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L’Ark Forwarder débarque 5800 tonnes de fret militaire à Toulon

Provenant en bonne partie d’Afghanistan, où le retrait du matériel de l’armée de Terre se poursuit à bon rythme, quelques 5800 tonnes de fret militaire sont arrivées mardi, à Toulon, à bord de l’Ark Forwarder (voir reportage photo complet en fin d'article). Avec le MN Eider et le MN Pelican, il s’agit de l’un des trois rouliers de la Maritime Nantaise affrétés par le ministère de la Défense pour assurer le soutien logistique des armées. Pris en charge par le 519ème Groupe de Transit Maritime, le navire avait à son bord 300 conteneurs, ainsi que 170 véhicules et remorques, dont des engins de combat majeurs, représentatifs de l’effort militaire français en Afghanistan et symbolisant aussi le renouveau des moyens de l’armée de Terre, avec des équipements reconnus internationalement pour leurs performances et désormais éprouvés au combat. Ainsi, aux côtés des traditionnels chars AMX 10 RC et autres Véhicules de l’avant blindé (VAB), des Camions équipés d’un système d’artillerie (CAESAR) et des Véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI) ont été débarqués avant-hier par l’Ark Forwarder. La cargaison du roulier a été récupérée au cours de la rotation maritime traditionnelle opérée par un navire de la Maritime Nantaise, au profit des armées, en Méditerranée orientale, en mer Rouge, en océan Indien et dans le golfe Persique. Cette liaison maritime permet de soutenir les bases françaises outre-mer et les unités déployées en opérations extérieures (Opex). Dans le cas présent, l’Ark Forwarder a effectué une rotation de 10 semaines, desservant 7 ports, notamment à La Réunion, Mayotte et Djibouti, mais aussi à Beyrouth, où il a récupéré des véhicules arborant la livrée blanche de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL)  et dans la région du Golfe, au profit de la base française d’Abu Dhabi et, aussi, pour récupérer le matériel provenant du théâtre afghan.

 

L'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Les liaisons maritimes des armées (© EMA)

 

 

 

Plus de la moitié du matériel désengagé d’Afghanistan

 

Engagé depuis le 1er janvier 2012, le retrait de l’armée française d’Afghanistan est aujourd’hui bien avancé. Alors que les dernières troupes combattantes ont quitté Kaboul le 15 décembre, à la fin de l’été, 2100 militaires, 525 véhicules et 420 conteneurs avaient déjà été rapatriés, nécessitant, pour le seul matériel, 164 rotations aériennes et 4 rotations maritimes. Les bases de Tora, en Surobi, ainsi que celles de Tagab et Nijrab, dans la province de Kapisa, ont été progressivement confiées à l’armée afghane, le matériel rejoignant Kaboul par convois terrestres, soit un parcours de 95 km depuis Tagab, 80 km depuis Nijrab et 50 km depuis Tora. Cible potentielle pour les insurgés, ces convois étaient fortement protégés, le dispositif d’appui-feu comprenant notamment des hélicoptères de combat et même les CAESAR, engins capables de se mettre en batterie en moins d’un minute et de tirer à 40km des obus de 155mm avec une redoutable précision. Une fois arrivés à Kaboul, les véhicules et les matériels sont chargés par des avions de transport qui les conduisent vers la région du Golfe, où ils sont transbordés sur des navires pour regagner la France (l’option d’un transport terrestre a également été étudiée pour, en cas de besoin, accélérer le retrait).  Aujourd’hui, plus de la moitié du matériel devant être désengagé l’a été, en avance par rapport à la planification. Après l’arrivée à Toulon d’un navire en octobre et la rotation qui vient de s’achever, deux autres transports par voie maritime sont prévus, avec la possibilité, si nécessaire, d’utiliser deux autres rotations dans l’année qui vient. Mais, si le rythme se poursuit, l’ensemble du matériel devrait être de retour d’ici la fin du premier semestre 2013.

