A la découverte des métiers du ferry Barfleur (2)

Dossier(s) : Formation Brittany Ferries
Durant toute cette semaine, nous vous proposons de partir à la rencontre de l'équipage du Barfleur, de Brittany Ferries. De la passerelle à la cuisine, en passant par les boutiques et les machines, une soixantaine de personnes travaille sur le navire, qui vient tout juste d'être réarmé sur la ligne reliant Cherbourg à Portsmouth. Les marins, hôtesses et personnels hôteliers passent sept jours à bord, suivis de sept jours de congés. Une semaine embarquée intense, où les rotations se succèdent et où les heures de repos sont précieuses. Même à capacité réduite, le navire embarque 450 passagers à chaque rotation. Mais, comme disent les gens du bord, « c'est un petit navire, avec une ambiance familiale ». Nous vous proposons donc de découvrir le petit village flottant du Barfleur.


Yvon, factotum sur le Barfleur (© : DROITS RESERVES)

Yvon, factotum

Il a un peu de mal à tenir en place. Il s'agite, il rit, il a un mot pour tout le monde, Yvon est le « facto » du bord. Facto pour factotum, « en commençant à travailler ici, je suis allé regarder la définition dans le dictionnaire, et, en fait, cela veut dire homme à tout faire ». L'accent est léonard, de ce coin de Bretagne rurale où est née la Brittany Ferries. « Je suis né à Santec, au milieu des oignons et des échalotes, j'ai commencé à travailler jeune, comme mécanicien chez le garagiste du village. J'ai fait plus de vingt ans là-bas et puis à un moment j'ai senti que j'étais à la fois dépassé par l'évolution des moteurs et que j'avais envie de faire autre chose ».
A 42 ans, Yvon a l'appel de la mer. Il va voir la Brittany Ferries et y trouve un emploi, d'abord pour travailler à la machine, puis finalement comme factotum. « C'est un job pour des gens manuels et qui savent se débrouiller : on fait toutes les petites réparations à bord : en escale on doit pouvoir changer du carrelage dans les cabines, de la moquette, tous les petits travaux sauf l'électricité et la plomberie qui sont prises en charge par les marins. En mer, il faut pouvoir venir à tout moment, si un passager bloque la serrure de sa cabine ou si un tiroir-caisse refuse de s'ouvrir à la boutique ».
Et il aime cela, Yvon, l'ambiance du bord où il faut se débrouiller comme on peut mais où on peut compter sur le reste de l'équipage. « L'ambiance est bonne ici, et c'est vraiment agréable de travailler dans ces conditions. Je n'ai qu'un seul regret, c'est celui de ne pas avoir commencé plus tôt ».


Laurence est l'intendante du Barfleur (© : DROITS RESERVES)

Laurence, intendante

Laurence est partout. À la passerelle, dans son bureau, dans les boutiques, derrière les cuisines... « Oui, c'est sûr, il n'y a pas de routine dans ce métier », sourit-elle. Laurence est l'intendante du Barfleur, fonction qu'elle cumule avec les missions normalement dévolues au commissaire, « c'est un petit navire, donc l'équipage est moins nombreux ». Quelques instants de pause à la passerelle, « c'est agréable de regarder l'appareillage, je ne me lasse vraiment pas d'être en mer ». Laurence travaille à la Brittany Ferries depuis 20 ans, « je suis arrivée un peu par hasard, je connaissais les navires comme passagère, et c'est au retour d'une année comme jeune fille au pair en Irlande que j'ai postulé comme hôtesse. » Pendant 10 ans, elle va occuper tous les postes à bord : restauration, boutiques, information, « j'avais envie de voir tous les aspects du métier ».
Elle postule ensuite au concours interne de la bourse à l'emploi. « Je me suis orientée vers le métier de responsable des ventes, que j'ai exercé pendant 4 ans, puis j'ai à nouveau passé un concours pour devenir intendant. » Quatre marées en doublure, en formation avec un autre intendant, deux jours de débriefing à Roscoff au siège de l'armement, et la voici remplacante sur différents navires, puis titulaire sur le Cap Finistère, le dernier ferry de la compagnie. « Je reprends le Barfleur, pour son réarmement. »
À bord, elle est responsable des flux de marchandises, c'est-à-dire tout l'avitaillement pour les passagers et l'équipage et toutes les commandes. « Celles-ci peuvent être très conséquentes. En liaison avec les cambusiers je dois m'assurer que les commandes sont bien conformes à notre prévisionnel de nombre de passagers, mais je dois aussi vérifier les dates limites de consommation des produits, les conditions d'hygiène de l'approvisionnement, toutes les procédures et les contraintes règlementaires ». À l'aspect logistique, s'ajoute un aspect statégique, « il faut savoir adapter les commandes en fonction des demandes de la clientèle, anticiper et proposer ».
Un métier où les maîtres mots sont rigueur et souplesse. « Il faut trouver la juste mesure, accorder les différents services avec lesquels on travaille, garder un oeil sur les objectifs et être réactif. C'est ce qui est enrichissant, c'est tellement varié qu'il n'y a aucune routine, on rencontre énormément de gens, il faut toujours se remettre en question... c'est passionnant ! »