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La Marine nationale perd un Rafale au large du Pakistan

L'un des avions de combat Rafale du Charles de Gaulle s'est abîmé en mer, hier, alors qu'il venait d'être catapulté. L'appareil partait pour une mission d'appui aérien en Afghanistan lorsque l'accident s'est produit, à proximité du porte-avions. Le pilote a heureusement pu s'éjecter avant le crash et a été récupéré sain et sauf par l'hélicoptère Pedro stationné près du bâtiment lors des manoeuvres d'appontages et de catapultages. Défaillance technique, erreur humaine, problème d'entretien... On ne savait pas, hier soir, ce qui a provoqué la perte du Rafale. « Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de l'accident », précise l'Etat-major des Armées.
Ayant appareillé le 30 octobre de Toulon pour une mission de quatre mois en océan Indien, le Charles de Gaulle participe, depuis le 25 novembre et pour une durée d'un mois, au soutien aérien des troupes déployées en Afghanistan (opération Pamir). Entre jeudi et dimanche, une vingtaine de sortie avait déjà été réalisées par les avions du groupe aérien embarqué. Ce dernier était, au départ, constitué de 12 Super Etendard Modernisés (SEM), 10 Rafale F3, 2 Hawkeye, ainsi que des hélicoptères. L'accident d'hier réduit donc à 9 le nombre de Rafale présents sur le Charles de Gaulle. On notera que l'avion perdu n'était pas configuré pour la reconnaissance mais bien pour une mission de combat.


Dauphin Pedro devant le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Un avion perdu en moyenne chaque année

Il s'agit du quatrième crash de Rafale depuis la mise en service du nouvel avion de combat de Dassault Aviation en 2001. Le premier s'est produit le 6 décembre 2007, un Rafale de l'armée de l'Air s'écrasant avec son pilote lors d'une mission entrainement. La Marine nationale avait, à son tour, été endeuillée l'an dernier. Le 24 septembre 2009, deux avions catapultés du Charles de Gaulle étaient entrés en collision au large de Perpignan. Seul l'un des deux pilotes avait survécu au crash. Pour les militaires, ces pertes n'ont rien d'alarmantes compte tenu du nombre considérable d'heures de vol réalisés par les Rafale depuis une décennie. Dans la marine, le « taux d'attrition », c'est-à-dire les pertes d'appareils, s'élèvent en moyenne à un avion par an ces cinquante dernières années. Bien avant l'arrivée du Rafale, les pertes de Crusader ou de Super Etendard ont, ainsi, été nombreuses. Ainsi, depuis la mise en service du Super Etendard en 1978, 14 appareils ont été perdus accidentellement, dont 5 dans la version modernisée (SEM), opérationnelle depuis 1996. Le taux d'attrition est évidemment une moyenne et, d'une année sur l'autre, les chiffres peuvent évoluer significativement. Ainsi, après trois années sans accident, la marine a eu à déplorer 3 crashs de SEM en 2008, et 3 Rafale perdus ces 14 derniers mois.
Concernant les Rafale, 30 appareils ont été, jusqu'ici, livrés à la marine par Dassault. Soixante sont prévus au total. Les 10 premiers, au standard F1, ne volent plus en attendant leur mise à niveau au standard F3 entre 2014 et 2017. En comptant la perte des M22 et M25 en septembre 2009, 18 appareils étaient en ligne. Il en reste donc aujourd'hui 17.


Rafale au catapultage (© : MARINE NATIONALE)

Aéronavale Marine nationale