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Brest : Les marins du RSV Endeavour poursuivent leur combat

Depuis maintenant trois semaines, l'équipage du navire de recherche RSV Endeavour est en grève, immobilisant son bateau dans le port de Brest. Sept marins guatémaltèques et honduriens qui dénoncent leurs conditions de travail et d'emploi. Alors qu'ils affirment toucher seulement 1000 dollars par mois, ils réclament des hausses de salaires. Mais ce n'est pas tout. « D'autres paramètres entrent en compte : le racisme des européens contre les latins, l'absence de vêtements de protection, la mauvaise nourriture etc..... Ce cas révèle la réalité pour la majorité des gens qui travaillent dans le secteur maritime : un armateur d'un pays riche, un vieux navire, battant pavillon Panama, un équipage multiculturel : la complaisance par excellence (4 marins sur 5 viennent des pays pauvres) », déplore l'association Mor Glaz, qui soutien l'équipage du RSV Endeavour dans son action.


Le RSV Endeavour à Brest (© : MOR GLAZ)

Solidarité autour de l'équipage

Le navire, un ancien chalutier transformé en chasseur d'épaves, appartient à un armement singapourien, amateur de trésors sous-marins. Face à la fronde l'équipage, ce dernier a voulu le remplacer, de nouveaux marins panaméens ayant été dépêchés à bord le 23 mai. Mais les grévistes tiennent bon et refusent d'abandonner la partie. Selon Mor Glaz, « l'armateur refuse par principe de négocier avec les marins ou leur représentante ITF. Il a même essayé par deux fois de les débarquer ». Depuis le début, les marins du RSV Endeavour bénéficient d'un fort soutien du tissu associatif brestois. Des évènements sont notamment organisés pour maintenir la pression sur l'armateur mais aussi pour sensibiliser l'opinion et divertir les marins. Ce fut le cas avec la projection du film « En Rade » de Roy Lekus qui traite des marins abandonnés dans le port de Brest entre 2000 et 2010. Et puis, le 19 juin, les marins ont pu visiter le remorqueur d'intervention, d'assistance et de sauvetage Abeille Bourbon, l'une des fiertés de la marine française. « Régulièrement les médias font le point sur la situation. La population locale montre aussi un intérêt et une grande générosité, laquelle a permis aux marins d'acheter des cartes de téléphone car depuis un mois ils n'ont plus d'argent », souligne Mor Glaz. Quant aux marins, ils se montrent toujours aussi déterminés : « Nous nous sentons soutenus et optimistes dans notre lutte, reconnaissants de l'aide de beaucoup de personnes et des autorités qui nous accordent l'attention nécessaire. Nous lutterons jusqu'à la fin ».