité aérienne devait être navalisée du temps de l'URSS, pour être embarquée sur les nouveaux porte-avions en préparation. Le projet du Mig-29 K, avec voilure repliable, crosse d'appontage et nouveaux réacteurs, avait été abandonnée dans les années 80 au profit du Su-33 Flanker, aujourd'hui mis en oeuvre sur le porte-avions russe Kuznetsov. Le programme a, néanmoins, été réactivé au profit de l'Inde pour être utilisé sur l'ex-Gorshkov, racheté en 2004 à la marine russe et actuellement en cours de refonte aux chantiers Severodvinsk. Sa modernisation, qui a pris beaucoup de retard, ne sera pas achevée avant 2012. Il devrait, alors, mettre en oeuvre 20 Mig-29 K. De même, les nouveaux porte-aéronefs construits en Inde (classe Vikrant), disposeront de cet avion à partir de 2015. L'Inde a déjà commandé 16 appareils et souhaite en acheter au moins 30 autres entre 2010 et 2015. Ne maîtrisant pas la technologie du catapultage, que seuls les Etats-Unis et la France mettent en oeuvre, l'Inde, comme la Russie, utilisent une piste dotée, en bout de course, d'un tremplin (angle de sortie à 14 degrés pour les Indiens et 12 degrés pour les Russes). Après le retrait du service des Sea Harrier, à appontage vertical, les nouveaux porte-aéronefs indiens disposeront d'une piste oblique dotée de brins d'arrêts pour réceptionner les Mig-29 K (disposition identique, en Russie, sur le Kuznetsov).
Outre l'Inde, les avions russes embarqués pourraient faire leur apparition en Chine dans les prochaines années. Depuis ses bases terrestres, la flotte chinoise dispose déjà de Su-30 MKK2, mais elle pourrait aussi acquérir des Su-33 Flanker pour ses futurs porte-avions, dont elle a annoncé la construction au cours de la prochaine décennie. En attendant, elle remet en état le sistership du Kuznetsov (ex-Varyag), acheté en 2000 et rebaptisé Shilang.


P-8 A Poseidon (© : BOEING)

Patrouille maritime : Le Poséidon remplace l'Orion

Le célèbre avion de patrouille maritime américain P-3 Orion, vendu à de nombreux pays, a désormais un successeur. Le tout premier P-8 A Poseidon est sorti en août de l'usine de Renton, aux Etats-Unis. Dérivé du Boeing 737-800 ERX, cet appareil de 38.56 mètres de long et 38.81 mètres d'envergure doit assurer la succession du P-3 C Orion, dont le premier vol remonte à 1959. Appelé Multimission Maritime Aircraft (MMA), le Poseidon devrait être commandé à 114 exemplaires par l'US Navy. Une fois le prototype expérimenté en vol, les premiers appareils de série devraient être livrés par Boeing en 2013. La motorisation est assurée par deux réacteurs CFMI de 12.4 tonnes de poussée. Destiné à la surveillance maritime mais aussi à la lutte anti-sous-marine et antinavire, le P-8 A pourra mettre en oeuvre des missiles Harpoon et SLAM-ER, ainsi que des torpilles Mk50 et Mk54. Doté des liaisons 11, 16 et 22, d'un système de transmission par satellite Inmarsat et de 120 bouées acoustiques, il pourra franchir 6200 nautiques, contre 4500 pour son prédécesseur (dont l'autonomie en vol était de 14 heures).


Le Falcon 2000 MRA (© DASSAULT AVIATION)

Dassault présente un nouvel appareil pour remplacer les Falcon 50 et Guardian

En France, des réflexions sont toujours en cours en vue de moderniser l'Atlantique 2 (Dassault-Breguet), livrés à 28 exemplaires entre 1989 et 1997. Une quinzaine est actuellement en ligne sur les bases de Lann-Bihoué (Lorient) et Nîmes-Garons, les flottilles 21F et 28F étant regroupées dans le Morbihan. Régulièrement déployé en Afrique et en océan Indien, l'ATL2 est l'avion « à tout faire » de la marine. Disposant d'une autonomie très importante, il peut aussi bien mener des opérations de surveillance, de désignation d'objectif, de lutte anti-sous-marine ou antinavire, et même depuis cette année servir de bombardier. En juillet dernier, l'avion a, en effet, été certifié pour pouvoir embarquer des bombes de 250 kilos GBU-12.
Dans le même temps, Dassault Aviation propose un nouvel avion, le F2000 MRA, afin de remplacer les Falcon 50 et Guardian, dont 9 exemplaires sont en service dans la marine française. Cet avion de surveillance maritime, reprenant une cellule éprouvée, celle de l'avion civil Falcon 2000. La version MRA, qui embarque quatre postes d'opérateurs, est dotée d'une boule FLIR, un radar et quatre points d'emport sous la voilure, soit deux de 1500 livres et deux de 700 livres. Cela permet au F2000 MRA (Maritime Reconnaissance Aircraft) d'emporter, par exemple, une chaîne SAR (Search and Rescue). Il n'y a donc plus besoin, contrairement au Guardian et Falcon 50, de jeter la chaîne SAR par un puits découpé dans la carlingue. Côté autonomie, l'appareil peut atteindre une distance de 1000 nautiques et patrouiller 3 heures sur zone avant de revenir, où voler quelques 7 heures à 200 nautiques des côtes, soit dans la Zone Economique Exclusive (ZEE).
Dassault propose également un autre appareil, cette fois de patrouille et d'intervention maritime. Nettement plus armé, le Falcon 900 MPA peut emporter deux missiles antinavire Exocet AM39 et deux torpilles légères.


