La marine chinoise construit à tour de bras

Dossier(s) : Marine chinoise
Le développement de la marine chinoise est vraiment impressionnant. Ces dernières semaines, une nouvelle vague de bâtiments ont été lancés ou mis en chantier. Un sixième destroyer lance-missiles du type Lujang II (160 mètres, 7000 tonnes à pleine charge) a, ainsi, été lancé. Dans le même temps, deux nouvelles frégates lance-missiles du Jiankai II (132 mètres, 3850 tpc), les 14ème et 15ème de cette classe, sont en achèvement à flot, l'une d'elles ayant été lancée le 7 mai. Les chantiers chinois travaillent également sur le programme des nouvelles corvettes lance-missiles du type 56. Ces bâtiments de 97 mètres et 1500 tonnes, dont deux exemplaires sont en construction, mettront en oeuvre 4 missiles antinavire C803, un système surface-air FL3000, un canon de 76mm et six tubes lance-torpilles (avec une plateforme hélicoptère mais pas de hangar).


Destroyer du type Lujang II (© : APL)


Frégate du type Jiankai II (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)


Corvette du type 56 (© : DROITS RESERVES)


Corvette du type 56 en construction (© : DROITS RESERVES)

La flotte amphibie chinoise continue également de croître. Ainsi, le quatrième transport de chalands de débarquement du type Kunlunshan (176 mètres, 17.600 tpc) a été lancé le 23 janvier dernier. Quant aux capacités logistiques nécessaires à la projection d'une force navale loin et dans la durée, là aussi, les Chinois renforcent leurs moyens. Ainsi, un troisième et un quatrième pétroliers-ravitailleurs du type Fuchi (178.5 mètres, 23.000 tpc) ont été mis à flot le 22 mars et le 6 mai de cette année. Dans le même temps, deux sisterships du premier bâtiment de soutien de sous-marins de type Dalao (136 mètres, 9500 tpc), mis en service en 2010, sont en achèvement à flot. En ce qui concerne la flotte sous-marine, les informations sont nettement moins nombreuses mais la Chine poursuit sans nul doute la modernisation de cette composante stratégique.


TCD du type Kunlunshan (© : APL)


Pétrolier-ravitailleur du type Fushi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)


Bâtiment du type Dalao (© : CHINESE MILITARY FORUM)

Troisième flotte mondiale

En quelques années, la marine chinoise a connu une profonde métamorphose, voyant ses moyens remplacés et son tonnage augmenter à un rythme soutenu. Cantonnée aux missions de protection du littoral, la flotte se dote progressivement de moyens océaniques, qui lui permettent de rayonner de plus en plus loin de ses bases. Ainsi, on voit désormais des bâtiments chinois très régulièrement en Europe, alors que des unités sont engagées aux côtés des grandes marines dans la lutte contre la piraterie en océan Indien. L'achèvement du premier porte-avions chinois, le Shi Lang (ex-Varyag russe), actuellement en essais, va donner une nouvelle dimension à la puissance navale chinoise. Certes, il faudra de longues années pour que les Chinois maîtrisent un tel outil. Mais la volonté de Pékin de disposer d'une flotte océanique puissante, en ligne avec son statut de grande puissance mondiale, est une évidence. Et il n'y a aucune raison de douter qu'à terme, la marine chinoise pourra rivaliser avec celles des grandes nations maritimes. Pour l'heure, même si de nombreuses unités neuves sont entrées en service ces dernières années, la marine chinoise impressionne plus par la quantité de ses effectifs que par la qualité de ses matériels. En tonnage, elle est aujourd'hui la troisième flotte mondiale, après celle des Etats-Unis et de la Russie. En fin d'année, Pékin alignera plus de 507.000 tonnes de bâtiments militaires, contre 447.000 tonnes en 2008. A titre de comparaison, la France se maintient difficilement au dessus des 300.000 tonnes (304.000) bien que disposant du second espace maritime mondial.


Sous-marins du type Song (© : APL)


La flotte chinoise en manoeuvre (© : APL)


Destroyer du type Luzhou (© : APL)


Destroyer du type Sovremennyy (© : APL)

L'ordre de bataille fin 2012

Fin 2012, l'ordre de bataille de la marine chinoise comptera 3 sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (1 type Xia, 2 type Jin), un sous-marin classique lanceur d'engins (type Golf), 6 sous-marins nucléaires d'attaque (3type Han, 3 type Shang), 56 sous-marins d'attaque classiques (12 type Kilo, 9 type Yuan, 14 type Song, 20 type Ming). La flotte de surface, pour sa part, alignera un porte-avions (en service mais non opérationnel), 25 destroyers (4 type Sovremennyy, 2 type Lujang I, 3 type Lujang II, 2 type Luzhou, 1 type Luhai, 2 type Luhu, 7 type Luda I et 4 type Luda III) ; ainsi que 52 frégates (11 Jiangkai II, 2 type Jiankai I, 4 type Jiangwei I, 10 type Jiangwei II, 15 types Jianghu I et Jianghu II, 3 type Jianghu III, 1 type Jianghu IV et 6 type Jianghu V). En parallèle, la marine chinoise dispose de 86 patrouilleurs lance-missiles, 123 patrouilleurs, un mouilleur de mines et 43 dragueurs de mines.
La flotte de débarquement est forte de deux transports de chalands de débarquement (+ 2 en achèvement) et 38 bâtiments de débarquement de chars, alors que la composante logistique compte 5 gros pétroliers-ravitailleurs en service. S'y ajoutent 14 bâtiments bases de sous-marins.


Le porte-avions Shi Lang (© : APL)


La marine chinoise dans quelques années (© : APL)