Ifremer : le robot Deep Arvor plonge à près de 3500 mètres

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Deep Arvor est le nom du nouveau profileur développé par Ifremer, à Brest. Il permet des mesures jusqu'à 3500 mètres de fond, contre 2000 mètres pour son prédécesseur. Actuellement, 3000 petits robots autonomes, des profileurs, mesurent la température et la salinité des océans dans le cadre du programme Argo. Trente pays, dont la France, participent à ce premier réseau mondial d'observation en temps réel. Ces petits robots descendent jusqu'à 2000 mètres. Aller plus profond permettrait de recueillir davantage d'informations et de mieux comprendre le rôle important des masses d'eaux profondes dans l'étude du changement climatique. 

 
Deux prototypes à la mer 
 
À Brest, Ifremer a développé deux prototypes, dans le cadre d'un nouveau programme, appelé Naos, labellisé en France «équipement d'excellence», avec une contribution de l'État. Deep Arvor, prévu pour durer quatre ans, doit exécuter 150 cycles de dix jours, générant 150 profils de salinité et de température mais aussi d'oxygène. Une des difficultés, à 3500 mètres de profondeur, est la pression, de 360kg par cm². «Nous avons fait évoluer l'existant en travaillant sur la cylindrée de la pompe. Nous avons travaillé aussi sur l'énergie», explique Serge Le Reste, responsable des développements technologiques de la filière profileurs. «Alors que le tube actuel est un alliage aluminium, nous avons cherché une solution plus légère et pas trop volumineuse. Le nouveau est en matériaux composites». Pour transmettre davantage de données, l'iridium a été choisi. Cet été, deux prototypes ont été mis à l'eau, l'un près des Açores, l'autre dans le golfe de Gascogne. «Le premier a réalisé 40 cycles depuis le mois d'août», commente Serge Le Reste. Le second, moins performant, doit être récupéré. Deux autres prototypes, à caractère industriel, doivent voir le jour en 2013. Ce transfert se fera avec l'entreprise NKE, d'Hennebont, partenaire de Naos. Et il est prévu d'acheter 24 Deep Arvor en 2014 pour les tester en Atlantique-Nord.
 
Un article réalisé par la rédaction du Télégramme