NH 90 appontant sur un BPC (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Le NH90 : L'hélicoptère qui se fait attendre

En matière d'hélicoptères, plusieurs marines européennes attendent avec impatience l'arrivée du NH90 (classe 10 tonnes). Produit par NHIndustries, consortium regroupant Eurocopter, Agusta et Fokker, le prototype de cette machine a volé pour la première fois en 1995. Hélicoptère interarmées, le NH90 est décliné en deux versions. Le Tactical Transport Helicopter (TTH) doit pouvoir transporter 20 passagers et plus de 2 tonnes de matériel. Dans sa version navalisée (NHS), la version transport du NH90 assurera également les missions SAR (Search and Rescue) en mer. Il remplacera, notamment, à ce titre, le Super Frelon de la Marine nationale.
L'autre version du NH90, le NATO Frigate Helicopter (NFH), est une variante embarquée sur bâtiment et capable de mener des opérations de lutte antisurface et anti-sous-marine. Dans cette configuration, il pourra embarquer deux missiles antinavire légers ou deux torpilles MU90, tout en servant à la désignation d'objectif pour les tirs transhorizon de missiles antinavire délivrés depuis des frégates. En lutte ASM, il mettra en oeuvre un sonar trempé FLASH et des bouées acoustiques. Ses autres équipements principaux comprennent un radar ENR, des bouées acoustiques, un FLIR OLOPS, et des leurres Saphir-M.


(© : NH90.NET)

Doté d'une liaison 11 et armé par un équipage de trois hommes, le NH90 aura une autonomie maximale de 4H15 (480 nautiques franchissables), sa motorisation étant fournie par deux turbines MTU Aero Engines/Rolls-Royce/Turboméca MTR322 ou General Electric T700-T6E.
Programme mené en coopération entre de nombreux pays (France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Portugal), le NH90 a connu de nombreux retards, qui ne sont pas sans poser problèmes à certains clients, dont la France, qui peine à maintenir en service leur actuel parc d'hélicoptères. Cette machine rencontre néanmoins un beau succès commercial. Plus de 500 hélicoptères sont à ce jour commandés en version terrestre ou navale. Le NH90 a été adopté par l'Australie, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, la Grèce, la Norvège, la Nouvelle-Zélande, Oman, les Pays-Bas, le Portugal et la Suède.


EH-101 (© : FINMECCANICA)

Merlin EH-101

Mis en service en 2000, l'EH-101 Merlin est issu des études lancées initialement par la Royal Navy pour remplacer ses hélicoptères lourds du type Sea King dans leurs missions de transport, de lutte ASM et éventuellement de lutte antinavire. L'Italie éprouvant un besoin similaire, un programme anglo-italien a été développé, le nouvel appareil étant réalisé par Augusta et Westland. Long de 22.9 mètres pour une masse de 14.6 tonnes (6.9 à vide), le Merlin a été livré à 44 exemplaires à la Royal Navy. Pouvant mettre en oeuvre 4 torpilles Sting Ray, des grenades ASM et un sonar trempé, il peut, en version assaut héliporté, transporter 35 hommes. Son autonomie oscille entre 2.5 heures et 5 heures suivant les missions (motorisation : 3 turbines Rolls-Royce - Turbomeca RTM 322). Une trentaine d'EH-101 britanniques seront modernisés à partir de 2011 (mitrailleuse de 12.7 mm, système de transmissions Saturn). Une version d'alerte lointaine pourrait également voir le jour à l'horizon 2018 pour remplacer les Sea King ASaC 7 embarqués sur les porte-aéronefs de la marine britannique (qui ne dispose pas d'avions de guet aérien embarqué).
Outre la Royal Navy, la marine italienne a également acquis 46 hélicoptères de ce type, 22 étant déjà en service pour les missions de combat.
L'EH-101 a été vendu à l'Algérie, au Canada, au Danemark et au Japon.


