Histoire Navale

Reportage

Histoire : La flotte française en 1939

Il y a 70 ans, la France était en guerre depuis bientôt quatre mois. Si, à terre, le choc entre la Wehrmacht et les armées franco-britanniques n'a pas encore eu lieu, en mer, la guerre de course est déjà engagée, en attendant les premières grandes batailles navales, en 1940. Sans même compter sur la Royal Navy, la Marine nationale, avec 535.000 tonnes de bâtiments, aligne fin 1939 des forces très supérieures à la Kriegsmarine. Surprise par le déclenchement des hostilités, la flotte allemande ne parviendra jamais à mettre en oeuvre le plan Z, qui aurait fait d'elle l'une des plus puissantes marines du monde. La France, de son côté, s'est également engagée dans le conflit au moment où sa force navale était en plein renouvellement. Au début de la guerre, ses effectifs sont nombreux et ses navires sont considérés, dans certaines catégories, comme les meilleurs du monde. Les historiens estiment souvent qu'à cette époque, le France disposait de sa plus belle marine depuis Louis XVI. Mais ce tableau, parfois présenté comme un peu trop idyllique, cache aussi des faiblesses et des lacunes (qui auraient sans doute été comblée si le conflit avait débuté quelques années plus tard). Ainsi, en 1939, alors que la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Japon disposent déjà de porte-avions, la Marine nationale ne peut compter que sur le Béarn, dernier des cinq cuirassés de la classe Normandie (dont la construction a été arrêtée à la fin de la première guerre mondiale). Transformé en porte-avions au début des années 20, le Béarn a permis de développer l'aviation navale. Mais ce bateau, très lent, ne peut être utilisé en support des escadres.


Le porte-avions Béarn (© : DROITS RESERVES)

Le Béarn, le Commandant Teste et les nouveaux porte-avions

Au déclenchement du conflit, le cuirassé est toujours le « capital ship » des grandes flottes. Le rôle du porte-avions est encore assez mal perçu, ce type de navire étant encore cantonné au soutien et à l'éclairage des escadres. Ce n'est qu'après l'attaque de la flotte italienne à Tarente, en novembre 1940, le torpillage décisif du cuirassé Bismarck par un avion du HMS Ark Royal en mai 1941, puis le raid japonais sur Pearl Harbor, en décembre 1941, que le rôle offensif de l'aviation embarquée apparaîtra au grand jour. La destruction en pleine mer, par des avions japonais, des cuirassés HMS Prince of Wales et HMS Repulse (10 décembre 1941) et l'ensemble des combats du Pacifique consacreront la prédominance de l'aviation sur les navires de ligne.


Le transport d'hydravions Commandant Teste (© : DROITS RESERVES)

En France, comme nous l'avons vu, seul le Béarn est opérationnel à la déclaration de guerre. Depuis plus de 10 ans, débats et tergiversations opposent tenants et détracteurs des porte-avions. A la fin des années 20, l'hydravion a, encore, de très nombreux partisans. C'est pourquoi, en 1927, le Commandant Teste est mis sur cale. Long de 167 mètres pour un déplacement de 10.000 tonnes, ce navire peut atteindre 20.5 noeuds. Doté de quatre catapultes, cinq grues et un hangar de 87 mètres de long pour 27 mètres de large, il est conçu pour mettre en oeuvre 26 hydravions. Doté d'un léger blindage et d'un solide rayon d'action, ce transport d'hydravions est doté d'une artillerie exclusivement antiaérienne (12 pièces de 100mm, 8 canons de 37mm, 12 mitrailleuses). Le Commandant Teste est admis au service actif en 1932. La mise en oeuvre de l'aviation est toutefois compliquée et le concept ne trouvera pas sa place, d'autant que les hydravions sont largement surclassés par les appareils classiques.


Vue du porte-avions Joffre (© : DAVID BOCQUELET - SECONDEGUERRE.NET)

Dans sa séance d'octobre 1930, le Conseil supérieur de la Marine recommande la construction de deux porte-avions de 15.000 à 18.000 tonnes armés d'une artillerie de 203 mm. Il faudra attendre 1936 et l'étude de plusieurs projets pour que la décision de réaliser deux unités de 23.000 tonnes soit prise. En 1938, le marché est signé et le chantier du porte-avions Joffre débute à Brest, où le cuirassé Richelieu est en achèvement. Long de 236 mètres et capable d'atteindre 33 noeuds, le bâtiment doit pouvoir embarquer 40 avions. Un second navire du même type, le Painlevé, doit être réalisé à Saint-Nazaire. Ni l'un ni l'autre ne verront le jour.


