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ENSM : Le débat sur l'implantation des écoles relancé

Une déclaration. Celle de la ministre Nathalie Kosziusko-Morizet aux Assises de l'économie de la mer, s'exprimant au sujet de l'Ecole nationale supérieure maritime : « Ma conviction, je vous la livre aujourd'hui, est qu'il faudra également faire un choix entre les différents sites que vous occupez aujourd'hui et je suis ouverte à toutes les propositions que vous voudrez bien me faire à ce sujet ». Le débat sur le maintien des quatre centres de l'ENSM, Le Havre, Saint-Malo, Nantes et Marseille est donc relancé. Un débat qui avait déjà agité le monde maritime lors de la laborieuse réforme des écoles de la marine marchande. Un débat hautement politique avec des élus locaux qui montent au créneau pour garder « leur » école, différentes corporations de la marine marchande largement mobilisées, des armateurs qui réclament de l'efficacité et, désormais, l'Etat qui veut que l'ENSM fasse des économies. « Nous nous attendions à ce genre de position ministérielle, le budget de l'État est contraint et nous ne faisons pas exception », souligne Henri Poisson, directeur de l'ENSM. Si, en effet, la « conviction » ministérielle était prévisible, la forme de cette annonce, en public et sans préavis en interne, en a étonné plus d'un. Mais l'administration se devait de réagir. Et elle l'a fait rapidement.

Une communication interne lance la réflexion

Dès le lendemain de la déclaration, Henri Poisson et Eudes Riblier, président de l'ENSM, ont fait parvenir une communication à l'ensemble des personnels et élèves. Celle-ci rappelle les termes de la ministre puis précise que « le président et le directeur de l'ENSM ont pris acte de cette inflexion de la feuille de route donnée à l'ENSM. Ils se sont fait confirmer depuis lors que cette réflexion devait être engagée sans à-priori sur la solution, de façon à proposer l'organisation la plus efficace ».
Henri Poisson, interrogé sur cette communication, insiste : « Il n'y a aucune décision de prise. Mais il nous faut étudier les modalités d'un meilleur fonctionnement. Il faut que nous fassions des économies et cela peut passer par l'optimisation des moyens actuellement répartis dans nos quatre centres. » Pour lancer cette étude interne, la communication propose une méthodologie basée sur des critères objectifs. Ainsi, elle prévoit que que l'étude « devra prendre en compte les points forts et points faibles de chaque implantation sur un grand nombre de critères, notamment bassin de recrutement, tissus maritime et industriel, positionnement des pôles de recherche déjà constitués dans le secteur, synergies avec les universités, les écoles et les centres de recherche, potentiel de développement, de partenariats avec des entreprises du secteur, capacité de regroupements ou de coopération avec d'autres établissements d'enseignement supérieur, environnement professionnel favorable à l'accueil des élèves en stage, ou aux interventions de représentants du secteur économique dans l'enseignement, état du patrimoine immobilier, soutien des acteurs publics et privés ... »

Une nouvelle école au Havre?

« Il n'y a aucun a priori sur le choix des écoles », répète Henri Poisson qui va confier cette étude interne à un comité technique. Pas de délais de fixé, pas de pression gouvernementale. Mais quid des pressions locales ? La forte mobilisation des élus et professionnels maritimes havrais est connue. Le budget pour la construction d'une nouvelle école sur les docks du Havre est quasi-bouclé. Celle-ci prévoit de pouvoir accueillir 1000 élèves. L'ensemble des quatre centres de l'ENSM scolarise environ 1200 élèves, difficile de ne pas y voir une équation résolue. « Nous ne pouvons absolument pas préjuger du choix de tel ou tel centre et ne le ferons pas avant le rendu de l'étude technique ».

Ecole Nationale Supérieure Maritime (ENSM)