France et Algérie coopèrent sur la surveillance et la sécurité maritime

Dossier(s) : Marine nationale
Depuis le 30 janvier et jusqu'à dimanche, les marines algérienne et française mènent un exercice bilatéral axé sur la surveillance et la sécurité maritime. A l'occasion de la présentation de Raïs Hamidou, la semaine dernière à Toulon, Mer et Marine a pu découvrir les moyens mis en place par les deux pays pour ces manoeuvres. Un PC modulaire a notamment été installé dans des shelters près de la Préfecture maritime. C'est là que les officiers français et algériens mesurent l'interopérabilité de leurs moyens et apprennent à travailler ensemble, tout en partageant leurs méthodes et expériences.


Le PC (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le PC (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le PC (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le PC (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Centre nerveux de l'exercice, le PC est complété par des bâtiments et aéronefs. Les forces navales et aériennes algériennes engagent la corvette lance-missiles Salah Raïs, un navire plastron, deux vedettes gardes-côtes, un aéronef de surveillance maritime et le Centre National des Opérations de Surveillance et de Sauvetage (CNOSS) d'Alger.


Le Salah Raïs (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Salah Raïs (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Salah Raïs (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Salah Raïs (© : JEAN-LOUIS VENNE)

La corvette lance-missiles Salah Raïs


Le Salah Raïs est un bâtiment de conception russe (type Nanuchka II). Construit à Saint-Pétersbourg, il a été livré en 1981 à l'Algérie et modernisé en Russie entre 1998 et 2000. Longue de 59.3 mètres pour un déplacement de 700 tonnes en charge, la corvette peut atteindre 34 noeuds. Armée par 60 hommes, elle dispose de 16 missiles antinavire SS-N-25, un système surface-air SA-N-4, une tourelle double de 57 mm et un canon multitubes de 30 mm. Au cours de sa modernisation, elle a également reçu de nouveaux radars et équipements de guerre électronique. Ses sisterships, les Raïs Hamidou et Raïs Ali, vont bénéficier des mêmes améliorations.


Le Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Sur le Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Sur le Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Sur le Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Sur le Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)

La frégate Guépratte

De son côté, la Marine nationale participe à l'exercice Raïs Hamidou avec un avion de patrouille maritime Atlantique 2 et la frégate légère furtive Guépratte. Cinquième et dernière unité du type La Fayette, le navire a été construit à Lorient et livré en 2001 par DCNS. Long de 125 mètres pour un déplacement de 3600 tonnes en charge, le Guépratte peut atteindre la vitesse de 25 noeuds. Son armement comprend jusqu'à 8 missiles Exocet MM40, un système surface-air Crotale CN2 (24 missiles, dont 8 en batterie), une tourelle de 100 mm, deux canons de 20 mm et quatre mitrailleuse de 12.7 mm. Premiers bâtiments de combat furtifs de la flotte française, les FLF sont réputés pour leur discrétion. La réduction de la surface équivalente radar a été obtenue par une inclinaison à 10° des superstructures et de la coque, l'adoption de plages avant et arrière couverte, de mâts intégrant les cheminées ou encore de niches masquées pour les embarcations. Des matériaux composites ont également été utilisés pour absorber les ondes radar. On notera enfin qu'en attendant l'admission au service actif du Forbin, le Guépratte est la frégate opérationnelle la plus récente de la Marine nationale.


Le Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Pour l'exercice Raïs Hamidou, s?inscrivant dans le cadre de l'accord de coopération dans le domaine de la défense signé le 21 juin 2008 entre la France et l'Algérie, les deux pays mettent donc en oeuvre quelques uns de leurs matériels les plus modernes. Grâce à ces manoeuvres et à une meilleure connaissance mutuelle, les deux marines doivent pouvoir, le cas échéant, mieux répondre à des opérations nécessitant le déploiement de moyens communs. Elles pourraient, par exemple, être amenées à travailler ensemble en cas de pollution maritime, de sinistres en mer ou de lutte contre les trafics illicites.