Le croiseur de bataille Strasbourg (© : DROITS RESERVES)

La flotte de ligne en pleine renaissance

En dehors des porte-avions, l'autre grande faiblesse de la Marine nationale, à cette époque, est sa flotte cuirassée, dont le renouvellement monte tout juste en puissance. Après l'armistice de 1918, un autre conflit parait impossible. L'heure est à la reconstruction et les crédits militaires s'effondrent. On décide d'abandonner l'achèvement des cinq cuirassés de la classe Normandie (25.200 tonnes, 12 canons de 340 mm), de même que la réalisation des quatre Lyon (27.900 tonnes, 16 canons de 340 mm). Seuls les navires les plus récents sont conservés, à savoir les Bretagne (1915), Provence (1915), Lorraine (1916) ; ainsi que les Courbet (1913), Jean Bart (1913), Paris (1914) et France (1914). Les unités plus anciennes sont désarmées, à l'exception des Diderot, Voltaire et Condorcet (18.600 tonnes, 4 canons de 305 mm et 12 canons de 240 mm), qui navigueront jusqu'en 1927.


Le cuirassé Courbet (© : DROITS RESERVES)


Le Cuirassé Provence (© : DROITS RESERVES)

Entre les deux guerres, les flottes mondiales sont corsetées par la conférence de Washington. Se déroulant en novembre 1921, elle débouche en février 1922 sur la signature d'un traité limitant les armements navals. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se voient octroyer, chacun, 525.000 tonnes de navires de ligne, contre 315.000 au Japon. Renvoyée au même rang que l'Italie, la France ne dispose que de 175.000 tonnes. Le déplacement des cuirassés est limité à 35.000 tonnes (avec équipage et munitions mais sans combustible) et le calibre à 406mm, alors que celui des croiseurs est limité à 10.000 tonnes et des canons n'excédant pas 203 mm. La France a le droit de mettre en chantier, en 1927 et 1929, deux nouveaux cuirassés. L'heure n'est toutefois pas au réarmement et le parlement refuse d'autoriser la réalisation de nouveaux bateaux. On se contente donc de l'existant. Premiers « dreadnought » français (navires de ligne dotés d'une artillerie principale homogène), les Courbet affichent un déplacement de 23.500 tonnes et disposent de 12 canons de 305 mm en tourelles doubles. La France est perdue en 1922 après avoir heurté un récif inconnu en baie de Quiberon, en 1922, alors que le Jean Bart est transformé en navire école en 1936. Le Courbet et le Paris sont opérationnels en septembre 1939.


Le cuirassé Lorraine (© : DROITS RESERVES)

Reprenant la coque de ces bâtiments, les Bretagne ont un déplacement équivalent mais leur artillerie principale est plus puissante, avec cinq tourelles doubles de 340 mm. Entre les deux guerres, les Courbet et Bretagne seront à plusieurs reprises refondus, bénéficiant d'améliorations au niveau de la protection, de la direction de tir, de la défense contre avion ou encore de la propulsion. Ces unités souffrent, néanmoins, d'une taille trop petite (168 mètres), imposée par les dimensions des cales de l'époque ; d'une artillerie à la portée limitée (une vingtaine de kilomètres) et d'une vitesse médiocre (20.5 noeuds). A cela, s'ajoute le problème de la cuirasse, la protection étant trop faible contre une artillerie de 380 mm (utilisée en Grande Bretagne et adoptée ensuite par l'Allemagne et l'Italie). L'attaque de Mers El-Kebir, en juillet 1940, démontera la vulnérabilité de ces bâtiments, avec la perte de la Bretagne et la mise hors de combat de la Provence.


Le croiseur de bataille Dunkerque (© : DROITS RESERVES)

Premiers navires de ligne construits après la seconde guerre mondiale, les Dunkerque et Strasbourg sont d'une toute autre valeur. Commandés en 1931 et 1934, ces navires ont été construits pour répliquer aux « cuirassés de poche » allemands de la classe Deutschland. Ces unités, avec six pièces de 280 mm et huit autres de 150mm, surclassent largement les croiseurs lourds, souvent faiblement protégés, et dont l'artillerie est limitée à un calibre de 203 mm. Ils sont, dans le même temps, plus rapides que les cuirassés en service, à l'exception des Hood, Repulse et Renown britanniques.


Le Strasbourg (© : DROITS RESERVES)

Longs de 214.5 mètres pour un déplacement de 30.700 tonnes en charge, les croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg peuvent atteindre 31 noeuds. Leur armement principal comprend deux tourelles quadruples de 330 mm, à l'avant, alors que l'artillerie secondaire s'articule en trois tourelles quadruples de 130 mm, deux tourelles doubles de 130 mm ; ainsi que des pièces antiaériennes de 37mm. Les Dunkerque disposent d'une protection assez importante, soit une ceinture de 225mm et 155mm (40+115) pour les ponts. Conçue pour résister à des obus allemands de 280mm, cette protection encaissera plutôt bien les tirs de 380mm britanniques à Mers El-Kebir (le Dunkerque sera tout de même gravement endommagé). Les bâtiments seront, par ailleurs, handicapés par la télécommande de l'artillerie, concept très moderne pour l'époque, mais qui causera des problèmes de mise au point.


