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Interview

Cinq questions à Jean-Marie Poimboeuf, président du GICAN

Le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN), qui fédère l'ensemble du secteur naval français, tenait mercredi son assemblée générale à Paris. L'occasion de faire le point avec son président, Jean-Marie Poimboeuf, sur le secteur, son état de santé et ses perspectives.
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Qu'est ce que le GICAN et quel est son poids économique ?

«Le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales compte près de 150 adhérents : chantiers, équipementiers, réparation navale. Pour la première année, les industriels de la navale civile et militaire sont totalement regroupés dans une seule association et avancent en "pack", pour mieux se faire entendre des pouvoirs publics. Le secteur représente 60.000 emplois pour un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros, hors plaisance.»

Quel est l'état des lieux de la construction navale en France et en Europe?

«L'Europe ne "pèse" que 5% du tonnage mondial, ce qui est très peu. Si l'on regarde le chiffre d'affaires en valeur ajoutée, le résultat est très différent. Il est équivalent à celui du Japon, ou à celui de la Chine ou de la Corée du Sud, les trois grands.»

Dans quels domaines la France ou l'Europe sont-elles leaders?

«Dans le naval militaire, l'Europe est extrêmement bien placée sur le secteur des navires fortement armés ou fortement techniques comme les sous-marins classiques. Il n'y a quasiment que l'Europe qui construise des navires à passagers avec trois acteurs: l'Italie, l'Allemagne et la France. Dans la plaisance, la France est aussi très bien placée. Pour les porte-conteneurs ou les navires transporteurs de gaz, l'Europe est quasiment absente ».

Quels sont les points faibles?

«Dans l'activité navale de défense, le problème est celui de la dispersion des acteurs européens. Il n'y a pas de coopération qui se soit développée dans les dix dernières années! Or, de nouveaux acteurs arrivent: Chine, Corée du Sud mais aussi Inde ou Brésil. Si l'Europe continue à jouer de manière dispersée, en matière d'exportation, on sera mal. Pour le secteur à passagers, c'est la crise mondiale qui fait que la demande reste faible. L'activité croisière continue à croître mais le nombre de navires actuellement en service est tel que la demande en navires de croisière est décalée.»

Quelles sont les perspectives?

«Il y a des navires nouveaux à construire pour faire face aux contraintes environnementales et énergétiques. Il faudra construire des navires de pêche moins gourmands. Il y a encore le projet de ferry au GNL (gaz naturel liquéfié) ou le projet de navire du futur, retenu dans le cadre du grand emprunt. Il y a aussi les énergies marines renouvelables (EMR). On attend le lancement de l'appel d'offres par le gouvernement pour 3000 mégawatts d'éoliennes en mer, avec à la clef un milliard d'euros de chiffre d'affaires et 10.000 emplois sur plusieurs années.»
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Propos recueillis par Catherine Magueur du Télégramme

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