 

Désengagement français en Afghanistan au 30 juillet (© ARMEE D'AUJOURD'HUI)

 

VBCI sortant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

CAESAR sortant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VAB  (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Scènes de défense autour de l’Ark Forwader

 

Les opérations de l’Ark Forwarder ont été prises en charge par le 519ème Groupe de Transport Maritime, unité chargée du transport logistique par voie maritime des matériels des armées. Comptant plus de 350 militaires, provenant pour l’essentiel de l’armée de Terre mais aussi de la Marine nationale et de l’armée de l’Air, le 519ème GTM est un organisme à vocation interarmées remplaçant le 519ème Régiment du Train, qui était basé à La Rochelle et a été dissout à l’été 2011. Le « régiment de La Jonque », comme on l'appelle, a conservé un détachement à La Rochelle et compte une antenne dans la cité phocéenne (ex-district de transit interarmées de Marseille). Mais le gros de ses troupes est désormais basé à Toulon, où le 519ème GTM monte en puissance depuis un an. Spécialiste du transbordement maritime et des opérations portuaires, cette unité ne compte pas, dans ses rangs, que des professionnels de la logistique (manutention, chargement de conteneurs, traitement de matériels sensibles ou de cargaisons dangereuses…). Elle dispose aussi de combattants, chargés de la protection des opérations. La venue à Toulon de l’Ark Forwarder fut, d’ailleurs, l’occasion pour le 519ème GTM de mener un exercice mettant l’accent sur la protection et la défense des sites mais également du fret, de son transport et de son stockage. Cet exercice alliant opération maritime de déchargement et capacité à travailler en ambiance d’insécurité a permis aux hommes du régiment de s’entrainer à faire face à des situations auxquelles ils sont parfois confrontés.

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Capacité d’entrer en premier

 

Dans le cadre des déploiements militaires français ou au sein de forces internationales, le 519ème GTM a désormais un rôle crucial. « Mon régiment est à présent l’outil unique permettant à la France d’exercer le rôle de nation cadre, au sein d’une coalition, pour entrer en premier sur un théâtre d’opération avec des moyens maritimes. C’est une fonction très importante, qui s’inscrit pleinement dans les réflexions actuelles menées autour du nouveau Livre Blanc sur la Défense », souligne le colonel Thierry Gilistro, commandant du 519ème GTM.

Dans cette perspective, l’unité se charge donc non seulement de l’acheminement ou du rapatriement courant, aux quatre coins du monde, des matériels destinés aux unités des bases outre-mer ou en « Opex », mais serait aussi un maillon crucial en cas de déploiement de forces, par exemple lors d’une crise, y compris si cela nécessite une opération amphibie. « Si nous avons la possibilité d’utiliser un port nous le faisons mais, si ce n’est pas le cas, nous utiliserons des engins de débarquement qui pourraient alors être placés sous le commandement tactique du SPOD 519 (Sea Port of Debarkation, point d’entrée maritime de classe OTAN, ndlr)», explique le colonel Gilistro.

 

Chalands de débarquement et BPC (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VAB débarquant sur une place (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

AMX 10 RC débarquant sur une plage (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Le colonel Thierry Gilistro (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Dépendant de l’état-major embarqué chapeautant l’ensemble d’une telle opération, le 519ème GTM aurait donc la haute main sur le transbordement des troupes et des véhicules depuis les bâtiments amphibies jusqu’aux plages, en intégrant un dispositif de protection à même de sécuriser le débarquement et de s’opposer à une force ennemie qui tenterait de refouler le corps expéditionnaire déployé depuis la mer. Avant cela, il serait également en charge de coordonner la reconnaissance technique et les nécessaires aménagements du terrain ou des plages, préalables au débarquement. A cet effet, le régiment dispose de moyens de reconnaissance et de protection, tout en ayant sa propre structure de commandement, un centre opérationnel de SPOD projetable immédiatement pour coordonner le débarquement.

Alors que la France prendra, au 1er janvier, le prochain tour d’alerte de la composante maritime de la force de réaction rapide de l’OTAN (NRF), en cas de projection de forces impliquant un débarquement, le 519ème GTM sera donc employé et placé sous les ordres de COMFRMARFOR, le commandement de la force maritime française, qui dirigera la flotte et les moyens amphibies de la NRF en 2013.

 

LArk Forwarder débarquant des conteneurs (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

A bord de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

A bord de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Tourelle de frégate ramenée d'océan Indien (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

A bord de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

CAESAR débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

CAESAR débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

CAESAR débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VBCI débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VBCI débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

AMX 10 RC débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VAB débarquant de l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VAB tracté par un dépanneur (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Sur l'Ark Forwarder (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Protection du débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VAB (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VAB (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

AMX 10 RC (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Véhicules après le débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

VBCI aux couleurs des Nations Unies (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Véhicules après le débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Véhicules après le débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Véhicules après le débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Véhicules après le débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Véhicules après le débarquement (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Camion prêt à repartir dans son unité (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

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