Tourelles de 330mm du Dunkerque (© : DROITS RESERVES)

Souffrant d'une certaine fragilité de la proue par gros temps, ils durent également faire face à la mauvaise conception de leur artillerie principale. Les tourelles quadruples, avec des canons situés très près les uns des autres, avait des problèmes de dispersion, le souffle de chaque pièce perturbant la trajectoire de l'obus tiré par la pièce voisine. De plus, l'option de concentrer toute l'artillerie principale à l'avant était une erreur manifeste. Cette disposition supposait, en effet, que les combats seraient systématiquement menés par le travers ou en chasse. En cas de retraite, les pièces de 330mm étaient muselées. Présentant leur poupe au large, les Dunkerque et Strasbourg furent, par conséquent, limités dans l'emploi de leur tourelles principales lors de l'attaque de Mers El-Kébir.


Le cuirassé Richelieu (© : PRESSE OCEAN)

Cette erreur de conception est reprise sur les Richelieu. Au milieu des années 30, la course aux armements reprend. L'Allemagne lance la construction des croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau (31.850 tonnes, 9 pièces de 280 mm) et l'Italie celle des cuirassés Littorio et Vittorio Veneto (41.167 tonnes, 9 canons de 380 mm). La France se doit de réagir, surtout face aux Italiens. En 1935 et 1936, la réalisation des Richelieu et Jean Bart est inscrite aux budgets. Longs de 247.8 mètres pour un déplacement normal de 40.927 tonnes, les nouveaux bâtiments de ligne français, capables de filer 32 noeuds, disposent de deux tourelles quadruples de 380mm, placées à l'avant. L'artillerie secondaire comprend trois tourelles triples de 152mm, six tourelles doubles de 100 mm et 16 pièces de 37 mm.
Berlin annonçant la construction des Bismarck et Tirpitz (45.172 tonnes, 8 canons de 380mm) et l'Italie celle de deux Littorio supplémentaires (Roma et Impero), la France ajoute au programme Richelieu deux nouvelles unités : Les Clemenceau et Gascogne. Le premier est identique aux Richelieu, alors que le second, prenant en compte le défaut de l'artillerie principale, doit disposer d'une tourelle quadruple à l'avant et la seconde à l'arrière.


Le Jean Bart aux chantiers de Saint-Nazaire (© : DROITS RESERVES)

En juin 1940, le Richelieu est à 95% d'achèvement et le Jean Bart à 77%. Le Clemenceau n'en est qu'à 10%, alors que la Gascogne n'a pas encore été mise sur cale mais les premiers équipements ont été approvisionnés. Les grandes manoeuvres terrestres ayant attendu le printemps 1940, en parallèle de ce programme, le gouvernement autorise la construction de deux nouvelles unités de 40.000 tonnes pour remplacer les Courbet et Paris. Quatre noms sont proposés : Alsace, Normandie, Flandre et Bourgogne. Les caractéristiques exactes de ces navires, qui restèrent à l'état de projet, ne furent jamais définies précisément. Néanmoins, on parle à l'époque d'unités de 265 mètres environ, dotées de trois tourelles triples de 380mm. La construction doit débuter en 1941 et 1942 mais la débâcle interrompra ce projet, de même que la réalisation des Clemenceau et Gascogne. Seuls les Richelieu et Jean Bart parviendront à s'échapper, rejoignant Dakar et Casablanca.


Le croiseur lourd Colbert (© : DROITS RESERVES)

Les croiseurs lourds

Comme nous l'avons vu, le traité de Washington a, également, imposé des limitations au niveau des croiseurs. Les plus importants, dits croiseurs lourds ou de première classe, ont un déplacement « Washington » de 10.000 tonnes et le calibre de leur artillerie ne peut excéder 203 mm. En septembre 1939, la Marine nationale aligne 7 unités de ce type. Les deux premiers, le Duquesne et le Tourville, sont opérationnels en 1929. Longs de 196 mètres, ces navires sont dotés de 8 pièces de 203mm en tourelles doubles, 8 canons de 75 mm et 6 tubes lance-torpilles. Pour ses premiers « 10.000 tonnes », la France a clairement sacrifié la protection à la vitesse. On prévoit en effet, à l'époque, que les croiseurs soient essentiellement engagés dans une guerre de course contre les lignes de communications adverses. Si les Duquesne peuvent atteindre 33 noeuds, ils ne disposent que de quelques cloisons blindées, dont l'épaisseur n'excède pas 25mm. Ce choix, que l'on trouve dans d'autres marines, conduit à rendre ces bateaux extrêmement vulnérables face aux coups de l'adversaire, qu'il s'agisse d'obus ou de torpilles. Il leur vaudra également leur surnom de « croiseurs en fer blanc ». Le bâtiment suivant, le Suffren (1930), est tout juste mieux protégé avec l'embarquement de charbon de bourrage contre les torpilles. Puis des efforts sont réalisés sur les navires suivants, avec une amélioration progressive de la cuirasse, des ponts blindés et de la lutte antiaérienne. Les Colbert, Foch et Dupleix (1932) entrent en service en 1931 et 1932. Le dernier de la série, l'Algérie (1934), constitue l'aboutissement de ce type de croiseurs. Moins rapide (31 noeuds), il dispose d'une cuirasse de 110 mm et d'un pont blindé dont l'épaisseur atteint 80mm. L'artillerie principale est toujours la même, mais l'artillerie secondaire est composée de six tourelles doubles de 100 mm.


