Défense

Reportage

Gros plan sur la Flottille 35F de l'aéronautique navale

Gros plan aujourd'hui sur l'une des plus intéressantes et des plus diversifiées des flottilles de l'aéronautique navale. Créée le 11 juin 1979 sur la base d'aéronautique navale de Saint-Mandrier (Var), puis rapidement transférée à Lanvéoc-Poulmic (Finistère), la flottille 35F est initialement armée avec des hélicoptères Lynx (jusqu'en 1990) et Alouette III. Constituant pendant 12 ans le groupe aérien du porte-hélicoptères Jeanne d'Arc, dont elle porte toujours les armes, ses missions se diversifient en 1991. Elle assure alors le soutien de la région Atlantique et accueille les détachements outre-mer des nouvelles frégates de surveillance du type Floréal. Ces détachements permanents s'ajoutent aux détachements occasionnels de la plupart des bâtiments de soutien présents en Atlantique, dont le pétrolier-ravitailleur Durance et le bâtiment de soutien mobile Loire. La 35F est, ainsi, présente sur toutes les mers de la planète. En 1993, elle assure la réception des premiers Panther destinés aux frégates de surveillance, ainsi que des Dauphin de Service Public.


Dauphin Pedro (© MARINE NATIONALE)

Dissolution en 1998 et renaissance l'année suivante

Des réorganisations successives provoquent le recentrage de l'activité de la 35F sur le soutien de la région maritime Atlantique et, le 1er octobre 1998, sa dissolution. Après une année de sommeil, la flottille renait néanmoins le 1er octobre 1999 sur sa terre d'origine, la base de Saint-Mandrier (Var). Elle est le produit de la fusion de la Flottille 33F (équipée de Super Frelon) et de l'Escadrille 23S (équipée de Dauphin et d'Alouette III), dont elle hérite des traditions. La flottille reprend les missions de soutien de ces deux formations et possède alors un parc aérien diversifié constitué de Super Frelon, de Dauphin et d'Alouette III. Une nouvelle réorganisation intervient le 1er juin 2001, avec le transfert de ses Super Frelon à la Flottille 32F de Lanvéoc, qui regroupe les derniers appareils de ce type en service. En contrepartie, les 4 sites de service public (Le Touquet, Cherbourg, La Rochelle et Hyères), jusqu'alors dévolus à la 32F, sont désormais soutenus par la Flottille 35 F. La flottille devient alors la seule de la Marine nationale à armer des Dauphin (Pedro et SP), les Panther étant quant à eux regroupés au sein de la 36F. En 2003, suite à la fermeture de la BAN de Saint-Mandrier, la 35 est transférée à Hyères.


Dauphin SP (© MARINE NATIONALE)

14 hélicoptères éclatés sur différents sites

La 35F compte, à ce jour, 8 Dauphin SP (dont deux loués à la société belge NHV pour 3 ans), 3 Dauphin Pedro et 3 Alouette III. L'ensemble est armé par 170 marins, dont 35 pilotes, particulièrement sollicités. Du sauvetage en mer au transfert de charges lourdes en passant par la sauvegarde du porte-avions, le soutien logistique, la surveillance, la lutte contre le terrorisme ou la piraterie... Avec plus de 4000 heures de vol par an, la flottille représente la première « activité hélicoptères » de la marine. L'une des grandes spécificités de la flottille est son éclatement géographique. Cette formation est, en effet, présente aux quatre coins du pays, sans compter les détachements déployés sur les navires. Assurant les missions de secours en mer, les Dauphin de Service Public sont basés à Hyères, La Rochelle, Brest, Cherbourg et Le Touquet. Les autres appareils sont positionnés dans le Var et son déployés au fil des missions du porte-avions et des bâtiments sur lesquels un détachement de la 35F est régulièrement mis en place. C'est le cas des bâtiments de commandement et de ravitaillement.