Future Lynx (© : AUGUSTA-WESTLAND)

Le Future Lynx

Contrairement à la France ou l'Allemagne, qui ont choisi de remplacer leurs actuels Lynx par des NH90, la Grande-Bretagne a opté pour le Future Lynx d'Augusta et Westland afin d'équiper la Royal Navy et l'armée de terre. Le nouvel hélicoptère disposera de deux turbines CTS800-4N. Cette motorisation, 36% plus puissante que celle des actuels Lynx, est développée au sein d'une société commune par Rolls-Royce et Honeywell. En tout, 70 doubles turbines ont été commandées par le ministère britannique de la Défense. Long de 13.5 mètres pour une masse maximale de 5.79 tonnes, le Future Lynx remplacera dans la marine anglaise (30 exemplaires prévus) les Lynx HMA.8 et HAS.3 et dans l'armée les Lynx AH mk7 et AH mk9 (40 ex). Evolution du Super Lynx, notamment au niveau de la motorisation, le nouvel hélicoptère sera capable de mener des missions de surveillance et d'assaut en haute mer ou en zone côtière. Différents armements pourront être embarqués, comme des torpilles anti-sous-marines Stingray, des missiles antinavires (Air-to-Surface Guided Weapon - FASGW), des roquettes, une mitrailleuse de 12.7 mm ou un canon de 20 mm. L'appareil devrait être en service en 2014 dans l'armée et l'année suivante dans la Navy.


Tigre et TCD Sirocco (© : DGA-COM)

Marines et hélicoptères interarmées

Ces dernières années, les opérations impliquant des projections de force ont entrainé un rapprochement entre les armées de terre et les marines. Chez ces dernières, on a vu se développer des plateformes spécialisées, comme les Bâtiments de projection et de commandement (BPC) en France, le porte-hélicoptères Océan en Grande-Bretagne ou toute une série de navires d'assaut en Espagne ou par exemple aux Pays-Bas. Dans ce cadre, les bâtiments servent au transport et à la mise en oeuvre des moyens terrestres depuis la mer, avec un renforcement significatif de l'importance de la composante héliportée. Ainsi, les BPC ont été conçus pour débarquer 450 soldats et 70 véhicules via des rampes d'accès ou des chalands de débarquement, mais aussi pour déployer 16 hélicoptères lours (la modularité et l'espace des hangars internes permettraient de loger 35 hélicoptères du type Gazelle) de l'armée de Terre. L'adoption de matériels communs entre marine et armée, comme le NH90, facilitent les déploiements.


Tigre (© : DGA-COM)

Mais les bâtiments sont également adaptés à la mise en oeuvre des nouveaux hélicoptères de combat, comme le Tigre. Remplaçant la Gazelle, le tout nouvel hélicoptère peut, ainsi, être embarqué sur BPC et transport de chalands de débarquement, ce qui permet à la force déployée via la mer de disposer d'un hélicoptère d'appui efficace en couverture.
La mise en oeuvre des hélicoptères de l'armée de Terre nécessite toutefois un entrainement régulier, les machines devant se poser sur des plateformes mouvantes et dans des conditions parfois difficiles. Des essais sur le Tigre ont d'ailleurs été menés en juin 2007, au large de Toulon, par la Délégation Générale pour l'Armement (DGA). L'hélicoptère a réalisé plus de 300 appontages sur la frégate Guépratte et le TCD Sirocco, notamment par une météo très mauvaise, avec des creux de six mètres et des rafales de vent à 100 km/h. Les stabilisateurs de la frégate, chargés de compenser la gîte du bâtiment, avaient même été inversés, afin d'obtenir les configurations les plus défavorables. Malgré une gîte à 12 degrés, le Tigre est parvenu à se poser sur les ponts des bateaux, opérant au-delà des limites initialement fixées.


Osprey (© : US NAVY)



Le MV-22 Osprey : Entre avion et hélicoptère

Pour refermer ce dossier, qui ne peut malheureusement pas être exhaustif, on ne pouvait pas mentionner l'un des engins les plus étonnants entrés en service ces dernières années. Conçu par Bell et Boeing, le MV-22 Osprey a volé pour la première fois en 1988, sa production en série ayant débuté en 1997. D'ici 2017, il doit être construit à 360 exemplaires par l'US Marine Corps et 48 unités pour l'US Navy (ravitaillement en vol). En 2007, 46 étaient déjà en service. Aéronef à rotors basculant, il décolle comme un hélicoptère mais vole comme un avion. Ainsi, les deux turbopropulseurs (Allison T 406-AD-400 ou Rolls-Royce AE 1107) et leurs rotors (11 mètres de diamètre chacun) pivotent de 90 degrés après le décollage. Mis en oeuvre sur les porte-hélicoptères d'assaut, ce gros engin de 25 tonnes (25 mètres d'envergure avec les rotors) est dédié à l'assaut héliporté. Il peut transporter 24 hommes et sa capacité de voler comme un avion lui permet de réduire le temps de transit vers la zone d'opération. Sa vitesse peut atteindre, en effet, 320 noeuds (250 en vitesse de croisière), contre 144 noeuds pour l'hélicoptère Sea Knight et 170 noeuds pour le Super Stallion. Son autonomie est, dans le même temps, nettement plus grande, l'Osprey pouvant franchir 2100 nautiques, contre respectivement 200 et 1000 nautiques pour le Sea Knight et le Super Stallion.
Le développement de cet aéronef a été assez long compte tenu de sa complexité. Deux Osprey se sont notamment écrasés en 2000, retardant le programme de deux ans.


Osprey (© : US NAVY)


Osprey (© : US NAVY)


Osprey (© : US NAVY)


Osprey (© : US NAVY)