Le croiseur lourd Algérie (© : DROITS RESERVES)

Lorsque la France déclare la guerre à l'Allemagne, de nouveaux projets de croiseurs lourds sont à l'étude. Après la mise en service de l'Algérie, un nouveau bâtiment de 10.000 tonnes est envisagé. Mais comme les grandes nations ne respectent plus le traité de Washington, l'état-major demande d'imaginer une unité plus importante et mieux protégée. Le 1er avril 1940, un décret autorise la construction de trois croiseurs lourds d'environ 15.000 tonnes Washington. Longs de 202 mètres, ces unités doivent être armées de trois tourelles triples de 203mm, six tourelles doubles de 100mm, 12 pièces de 37mm, des mitrailleuses de 13.2mm et 6 tubes lance-torpilles. Capables d'atteindre 33 noeuds, les nouveaux croiseurs, qu'on a baptisés après-coup « Saint-Louis » (suivant une liste préliminaire de six noms), n'ont pas été construits en raison de la défaite de juin 1940.


Croiseurs légers de 7600 tonnes (© : DROITS RESERVES)

Les croiseurs légers

Début septembre 1939, la flotte française compte 12 croiseurs légers de différentes classes. Entre 1922 et 1927 sont construits les Duguay-Trouin, La Motte-Picquet et Primauguet. Conçus suivant les limitations du traité de Washington, ces unités de 181 mètres et 8000 tonnes disposent de quatre tourelles doubles de 155mm, quatre canons de 75mm et 12 tubes lance-torpilles. Les Duguay-Trouin sont des navires rapides (33 noeuds) et disposant d'une forme de coque très réussie. Mais, comme les Duquesne, ils sont quasiment dépourvus de protection, avec seulement un pont blindé de 20mm.


Le croiseur léger La Motte-Picquet (© : DROITS RESERVES)


Le croiseur léger Emile Bertin (© : MARIUS BAR)

En 1935, l'Emile Bertin est admis au service actif. Ce navire de 177 mètres et 6000 tonnes, dont l'appareil propulsif développe 102.000 cv, dépasse pendant ses essais la vitesse de 40 noeuds, ce qui en fait le croiseur le plus rapide du monde. Doté de trois tourelles triples de 152 mm, de quatre canons de 90 mm, de 8 affûts de 37 mm, de 8 mitrailleuses de 13.2 mm et de six tubes lance-torpilles, il peut également servir de mouilleur de mines. Le pont blindé a une épaisseur de 25mm et les soutes à munitions disposent d'une protection de 30mm.


Le croiseur de 7600 tonnes Marseillaise (© : DROITS RESERVES)


Croiseur de 7600 tonnes (© : DROITS RESERVES)

Ce bâtiment est suivi par la série des six croiseurs de la classe La Galissonnière, plus grands et mieux protégés. Opérationnels en 1936 et 1937, ces navires sont une version améliorée de l'Emile Bertin. Ces bâtiments de 179 mètres pour 7600 tW disposent du même armement principal. L'artillerie secondaire comprend quatre tourelles doubles de 90mm, des pièces de 37mm et des mitrailleuses de 13.2mm. Le nombre de tubes lance-torpilles est réduit à quatre. Capables d'atteindre 31 noeuds, ces très beaux croiseurs ont, au niveau de la protection, une cuirasse de 105mm et un pont blindé de 38mm. La série comprend les : La Galissonnière, Marseillaise, Jean de Vienne, Georges Leygues, Gloire et Montcalm.


Le croiseur école Jeanne d'Arc (© : DROITS RESERVES)

A ces 10 unités construites entre les deux guerres, il convient d'ajouter deux autres bateaux. Tout d'abord le croiseur-école Jeanne d'Arc, mis en service en 1931. Ce navire de 8000 tonnes disposait de quatre tourelles doubles de 155mm et quatre canons de 75mm. La marine se dotera également, en 1932, d'un petit croiseur de 152 mètres et 4800 tonnes : le Pluton. Spécialisé dans le mouillage de mines (250 engins peuvent être embarqués), le navire dispose de 4 pièces de 138mm et 4 canons de 75mm. En septembre 1939, alors que l'état-major souhaite le reconvertir en transport de troupes, le désamorçage des mines embarquées se solde par une explosion. Le Pluton coule dans le port de Casablanca, l'accident faisant 207 morts.


Le croiseur-mouilleur de mines Pluton (© : DROITS RESERVES)

Avant la déclaration de guerre, un nouveau projet de croiseurs légers est lancé. Il s'agit d'une amélioration des La Galissonnière, le déplacement étant porté à 8000 tW. Premier d'une série de trois unités, le De Grasse est inscrit au budget 1937 et mis sur cale à Lorient. Sa coque sera retrouvée après la Libération et le navire sera achevé en 1956 en croiseur antiaérien. Ses sisterships devaient s'appeler Châteaurenault et Guichen.