Dauphin Pedro (© MARINE NATIONALE)

Les Pedro, « Saint-Bernard » du porte-avions

En février dernier, la 35F a fêté le 20ème anniversaire de l'arrivée dans ses rangs du Dauphin Pedro. Ces appareils constituent la « présérie » des Panther, avec lesquels ils partagent de nombreuses caractéristiques, dont leur radar ORB-32 et leur capacité à tenir une station de nuit au dessus de l'eau. En tout, trois Dauphin Pedro sont en service, dont deux intégrés au groupe aérien embarqué (GAé) du Charles de Gaulle à chaque fois que le bâtiment est en entrainement ou en mission. Pour la petite histoire, les « Pedro » devraient leur nom à un pilote d'hélicoptère américain qui fut le premier à réaliser, durant la guerre de Corée dans les années 50, une mission de sauvetage au profit d'un avion embarqué. A bord du porte-avions, les Dauphin prennent leur envol à chaque opération de catapultage ou d'appontage. Postés à proximité du bâtiment, l'appareil, avec à bord un pilote, un copilote, un chef cargo et un plongeur d'hélicoptère, suit les manoeuvres aviation et se tient prêt à intervenir en cas de problème.


Dauphin Pedro (© MARINE NATIONALE)

Sa mission principale consiste à récupérer un pilote de chasse qui serait amené à s'éjecter. « C'est une mission où il ne faut pas se laisser surprendre par un certain côté routinier. Comme les accidents sont extrêmement rares, il est d'autant plus difficile de rester en alerte et de pouvoir passer d'un vol assez monotone à une action immédiate, où il faut tout de suite aller chercher un gars tombé à l'eau. Une telle opération est difficile, notamment par nuit noire et sans vent, où prendre un stationnaire au dessus de l'eau avec un tel appareil est une opération difficile », explique le capitaine de corvette Grégory Douillot, commandant de la 35F. Depuis 20 ans, les Dauphin Pedro ont réalisé plusieurs interventions d'urgence auprès des porte-avions, qu'il s'agisse des anciens Clémenceau et Foch, ou du Charles de Gaulle.


(© MARINE NATIONALE)


(© MARINE NATIONALE)


Plongeur sur un Dauphin Pedro (© MARINE NATIONALE)

Dès leur première année de service, ils ont été engagés dans le sauvetage d'un pilote de Super Etendard, le 20 mai 1990, puis celui d'un équipage d'Alizé, le 20 novembre suivant. En 1994 et en 1997, il en fut de même suite au crash d'un Super Etendard et d'un Etendard IV P, tout comme en 2003 après la perte d'un Super Etentard piloté par un officier allemand. Enfin, en septembre 2009, les Dauphin embarqués sur le Charles de Gaulle ont longuement participé aux recherches des pilotes des deux Rafale qui se sont percutés en plein vol, au large de Perpignan, après avoir été catapultés du porte-avions. L'un d'eux a pu être récupéré par un des deux Pedro, ce qui n'a malheureusement pas été le cas du second, qui n'a pas eu le temps de s'éjecter.
A bord du porte-avions, le détachement de la flottille compte 35 personnes et trois machines. Seuls deux Dauphin Pedro sont embarqués, le troisième étant généralement en période de maintenance. Une Alouette III se joint donc au détachement afin de compléter le dispositif. Cet hélicoptère est utilisé en journée afin d'économiser le potentiel des Dauphin, qui, seuls, peuvent, grâce à leurs équipements plus modernes, intervenir de nuit.


