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Cinq candidats à la reprise de la raffinerie Petroplus

Ce sont finalement cinq offres qui ont été remises aux administrateurs judiciaires de Petroplus à Petit-Couronne. Les candidats potentiels à la reprise de la raffinerie normande avaient jusqu’à hier, en fin de journée, pour se faire connaitre. Selon le ministre du Redressement productif, deux des cinq offres sont considérées comme « sérieuses et financées ». Pour Arnaud Montebourg, il  s’agit de l’offre du Suisse Terrae et, c’est une surprise, de celle de l’Egyptien Arabiyya Lel Istithmaraat, un groupe coté à la bourse du Caire et présent dans différents domaines, dont le pétrole et le gaz. Arabiyya lel Istithmaraat serait prêt à reprendre l’intégralité du site de Petit-Couronne et à maintenir la grande majorité des 470 emplois de Petroplus.  L’Etat, de son côté, est prêt à prendre « si nécessaire » une « participation minoritaire » dans la société afin d’accompagner sa reprise, a confirmé hier Arnaud Montebourg.

C’est désormais au tribunal de commerce de Rouen de statuer sur l’avenir de la raffinerie, placée en redressement judiciaire en janvier 2012.

 

 

Le secteur traverse une période très difficile

 

 

Les déboires de Petit-Couronne ont mis en lumière les difficultés du raffinage en France, mais aussi en Europe, où cette activité est confrontée à une surcapacité alors que la demande a fortement baissé ces dernières années. Ayant perdu 2 milliards d’euros entre 2009 et 2011, le raffinage dans l’Hexagone ne compte plus que 10 sites, soit deux fois moins qu’il y a 30 ans. Et seul 8 sont en activité après la mise sous cocon de la raffinerie LyondellBasell de Berre et l’arrêt de Petit-Couronne l’an dernier. Selon l’Union Française des Industries Pétrolières, le raffinage français est confronté à une compétition extrêmement rude avec ses concurrents européens et américains. En plus de la problématique de la surcapacité, les sites hexagonaux souffriraient, selon l’UFIP, d’une règlementation très contraignante et, par rapport à certains pays, d’un coût du travail plus élevé. Mais la surcapacité semble le problème le plus sensible. Outre l’Europe et les Etats-Unis, certains spécialistes du secteur évoquent une accentuation de la concurrence avec le développement de raffineries très performantes dans des pays émergeants, tout en rappelant que les marges dans cette industrie sont très variables et que l’aspect cyclique de cette activité peut décourager les investisseurs.