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Le porte-aéronefs Principe de Asturias fait ses adieux à la marine espagnole

Après 25 ans de bons et loyaux service, le porte-aéronefs espagnol Principe de Asturias va être désarmé. Le 7 février, le bâtiment a connu un ultime mouvement aérien avec un hélicoptère SH-60B. Un appareil symboliquement piloté par Felipe de Bourbon, fils du roi Juan Carlos, héritier de la couronne d’Espagne et dont le titre de prince des Asturies est porté par le navire.

Ayant quitté la base navale de la Rota, le Principe de Asturias a mis le cap sur le port de Ferrol, où il sera désarmé. Un retrait du service prématuré puisqu’il devait initialement être modernisé afin de pouvoir naviguer jusqu’en 2020. C’était néanmoins sans compter avec la conjoncture économique très difficile en Espagne et les restrictions budgétaires imposées à l’Armada. Cette dernière est donc contrainte de s’en séparer et de se contenter du nouveau bâtiment de projection stratégique (BPE) Juan Carlos I, livré en 2010 par Navantia. Ce bâtiment, beaucoup plus gros (231.4 mètres de long, 27.500 tonnes de déplacement en charge) est comme le Principe de Asturias doté d’un tremplin pour la mise en œuvre d’avions à décollage court et appontage vertical. Il s’agit d’AV-8B Harrier, qui doivent être remplacés à partir de 2020 par des F-35B (capables d’embarquer sur le BPE mais pas sur le Principe de Asturias).

 

 

Le Principe de Asturias (© : ARMADA)

 

Le Principe de Asturias et le Juan Carlos I (© : NAVANTIA)

 

Le Juan Carlos I (© : NAVANTIA)

 

 

Réminiscence du concept américain Sea Control Ship

 

 

Mis sur cale en 1979 et lancé en 1982, le Principe de Asturias a remplacé en 1988 le vénérable Dedalo, ultime survivant des porte-avions d’escorte américains de la seconde guerre mondiale (mis sur cale en 1942 comme croiseur léger sous le nom d’USS Wilmington et transformé pendant sa construction en porte-avions, le bâtiment, rebaptisé USS Cabot à sa mise en service en 1943, avait été prêté à l’Espagne en 1967 et acheté en 1973). Clin d’œil de l’histoire, le Principe de Asturias est dérivé du concept Sea Control Ship, imaginé dans les années 70 par l’amiral américain Elmo Zumwalt  pour, comme durant la guerre, réaliser des porte-avions légers dédiés à l’escorte des convois traversant l’Atlantique. Mais ce projet fit long feu dans l’US Navy et fut remisé dans les cartons. Jusqu’à ce que l’Espagne rachète les plans au chantier américain Gibbs & Cox pour s’en servir de base au développement d’un successeur au Dedalo. C’est ainsi que le Principe de Asturias fut commandé en 1977.

 

 

Le Dedalo (© : ARMADA)

 

Le Principe de Asturias (© : ARMADA)

 

 

Long de 195.9 mètres pour une largeur de 30.8 mètres, le porte-aéronefs espagnol présente un déplacement de 17.200 tonnes en charge. Malgré sa petite taille, il pouvait embarquer jusqu’à 30 avions et hélicoptères. Son équipage comprenait près de 800 marins, dont 230 pour le groupe aérien embarqué. Capable d’atteindre la vitesse de 27 nœuds grâce à deux turbines à gaz développant 34 MW, le bâtiment présente la particularité de ne disposer que d’une seule ligne d’arbres. Son armement comprend quatre systèmes d’artillerie Meroka et des mitrailleuses. Un bâtiment dérivé, le Chakri Naruebet, a été construit en 1997 pour la marine thaïlandaise, le bâtiment étant vendu avec les vieux AV-8 Matador de la marine espagnole, au sein de laquelle ils ont été remplacés par des AV-8B.

 

 

AV-8B décollant du Principe de Asturias (© : ARMADA)

 

Le Chakri Naruebet et le Principe de Asturias (© : NAVANTIA)

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