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Grandes manœuvres aéronavales et amphibies entre le Var et la Corse

 

 

16 bâtiments de combat emmenés par le porte-avions Charles de Gaulle, le groupe aérien embarqué et la patrouille maritime, plusieurs dizaines d’hélicoptères, 205 véhicules et un millier d’hommes à débarquer… Cela faisait longtemps que la France n’avait pas rassemblé un groupe aéronaval et amphibie de cette ampleur. En fait, la Marine nationale et l’armée de Terre n’ont pas vécu ça depuis 13 ans ! Cette concentration de moyens intervient à l’occasion de l’exercice CATAMARAN 2014, qui se déroulera du 13 au 23 octobre en Méditerranée.

 

 

La première phase de l’exercice (13 au 19 octobre) verra la montée en puissance de ce dispositif interarmées, fort de 5000 militaires et trois états-majors embarqués, une préparation du débarquement par les forces avancées (commandos marine), un entraînement des troupes sur les bâtiments de projection et de commandement, ainsi qu’une répétition du grand assaut amphibie qui se déroulera sur les plages varoises. Cette répétition est prévue le 17 octobre à Aregno, entre Calvi et l’île Rousse. Dans le même temps, une partie du groupe de guerre des mines partira sécuriser les abords de Port-Vendres, à l’ouest de la vaste zone prévue pour ces manœuvres.

La deuxième phase de CATAMARAN (19 au 26 octobre) verra le déploiement des troupes sur les plages de Fréjus et Saint Raphaël dans la nuit du 19 au 20, dans le but de rallier le camp de Canjuers, au nord du département du Var. A l’issue des opérations amphibies, les unités terrestres continueront leur entraînement au sein de l’exercice Toll, soutenues depuis la mer par les aéronefs du groupe aéronaval (Task Force 473).

 

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

Une première depuis 2001

 

Ce type entrainement majeur, qui n’avait pas été conduit depuis 2001 en raison de multiples opérations mobilisant les moyens militaires français, vise à entrainer les unités de la Marine nationale et de l’armée de Terre au déploiement d’un groupe expéditionnaire. Cet exercice est précieux d’un point de vue opérationnel, car les occasions pour les marins et soldats de participer ensemble à des manœuvres d’une telle ampleur sont très rares. Sur le plan politique, c’est également l’occasion, pour la France, de rappeler qu’elle est le seul pays au monde, avec les Etats-Unis, à pouvoir projeter un groupe aéronaval et amphibie capable d’assurer la maîtrise d’un espace aéromaritime et de mener tout type de missions offensives depuis la mer et vers la terre, y compris le débarquement de forces terrestres et même des attaques nucléaires via les Rafale Marine du Charles de Gaulle. Cet outil de projection de puissance unique est très précieux car il permet au pays qui en dispose de pouvoir réagir rapidement et intervenir partout dans le monde. Cela en toute autonomie, puisque les navires profitent de la liberté de navigation dans les eaux internationales (et leurs aéronefs de l’espace aérien qui surplombe ces eaux). Capable de parcourir 1000 km par jour, la flotte peut donc s’approcher au plus près des théâtres d’opérations, ce qui permet de s’affranchir des contraintes des bases terrestres, parfois très éloignées des objectifs et dont les moyens aériens sont la plupart du temps obligés de survoler différents pays pour atteindre la zone d’action, ce qui implique l’obtention d’autorisations de survol des espaces aériens.

 

Les moyens engagés

 

Concernant les moyens engagés dans le cadre de CATAMARAN, la Marine nationale mobilise donc le Charles de Gaulle, dont le groupe aérien embarqué comprendra 12 Rafale Marine, 6 Super Etendard Modernisés, un avion de guet aérien Hawkeye, ainsi que trois hélicoptères (deux Dauphin et une Alouette III). Les moyens de l’aéronautique navale seront complétés par deux avions de patrouille maritime Atlantique 2. Le groupe aéronaval sera également composé d’un sous-marin nucléaire d’attaque, de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, de la frégate anti-sous-marine Montcalm, de la frégate Surcouf, ainsi que des ravitailleurs Var et Meuse.  

 

La frégate Chevalier Paul (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le groupe amphibie sera, quant à lui, articulé autour des BPC Mistral et Tonnerre, ainsi que du transport de chalands de débarquement Siroco. Ces bâtiments, qui mettront en œuvre des engins de débarquement amphibies rapides (EDAR) et des chalands de transport de matériel (CTM), accueilleront un groupe tactique embarqué composé d’éléments provenant des cinq régiments de la 9e brigade d’infanterie de marine (BIMa) et un sous-groupement de la 1e brigade logistique. L’ensemble, qui représente donc un millier d’hommes et plus de 200 véhicules (AMX-10 RC, VBCI, VAB, VBL, GBC 180, TRM 2000, TRM 10000…), embarquera sur les BPC et le TCD à partir d’aujourd’hui, la force devant appareiller lundi. Les Mistral, Tonnerre et Siroco accueilleront de plus les 18 machines de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT). Ce groupement aéromobile sera constitué d’hélicoptères de combat Tigre et d’hélicoptères de manœuvre Puma. Quant aux commandos marine, ils interviendront depuis le Siroco.

 

Le BPC Mistral et des CTM (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

La Marine nationale va, en outre, déployer un groupe de guerre des mines comprenant le bâtiment d’expérimentation Thetis, les chasseurs Capricorne, Orion et Lyre, les bâtiments bases de plongeurs démineurs Achéron et Pluton, ainsi qu’un groupe de plongeurs démineurs.

Enfin, concernant les trois états-majors embarqués, le contre-amiral Eric Chaperon, commandant la force aéromaritime française de réaction rapide (FRMARFOR), sera à la tête de la TF 473, qu’il commandera depuis le Charles de Gaulle. Il sera assisté depuis le Tonnerre par le contre-amiral Frédéric Damlaimcourt, commandant le groupe amphibie, ainsi que le général de brigade Vincent Guionie, commandant la force de débarquement.

Marine nationale