Une Alouette III en mission Pedro (© MER ET MARINE - ERIC HOURI)

Alouette III : Plus de 40 ans et toujours vaillante

Outre ses Dauphin, la 35F compte donc 3 hélicoptères Alouette III. Comme nous l'avons vu, cet appareil est déployé sur le Charles de Gaulle, mais aussi sur d'autres bâtiments. L'une d'elle, embarquée à bord du BPC Mistral, participe ce mois-ci à l'exercice OTAN Brillant Mariner, en mer du Nord, le mois prochain. En service depuis plus de 40 ans, l'Alouette III n'est pas un « perdreau de l'année ». Ce petit hélicoptère assez mythique arbore toujours son allure aussi rustique qu'étonnante. Lors du déploiement du Charles de Gaulle au large de l'Afghanistan en 2001 (mission Héraclès), les Américains l'ont même prise pour un drone, à la grande surprise de leurs homologues français. Malgré son grand âge, l'Alouette III est, pour reprendre l'expression des marins, une machine « increvable ».


Alouette III (© MARINE NATIONALE)

Simple et robuste, dépourvue d'électronique (en dehors de la radio), elle rend encore de précieux services. « C'est un hélicoptère extrêmement fiable et facile à embarquer », note le commandant Douillot. D'ailleurs, au fil des années, les Alouette III finissent, littéralement, par être quasiment reconstruites. « En 2009, le détachement 35F embarqué sur un BCR a constaté qu'en dehors de la plaque du constructeur, aucune pièce de leur Alouette III n'était d'origine ! ». En attendant le successeur de ces machines, un hélicoptère de classe 4 tonnes qui n'est pas attendu avant la fin de la décennie, les marins bichonnent leurs machines. Afin de recompléter le stock de pièces détachées, deux Alouette de la Sécurité civile ont été récemment achetées, afin d'être cannibalisées.


Une Alouette III (© MARINE NATIONALE)

Des missions très variées...

Les Dauphin Pedro et les Alouette III de la 35F ont des missions très variées. Elles vont de la sauvegarde du porte-avions aux liaisons entre navires, en passant par la reconnaissance, la surveillance, ou même le sauvetage maritime. Ainsi, à plusieurs reprises, les Pedro ont été utilisés pour des interventions de secours en mer au profit de civils. Le porte-avions était alors la plateforme la plus proche pour intervenir. Durant les ravitaillements à la mer, alors que le combustible circule dans les grosses manches suspendues au dessus de l'eau, les hélicoptères peuvent servir au transfert de charges lourdes.


Transfert de charge lourde par un Dauphin (© MARINE NATIONALE)


Alouette III pendant un ravitaillement à la mer (© MARINE NATIONALE)


Alouette III mettant en oeuvre un plongeur (© MARINE NATIONALE)


Parachutage depuis un Panther (© MARINE NATIONALE)


Hélitreuillage depuis un Dauphin Pedro (© MARINE NATIONALE)


Alouette III et Gazelle pendant l'opération Thalathine (© MARINE NATIONALE)

« Comme tous les hélicoptères de la marine, nos appareils peuvent faire des missions extrêmement variées, y compris du parachutage de forces spéciales ou de l'appui feu avec, pour le Dauphin, la possibilité d'installer une mitrailleuse ANF1 en sabord ou d'embarquer un tireur d'élite ». Les marins eux-mêmes sont, parfois, les premiers surpris par la polyvalence de leurs machines. Ainsi, en avril 2008, lors de l'opération de libération des otages du voilier français Ponant, plusieurs Alouette III de la 22S (embarquées sur la Jeanne d'Arc) s'est lancée au dessus du sol somalien à la poursuite des pirates en compagnie de Gazelle et d'un Panther. Bien peu aurait imaginé une telle utilisation avant l'opération Thalathine.