Le contre-torpilleur Chacal (© : DROITS RESERVES)

Les contre-torpilleurs

Il s'agit là de l'une des principales forces de la Marine nationale au début du conflit. La flotte aligne, en tout, 32 contre-torpilleurs. Ces bâtiments sont généralement plus grands, plus puissants et plus rapides que leurs homologues étrangers. Véritables petits croiseurs pour les plus récents, ils sont appelés « super destroyers » par les Britanniques.
La renaissance des forces légères française débute avec le programme de 1922. En plus des trois croiseurs de 8000 tonnes, six contre-torpilleurs de 2200 tonnes sont commandés. Il s'agit d'une extrapolation des torpilleurs de 1500 tonnes, inscrit au même programme. Longs de 126 mètres, les contre-torpilleurs de la classe Jaguar utilisent des pièces de 130mm, au nombre de 5 (contre 4 pour les torpilleurs). Ils disposent, en outre, de 2 canons de 75 mm et 6 tubes lance-torpilles. La propulsion est également dérivée des torpilleurs, mais plus puissante, leur permettant de dépasser 35 noeuds lors des essais. Le Jaguar est lancé en 1923 et admis au service actif en 1926, quelques mois après le Tigre (décembre 1925). La Panthère, le Chacal, le Lynx et le Léopard sont opérationnels en 1926 et 1927.


Le contre-torpilleur Bison (© : DROITS RESERVES)

Vient ensuite la série des « 4 tuyaux », amélioration des Jaguar. Longs de 130 mètres pour un déplacement de 2500 tonnes, ils disposent de 5 canons de 138.6 mm, 4 canons de 37mm et 6 tubes lance-torpilles. Le premier, le Guépard, a quatre chaudières dont la puissance unitaire dépasse 16.000 cv. L'appareil moteur est réparti en deux compartiments, ce qui donne à ces navires une silhouette caractéristique, avec ses deux groupes de deux cheminées. Au fil des constructions, la propulsion connaitra quelques évolutions au niveau des chaudières. Ainsi, celles du Milan auront une puissance supérieure à 20.000 cv. Les vitesses dépasseront toujours 35 noeuds, le Cassard atteignant près de 43 noeuds. En tout, les contre-torpilleurs des classes Guépard et Vauquelin seront réalisés à 18 exemplaires. Mis sur cale à partir de 1927, ils sont tous en service en 1934.
Les navires de la série sont les : Bison, Guépard, Lion, Valmy, Verdun, Vauban, Aigle, Vautour, Albatros, Gerfaut, Milan, Epervier, Vauquelin, Kersaint, Cassard, Tartu, Maillé Brézé et Chevalier Paul.


Le contre-torpilleur Audacieux (© : DROITS RESERVES)

Pour son programme suivant, la marine continue de monter en gamme, avec des bâtiments plus grands, plus puissants et encore plus rapides. Les 6 contre-torpilleurs du type Le Fantasque sont mis sur cale en 1931 et 1932, pour une mise en service intervenant en 1935. Longs de 132 mètres pour un déplacement de 2700 tonnes, ces navires disposent de 5 pièces de 138.6mm plus performante (longueur de calibre portée à 45), ainsi que 4 canons de 37mm et 4 mitrailleuses de 13.6 mm. Par rapport aux précédents, une troisième plateforme triple pour torpilles est ajoutée. La puissance propulsive, de 74.000 à 100.000 cv, leur permet de filer plus de 43 noeuds, avec une pointe à 45.7 pour Le Terrible (qui devient le destroyer le plus rapide du monde). Ces magnifiques contre-torpilleurs, malgré un système propulsif parfois considéré comme complexe, se rendront célèbres durant la guerre, quatre d'entre eux servant après la fin du conflit, notamment en Indochine.
Les navires de cette série sont : Le Fantasque, L'Audacieux, Le Malin, Le Terrible, Le Triomphant et l'Indomptable.


Le contre-torpilleur Volta (© : DROITS RESERVES)


Le contre-torpilleur Mogador (© : DROITS RESERVES)

Avant le déclenchement des hostilités, les deux derniers contre-torpilleurs français mis en service sont les Mogador et Volta. Comme les Fantasque, ils ne comportent que deux cheminée et sont aussi rapide, dépassant tous les deux 43 noeuds aux essais. Longs de 137 mètres pour un déplacement de 3000 tonnes, leur appareil propulsif développe 94.000 cv. L'artillerie principale est très puissante, avec 8 pièces de 138.6 mm en quatre tourelles doubles. Cette disposition leur donne l'allure de croiseurs légers. L'artillerie secondaire reste constituée de deux montages doubles de 37mm et des mitrailleuses. Le nombre de torpilles est porté à 10. Mis sur cale en 1934, les Mogador et Volta sont en ligne en 1938. La même année, quatre unités supplémentaires sont commandées. Les chantiers n'auront, toutefois, pas le temps de construire les Kléber, Desaix, Marceau et Hoche. Il en sera de même pour les 6 nouveaux contre-torpilleurs prévus par le décret du 1er avril 1940.


