Création du parc naturel des estuaires picards et de la mer d’Opale

Dossier(s) : Littoral

Le premier parc naturel marin de la façade Manche-mer du Nord a été créé par décret en fin de semaine dernière. Situé au large de la Seine maritime, de la Somme et du Pas-de-Calais, le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale concerne 118 km de côtes et couvre une surface de 2300 km2. C'est le 5ème parc naturel marin de France, les 4 premiers étant ceux de la mer d'Iroise, de Mayotte, du Golfe du Lion, et des Glorieuses (océan indien). 

A la rencontre de deux mers, ce secteur constitue un véritable carrefour biologique. Les sept estuaires et les hauts fonds s'étirant en bancs de sable mobiles au large des côtes favorisent les cycles de vie d'espèces diversifiées et remarquables. Plus de 200 espèces animales et végétales y sont présentes : 16 espèces de mammifères marins (marsouins, dauphins, phoques veaux-marins, phoques gris...), 69 espèces d'oiseaux marins (mouettes tridactyles, gravelots...), 90 espèces de poissons dont certaines sont exploitées, menacées ou protégées (cabillauds, requins pèlerins, anguilles...) et 37 espèces de végétaux, dont certaines sont menacées (laminaires et fucus). La  présence d'un fleuve marin côtier (masse d'eau dessalée alimentée par le panache de la Seine et des autres estuaires), dérivant le long de la côte vers le nord, assure d'importants transferts sédimentaires et contribue à une bonne qualité de l'eau.
Le conseil de gestion de ce nouveau parc naturel marin, composé de soixante membres représentant les acteurs locaux, devra élaborer dans les trois ans le plan de gestion du parc et arrêter les orientations de gestion définies dans le décret : mieux connaitre le milieu marin et partager cette connaissance, protéger les écosystèmes et le patrimoine naturel marins, contribuer au bon état écologique des eaux marines, mieux connaître, faire connaître, et aussi préserver les paysages marins et sous-marins, les biens culturels, coordonner de manière partenariale la gestion des espaces protégés en mer ou contigus à la mer, développer de manière durable les différentes pêches, activités essentielles à l'économie locale, développer de manière durable les activités économiques actuelles (le tourisme, les sports et loisirs en mer...), ou futures, en restant ouvert à l'innovation et à de nouveaux usages et enfin coopérer avec les pays voisins pour la protection et la gestion d'un espace marin commun.
 
( © AGENCE DES AIRES MARINES PROTEGEES)