Dauphin SP (© MARINE NATIONALE)

Dauphin de Service Public : Le savoir-faire du sauvetage maritime

L'un des principaux métiers de la 35F est le sauvetage maritime. L'essentiel des capacités aériennes de la marine repose d'ailleurs sur ses épaules, cette capacité étant complétée par les moyens de la Flottille 32F, basée à Lanvéoc-Poulmic. Dédiée au sauvetage hauturier, c'est-à-dire à grande distance des côtes, ainsi qu'à certaines autres facettes de l'action de l'Etat en mer (comme le contre-terrorisme), la 32F verra cette année ses derniers Super Frelon remplacés par des EC-225. Puis, à compter de la fin 2011, elle touchera ses premiers NH90. Pour les missions « SECMAR », la 35F s'appuie, quant à elle, sur ses Dauphin de Service Public. « Au sein de la marine, nous avons une véritable expertise sur ce type d'appareil. Les pilotes et les personnels sont rôdés et rompus à cet hélicoptère, qui est par ailleurs très répandu dans le monde, par exemple chez les Coast Guards américains, ce qui facilite son soutien. Le Dauphin est un hélicoptère très pratique, à la mise en oeuvre simple et dont l'heure de vol n'est pas très onéreuse. Ils disposent en outre d'une autonomie et d'un rayon d'action suffisants pour les missions qui leur sont confiées », explique le pacha de la 35.


Dauphin SP (© MARINE NATIONALE)

S'ils coopèrent avec les autres appareils des administrations (Douane, Sécurité civile, Gendarmerie), les Dauphin SP sont sans doute ceux qui sortent quand les conditions météo sont les plus difficiles. Capables de voler jusqu'à 140 noeuds en croisière, leur autonomie de près de 3 heures leur permet d'intervenir jusqu'à 180 nautiques des côtes. Tout dépend, bien évidemment, du carburant et du nombre de personnes embarquées. Contrairement aux Pedro, les Dauphin SP (en dehors des deux machines louées à la société belge NHV) n'ont pas un coupleur de vol sur 4 axes et la possibilité de réaliser un vol stationnaire de nuit, même sans visibilité, grâce à un radar Doppler.


Intervention de nuit sur un voilier (© MARINE NATIONALE)


Dauphin dans le brouillard (© MARINE NATIONALE)

Pour faciliter la recherche, l'un des membres d'équipage peut, en outre, utiliser des jumelles de vision nocturne (JVN). « Ces missions sont dures car elles se font souvent dans des conditions météo difficiles. Cela nécessite beaucoup d'entrainement car des opérations comme un treuillage de nuit sur un petit bateau, ce n'est pas un sport de masse. Il faut donc s'entrainer sans cesse pour être à l'aise tout le temps et s'affranchir des difficultés ». Ainsi, sur les 2000 heures de vol réalisées chaque année par les Dauphin SP de la flottille, plus de la moitié est consacrée à l'entrainement.


Dauphin SP (© JEAN-LOUIS VENNE)

La culture de l'alerte

Les 6 Dauphin SP (N) détenus en propre par la marine sont basés à La Rochelle, Brest (Lanvéoc), Cherbourg (Maupertus) et Le Touquet. Chaque détachement comprend notamment 4 pilotes et doit pouvoir décoller dans les plus brefs délais afin d'aller secourir des naufragés ou personnes nécessitant une évacuation médicale. Ces opérations sont coordonnées par les Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage (CROSS). Les Dauphin SP peuvent d'ailleurs, en fonction de la mission, être « médicalisés », un urgentiste prenant place à bord pour prodiguer les premiers soins. Dans les détachements de la 35F, la notion d'alerte n'est pas un vain mot. « L'un des grands points forts de la flottille est sa culture de l'alerte. Les gens sont vraiment là pour décoller le plus vite possible car, dans une mission de sauvetage en mer, chaque minute compte.