Le torpilleur Forbin (© : DROITS RESERVES)

Les torpilleurs

En 1922, la loi-programme qui lance la réalisation des Duguay-Trouin et Jaguar comprend, également, la construction des 12 torpilleurs du type Bourrasque. De 1924, à 1927, 14 autres bâtiments sont ajoutés, ce qui porte la série des « 1500 tonnes » à 26 unités. Longs de 106 mètres, ces navires peuvent atteindre 33 noeuds. Leur armement, puissant pour des torpilleurs, se compose de quatre pièces de 130mm, deux canons de 37mm et six tubes lance-torpilles. Mis sur cale en 1923 et 1927, ils sont admis au service actif entre 1926 et 1931.
Les navires de la série sont les suivants : Bourrasque, Ouragan, Simoun, Tramontane, Trombe, Mistral, Tempête, Typhon, Tornade, Siroco, Cyclone, Orage, Le Mars, Le Fortuné, Le Palme, l'Alcyon, L'Adroit, La Railleuse, Boulonnais, Brestois, Bordelais, Basque, Forbin, Fougueux, Frondeur, Foudroyant.


Le torpilleur Le Hardi (© : DROITS RESERVES)

La construction d'une nouvelle classe de grands torpilleurs d'escadre, capables de suivre les bâtiments des classes Strasbourg et Richelieu, est lancée dans la deuxième moitié des années 30. Avec un déplacement de 1772 tonnes Washington, Le Hardi et ses 5 sisterships sont mis sur cale entre 1936 et 1938, pour des admissions au service actif en 1940 et 1941. Longs de 117.2 mètres, ils atteignent 38 noeuds et se caractérisent pas une autonomie importante. Ils peuvent, ainsi, parcourir 6000 nautiques à 15 noeuds, contre 3000 nautiques à 12 noeuds pour les précédents. L'armement est, quant à lui, nettement plus puissant que sur les torpilleurs précédents, avec six tourelles doubles de 130mm, deux canons de 37mm, des mitrailleuses et sept tubes lance-torpilles. Très beaux bâtiments, les Hardi arrivent néanmoins trop tard pour être engagés contre les Allemands. En tout, 12 torpilleurs d'escadre de ce type seront commandés mais seuls six seront mis en service : Le Hardi, Le Fleuret, L'Epée, Mameluck, Casque et Lansquenet.


Le torpilleur La Cordelière (© : DROITS RESERVES)

Au début des années 30, une nouvelle série de torpilleurs légers est commandée. Il s'agit des Melpomène, qui seront réalisés à 12 exemplaires. Longs de 80.7 mètres pour un déplacement de 610 tonnes Washington, ces bâtiments, capables d'atteindre 34 noeuds, ont un armement assez faible. Ils ne disposent, en effet, que de deux pièces de 100mm, des mitrailleuses antiaériennes et deux tubes lance-torpilles. Tenant mal la mer, ils ont un rayon d'action très faible (1800 nautique à 18 noeuds). Malgré leurs défauts, ces petits torpilleurs rendront de grands services, notamment lors de la débâcle, où ils participeront notamment à l'évacuation de Dunkerque. Mise en service entre 1936 et 1938, la série comprend La Melpomène, La Flore, La Pomone, L'Iphigénie, La Bayonnaise, La Cordelière, L'Incomprise, La Poursuivante, Bombarde, Branlebas, Bouclier, Baliste.
Après cette série jugée « trop faible », la marine lance la construction, en 1940, d'une classe de 14 nouveaux torpilleurs légers. Le Fier est le premier mis sur cale. La longueur de ces bateaux atteint 95 mètres et le déplacement 1000 tonnes. L'armement passe à quatre pièces de 100 mm, 8 mitrailleuses et 4 tubes lance-torpilles. Ces torpilleurs doivent pouvoir atteindre 33 noeuds mais la défaite de la France fera qu'ils ne verront jamais le jour. La construction des 7 premiers est abandonnée ou ne sera jamais achevée, notamment en raison des sabotages dans les chantiers.


L'aviso colonial Amiral Charner (© : DROITS RESERVES)

Les avisos-coloniaux

Il convient également de citer la réalisation d'une belle série d'avisos coloniaux. Mis sur cale entre 1927 et 1938, ces bâtiments sont opérationnels entre 1932 et 1940. Spécialement conçus pour la protection des territoires d'outre-mer, ils affichent une autonomie très importante, soit 9000 milles à 10 noeuds. Destinés à couvrir de grandes distances, ces bateaux embarquent une propulsion économique mais à la puissance réduite (15 noeuds de vitesse de pointe). Longs de 103.7 mètres pour un déplacement de 2000 tonnes Washington, les avisos coloniaux disposent de trois pièces de 138mm, quatre affûts de 37 mm et peuvent embarquer un petit hydravion.
La série comprend les : Bougainville, Dumont d'Urville, Savorgnan de Brazza, D'Entrecasteaux, Rigault de Genouilly, Amiral Charner, D'Iberville et La Grandière.


L'aviso dragueur Commandant Duboc (© : DROITS RESERVES)


L'aviso dragueur Chevreuil (© : DROITS RESERVES)

Les avisos-dragueurs

Nous terminerons ce passage en revue (non exhaustif) de la flotte de surface avec la série des 18 avisos dragueurs, mis sur cale en 1938 et 1939. Ces navires, conçus pour la surveillance côtière et le dragage de mines, mesuraient 78 mètres de long pour un déplacement de 630 à 650 tonnes Washington. Capable d'atteindre 18 noeuds, ils disposaient de deux pièces de 100 mm et des mitrailleuses antiaériennes. Finalement, ils ne furent que très rarement employés dans des missions de dragage.
La série comprenait les : Elan, Commandant Bory, Cdt Delage, Cdt Duboc, Cdt Rivière, La Capricieuse, La Moqueuse, Cdt Dominé, L'Impétueuse, La Curieuse, La Batailleuse, La Boudeuse, La Gracieuse, Chamois, Chevreuil, Gazelle, Annamite et Surprise. Les 5 derniers étaient dotés d'une teugue, d'où un déplacement supérieur de 20 tonnes, alors que les autres, sans teugue, à coque flush deck, étaient connus sous le nom d'avisos "semi-submersibles".


Le célèbre sous-marin Surcouf (© : DROITS RESERVES)

Les sous-marins

A la déclaration de guerre, la France dispose d'une arme sous-marine très développée et nettement plus puissante que celle de l'Allemagne. En 1922, lorsque débute la reconstruction de la Marine nationale, les effectifs sont de 48 sous-marins, tous construits après 1911. Alors que la refonte des unités en service est entreprise, y compris pour les compensations de guerre (ex-sous-marins allemands transférés après l'armistice), la marine doit homogénéiser son parc, composé de trop de types différents.
Le programme de 1922 prévoit la réalisation de 6 sous-marins de grande patrouille (classe Requin, 1450 tonnes en plongée) et 6 sous-marins côtiers (classe Ondine, 750 tonnes en plongée). La construction de ces derniers est confiée à des chantiers privés et il en résulte quatre variantes différentes. En 1923, 3 Requin et 6 Ondine supplémentaires sont ajoutés. L'effort est, ensuite, porté sur les sous-marins côtiers, ou de « deuxième classe ». On estime, en effet, que pour la guerre contre des navires de commerce évoluant à une dizaine de noeuds, de grands sous-marins ne sont pas nécessaires. Sur les nouvelles unités de 2ème classe, des tubes de 400mm sont ajoutés pour la lutte contre les petits navires (ne nécessitant pas l'emploi des torpilles de 550mm).


Le sous-marin Iris (© : DROITS RESERVES)

Mais l'intérêt du submersible océanique revient rapidement au goût du jour. Deux ans d'études sont nécessaires pour aboutir à ce qui allait devenir la série des « 1500 tonnes ». Ces bâtiments, dont le déplacement dépasse 2000 tonnes en plongée, sont dotés de 8 tubes lance-torpilles de 550mm, 2 tubes de 400mm, un canon de 100mm et des mitrailleuses antiaériennes. Capables de filer 17 noeuds en surface, ils peuvent franchir 8000 milles en surface. En plongée, ils peuvent donner jusqu'à 10 noeuds, l'autonomie étant de 100 milles à 5 noeuds. En tout, 31 sous-marins de ce type sont commandés entre 1924 et 1930.
En parallèle, six sous-marins mouilleurs de mines du type Saphir furent réalisés. Disposant de 3 tubes de 550mm, ils peuvent emporter 32 mines et franchir, en surface, 4000 nautiques (vitesse maximale de 12 noeuds).
On entreprend également, en 1927, la réalisation du croiseur sous-marin Surcouf. Mis en service en 1934, il s'agit alors du plus grand sous-marin du monde. Affichant un déplacement de 4200 tonnes en plongée, il est doté de deux canons de 203mm (calibre d'un croiseur lourd), 6 tubes de 550 mm et des mitrailleuses contre avions. Capable de filer 18 noeuds en surface et d'atteindre 10.000 milles, sa vitesse en plongée était de 8.5 noeuds (70 milles à 4.5 noeuds). Le Surcouf était même doté d'un hangar pouvant abriter un hydravion. Très innovant, ce bâtiment se révèlera, néanmoins, décevant.


Le sous-marin Actéon (© : DROITS RESERVES)

En septembre 1939, la flotte sous-marine française est la plus importante du monde. Elle aligne un total de 77 unités. La Marine nationale compte 9 bâtiments du type Requin ; 29 unités de 1500 tonnes (deux autres - Prométhée et Phoenix - ont été perdus accidentellement en 1932 et 1939) ; 32 bâtiments de 600 tonnes (L'Ondine est perdue en 1928 et la Nymphe condamnée en 1938) ; 6 sous-marins mouilleurs de mines et le Surcouf.
Au déclenchement du conflit, plusieurs projets sont en cours de lancement. Une nouvelle classe de 8 bâtiments 2400 tonnes en plongée, les Roland Morillot, sont commandés, mais aucun ne sera achevé. En parallèle, 15 sous-marins de 1200 tonnes en plongée, sont notifiés aux chantiers. Seule la tête de série, l'Aurore, est en essais en 1939. Le programme est interrompu par la guerre. Après 1945, cinq bâtiments seront achevés, après modifications, ce qui donnera naissance à la série La Créole.
Enfin, 13 bâtiments du type Aurore amélioré sont étudiés en 1939. Mais les Vendémiaire n'ont pas le temps d'être commandés.