Dauphin SP avec une vedette de la SNSM (© MARINE NATIONALE)


A bord d'un Dauphin (© MARINE NATIONALE)


(© JEAN-LOUIS VENNE)


(© JEAN-LOUIS VENNE)


Hélitreuillage depuis un Dauphin (© MARINE NATIONALE)


Urgentistes à bord d'un Dauphin SP (© MARINE NATIONALE)


Dauphin SP (© MARINE NATIONALE)

Toute l'organisation des détachements, y compris l'aspect technique, est bâtie autour de l'alerte », note le commandant Douillot. Sur ces détachements, la bordée est de rigueur, avec deux équipages réalisant chacun 220 heures de vol par an en moyenne. Autant dire que les hélicoptères sont très actifs et, avec seulement 6 machines pour armer 4 sites, les marges de manoeuvre ne sont pas bien grandes. Heureusement, les Dauphin SP ont un taux de disponibilité « fantastique », pour reprendre les propos du pacha de la 35F. Volant en moyenne 440 heures par an, les machines ont besoin, côté maintenance, d'un arrêt de second niveau toutes les 600 heures de vol (réalisé par Heli Union ou le SIAé pour une durée d'intervention de 4 mois) et ne sont immobilisées que tous les 10 ans pour le visite de 3ème niveau réalisée chez l'industriel (d'une durée de 1 an à 1 an et demi). Entretemps, la maintenance courante et le dépannage sont réalisés sur place, en flottille, avec le soutien d'Heli Union. Très bien huilé, le planning de maintenance permet d'échelonner les visites de niveau 2 et de disposer, en permanence, d'un nombre suffisant de Dauphin pour armer La Rochelle, Cherbourg, Lanvéoc et Le Touquet.


Dauphin de NHV à Hyères (© MARINE NATIONALE)

Des hélicoptères belges pour Hyères

Depuis 2009, la 35F dispose également de deux Dauphin (N2 et N3) loués à la société belge Noordzee Helikopters Vlaanderen. Ces appareils, qui ont débuté leur activité il y a un an, sont basés à Hyères. Armés par des équipages de la flottille, ils sont gérés, au niveau de la maintenance préventive et du dépannage, par des salariés de NHV installés sur la BAN. Comme les Pedro, ils sont équipés d'un coupleur de vol sur 4 axes et d'un nouveau phare de recherche SX5, permettant les recherches de nuit dans les meilleures conditions. La location de ces deux Dauphin visait à pallier le départ du dernier Super Frelon encore présent à Hyères et l'absence de Dauphin SP due à la simultanéité des visites de 2ème et 3ème niveau. Entre 2007 et 2008, la « soudure » entre le départ du Super Frelon varois et l'arrivée des hélicoptères belges a été rendue possible grâce à l'emploi des Dauphin Pedro du porte-avions pour des missions de sauvetage maritime. Ces appareils étaient en effet disponible lors du premier arrêt technique majeur du Charles de Gaulle, qui a duré 18 mois et a débuté à l'été 2007.


Dauphin SP (© MARINE NATIONALE)

En Polynésie fin 2011

Dans les deux prochaines années, la flottille va s'enrichir de nouvelles machines. Deux nouveaux Dauphin vont, en effet, être basés en Polynésie. Ces appareils, qui doivent remplacer les Super Puma de l'armée de l'Air, assureront des missions de surveillance et de sauvetage maritime, à l'image de ce que font les Dauphin SP basés en métropole. La première machine doit être livrée fin 2011 et la seconde l'année suivante. Dans un premier temps, deux équipages seront déployés, puis un troisième avec l'arrivée du deuxième hélicoptère. Cette organisation « par tiers » permet d'avoir un premier équipage d'alerte à 1 heure de jour et 2 heures de nuit, le second à 1 heure de jour et 6 heures de nuit et enfin le troisième en repos.


Dauphin SP (©MARINE NATIONALE - L.F. DUNAL)

Plus de 1400 personnes sauvées en 15 ans

Depuis 1994 et leur mise en service au sein de l'aéronautique navale, les Dauphin SP ont une activité impressionnante. Ces appareils ont secouru, en 15 ans, pas moins de 1430 personnes, soit près de 100 par an. Rien que l'année dernière, les Dauphin SP ont réalisé 529 missions opérationnelles de sauvetage maritime, ce qui a représenté 750 heures de vol. Plaisanciers, pêcheurs, marins au commerce... Durant ces missions, 196 personnes ont été secourues par les hélicoptères de la 35F.


En Vendée après le passage de Xynthia (© PHILIP PLISSON)

Au secours des victimes de la tempête Xynthia

Dernièrement, la flottille s'est illustrée au moment du passage de la tempête Xynthia, qui a ravagé le littoral atlantique le 27 février. Pour l'équipage du Dauphin Guépard-Yankee de La Rochelle, la journée a d'abord commencé avec la recherche de deux jet-skieurs partis d'Anglet malgré l'avis de coup de vent annoncé par Météo France. Tombé en panne à 15H30, leur engin a dérivé au gré des puissantes rafales qui balayaient la zone. Coordonnés par le CROSS Etel, d'importants moyens ont été mis en oeuvre pour les retrouver, dont l'hélicoptère de la Marine nationale. En fin de mission de recherche, le pilote décide de rentrer en longeant la côte. C'est là que les deux jeunes jet-skieurs sont découverts, vers 00H45, près de l'embouchure de l'Adour. Dans des conditions « sportives », les deux occupants ont été hélitreuillés et conduits directement à l'hôpital de Bayonne pour être pris en charge par le service des urgences. Resté dans la nuit à Bordeaux en raison de la tempête, le Dauphin a, ensuite, redécollé à 6H du matin le 28 février pour porter assistance aux victimes de Xynthia. Il fut, à cette occasion, l'un des premiers moyens de secours sur zone. En tout, l'hélicoptère et son équipage ont récupéré 16 personnes, dont certaines avaient trouvé refuge sur le toit de leurs maisons. Epuisés mais heureux du travail accompli, les marins ont finalement regagné leur base après une interminable mission comprenant 9H10 de vol, dont 5H30 de nuit !


Un équipage de la 35F (© MARINE NATIONALE)

Des « marins volants »

Partout où ils sont amenés à intervenir, les Dauphin SP travaillent en étroite collaboration avec tous les services intervenant dans la chaîne du sauvetage maritime. C'est le cas des équipes à terre, qu'il s'agisse des préfectures maritimes, des CROSS, des pompiers et des services hospitaliers, et de tous ceux qui travaillent également en mer, comme les sauveteurs bénévoles de la SNSM, les SAMU maritimes, les Affaires maritimes, la Gendarmerie maritime, la Sécurité Civile, la Douane et toutes les unités de la Marine nationale, à commencer par les remorqueurs d'intervention affrétés à BOURBON. Par rapport aux autres moyens aériens, les équipages de la 35F ont évidemment une spécificité, qui tient non seulement à leurs machines, capables d'intervenir dans des conditions météo très dures, mais aussi dans le savoir-faire des hommes.


Le capitaine de corvette Grégory Douillot (© MARINE NATIONALE)

Ce savoir-faire est, d'ailleurs, aussi maritime qu'aérien et ce n'est pas pour rien que ces militaires se qualifient de « marins volants » ou de « marins du ciel ». Pour Grégory Douillot : « On se considère d'abord comme des marins, avant d'être des aéronautes. D'ailleurs, nous avons tous des années de mer derrière nous avec un véritable passé maritime. On a navigué, fait du quart en passerelle... A la mer, il faut savoir durer et quand il ne fait pas beau, on sait ce que cela signifie. En mer, comme disait Jean-François Deniau, les emmerdements s'additionnent, ensuite ils se multiplient. C'est pourquoi, quand il y a une alerte, on sait qu'il n'y a pas une minute à perdre. Cette perception ne peut s'inventer. On parle le même « langage » que tous les autres marins, qu'ils soient pêcheurs ou de la marine marchande... C'est le fruit d'une profonde culture "Marine" car l'aéronautique navale vole depuis 100 ans au-dessus des mers ».


Dauphin Pedro (© MARINE NATIONALE)

Aéronavale