Le porte-avions Béarn (© : DROITS RESERVES)

L'aéronautique navale

L'aéronautique navale française nait dans les années 10 et l'aviation embarquée en 1912, avec un premier catapultage depuis la Foudre. En octobre 1920, un premier appontage est effectué par Teste sur le Béarn. Pendant cette décennie, l'aviation navale se perfectionne. Les grands bâtiments (cuirassés, croiseurs) sont équipés d'hydravions d'observation, certains pouvant embarquer de petites bombes. Des escadrilles d'exploration sont également formées à terre, alors qu'on travaille à la constitution d'un groupe aérien pour le Béarn et les futurs porte-avions. En 1939, la Marine nationale compte plus de 700 appareils, dont la diversité est particulièrement importante. Il y a, par exemple, les hydravions d'exploration Breguet Bizerte 521, Breguet 730, Latécoère 523 ou Potez CAMS 141.


Hydravion d'exploration Breguet Bizerte 521 (© : DROITS RESERVES)


Laté 298(© : DROITS RESERVES)


Laté 298(© : DROITS RESERVES)

On citera, bien évidemment, le célèbre Latécoère 298, considéré comme le meilleur hydravion d'attaque du monde. Entré en service en 1933, cet appareil monoplan peut embarquer une torpille de 750 kilos ou des bombes de 150 kilos. Il sert aussi aux missions de reconnaissance, avec une autonomie de 2000 kilomètres. En tout, une centaine de Laté 298 sont commandés, dont plusieurs dizaines à ailes repliables (prévus notamment pour le Commandant Teste). Ces appareils, qui interviendront la plupart du temps depuis des bases terrestres, se révèleront trop lents (290 km/h de vitesse maximale) et seront totalement surclassés par l'aviation classique.


Un Loire 130 sur catapulte (© : DROITS RESERVES)


Un Loire 130 (© : DROITS RESERVES)

En ce qui concerne les hydravions embarqués, la marine commande, en 1936, 45 appareils du type Loire 130 (61 autres exemplaires sont notifiés avant l'entrée en guerre). Le Loire 130, doté d'ailes repliables permettant son stockage sur navire, est mis en oeuvre sur les cuirassés et croiseurs dotés de catapultes de 3 tonnes. Ainsi, les Dunkerque et Strasbourg embarquent trois hydravions de ce type, ainsi qu'un chasseur Loire 210. Le cuirassé Lorraine, dont la tourelle centrale de 340mm a été remplacée par des installations aéronautiques, est doté de deux Loire 130 et un Loire 210. Les 7 croiseurs lourds de la classe Duquesne/Foch/Algérie embarquent deux hydravions Loire 130, de même que les six croiseurs légers de la classe La Galissonnière.
Ne disposant pas de catapultes suffisamment puissantes, les trois croiseurs de la classe Duguay-Trouin, ainsi que l'Emile Bertin, embarquent des hydravions Gourdou Lesseure 832 et Potez 452. Il en est de même pour les avisos coloniaux. Enfin, la Jeanne d'Arc, qui ne dispose pas de catapultes, verra ses deux hydravions Loire 130 débarqués au début des hostilités.


Un Vought 156-F (© : DROITS RESERVES)


Un Loire-Nieuport 401 (© : DROITS RESERVES)

En dehors des hydravions, l'aéronautique navale dispose de plusieurs flottilles de bombardiers et de bombardiers en piqué. Elles alignent des Vought 156-F et Loire-Nieuport 401. Le premier peut embarquer 450 kilos de bombes et peut atteindre 390 km/h. Le second peut emporter 500 kilos d'armement et atteindre la vitesse de 380 km/h. Ces appareils, dont certaines flottilles sont affectées au Béarn, n'interviendront durant le conflit que depuis des aérodromes terrestres. L'unique porte-avions français est en effet jugé trop lent pour être engagé. Comme les Laté 298, les Vought 156-F et Loire-Nieuport 401 paieront un lourd tribut lors de la campagne de France. Lorsque le conflit s'engage, de nombreuses commandes ont été passées à l'industrie. L'aéronautique navale percevra, ainsi, près de 500 avions entre septembre 1939 et juin 1940, dont une cinquantaine de Dewoitine D-520.
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BIBLIOGRAPHIE :

Une littérature abondante traite des navires et de la marine française durant l'entre-deux guerres et pendant le second conflit mondial. Nous vous conseillons, notamment, les ouvrages suivants :

- Historique de la marine française, par Henri Darrieus et Jean Quéguiner

- Les grandes batailles de la seconde guerre mondiale, par Jean-Jacques Antier

- Les cuirassés Dunkerque et Strasbourg, par Robert Dumas

- Les croiseurs de la seconde guerre mondiale, par Jean Moulin











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