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Le porte-avions Charles de Gaulle à l’heure du « tout Rafale »

Il a beau être identique à ce qu’il était l’an dernier, le Charles de Gaulle n’a jamais été aussi puissant. Avec le retrait du service des Super Etendard Modernisés (SEM) en juillet, les trois flottilles de chasse de l’aéronautique navale (11F, 12F, 17F) alignent désormais toutes des Rafale Marine.

Pour la première fois depuis sa mise en service en 2001, le porte-avions français, qui débutera son prochain déploiement à la fin du mois, va donc partir, pour ce qui concerne la chasse embarquée, en mode « tout Rafale ».

Une capacité militaire plus que doublée

L’état-major prévoit de déployer en temps normal deux flottilles sur le Charles de Gaulle, soit 24 avions, offrant une capacité offensive nettement supérieure à ce que le bâtiment projetait jusque-là, avec un groupe aérien embarqué (GAE) mixte encore composé lors de sa dernière mission (novembre 2015 à mars 2016) de 8 SEM et 18 Rafale (nombre record jusque-là pour ces derniers). « 24 Rafale Marine c’est l’équivalent de 48 SEM. Pour faire simple, la force militaire du porte-avions est doublée en capacité d’emport d’armement et même démultipliée puisque le Rafale est multi-missions et dispose d’un potentiel de combat sans commune mesure avec son prédécesseur », explique un officier.

 

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle en 2015 (© : MARINE NATIONALE)

Rafale Marine et SEM sur le Charles de Gaulle en 2015 (© : MARINE NATIONALE - M. MULLER)

 

Un avion apte à toutes les missions

Extrêmement polyvalent, le Rafale Marine dispose de 12 points d’emport opérationnels et d’une capacité d’emport d’environ 10 tonnes au lieu de 5 pour le Super Etendard. Evidemment plus moderne, mais aussi plus rapide, furtif et manoeuvrant, avec en outre une allonge accrue, le nouvel avion de combat français présente la particularité de pouvoir effectuer tous types de missions et d’être conçu pour être au meilleur niveau dans tous les domaines de combat. Dissuasion nucléaire, défense aérienne, lutte antinavire, attaque au sol, renseignement, ravitaillement en vol… Le Rafale Marine, doté d’un crosse d’appontage et d’un train renforcé pour les catapultages, met en œuvre une vaste palette d’armements : missile nucléaire ASMPA, missiles air-air Mica EM/IR, missile antinavire Exocet AM39, missile de croisière Scalp EG, jusqu’à six bombes à guidage laser (GBU 12, 22, 24, 49) ou armements air-sol-modulaire (AASM), des paniers de roquettes, un canon de 30mm... Alors que les appareils de série livrés depuis la fin 2012 (à partir du M39 pour la marine) sont équipés du radar à antenne active RBE2 AESA, le Rafale Marine, doté du système d’autodéfense Spectra, peut emporter une nacelle de désignation d’objectif Damocles, un pod de reconnaissance Reco NG et des bidons supplémentaires dans sa fonction « nounou » de ravitaillement d’autres appareils.

 

Rafale Marine au catapultage (© : MARINE NATIONALE)

 

 

Rafale Marine à l'appontage (© : MARINE NATIONALE - A. MANZANO)

 

Le standard F3-R en 2018

La mise en service d’un nouveau standard, le F-3R, est prévue en 2018. Dans le cadre de ce programme, lancé fin 2013, le Rafale verra ses fonctionnalités air-air, air-sol et air-mer étendues. Il mettra notamment en œuvre le missile de supériorité aérienne Meteor et la nouvelle nacelle de désignation d’objectif Talios. Le RBE2 et le système Spectra seront améliorés, de même que la liaison 16, et le Rafale intègrera l’IFF Mod 5. Dassault Aviation travaille aussi sur l’intégration d’un AGCAS (Automatic Ground Collision Avoidance System) permettant d’assurer la sécurité des pilotes engagés à basse altitude lors d’engagements sur des cibles d’opportunité.

 

Deux ex-F1 retrofités sur le pont du CDG cet été (© : MARINE NATIONALE - Y. BISSON)

 

42 Rafale Marine opérationnels l’an prochain

A ce jour, la Marine nationale compte 42 Rafale, sur les 46 livrés depuis 1999 (les M18, M22, M24 et M25 ont été perdus accidentellement entre 2009 et 2012). Le programme de modernisation des 10 premiers avions, mis en service au standard F1, s’achèvera l’an prochain avec le retour en flottille du dernier appareil. Cette flotte permet d’armer les trois flottilles de l’aéronautique navale et le détachement de 3 appareils mis à disposition de l’escadron de transformation de Saint-Dizier. Toutefois, en tenant compte des périodes de maintenance, des besoins pour l’entrainement des jeunes pilotes, de l’attrition et bien entendu des opérations militaires, le parc de Rafale Marine est en fait des plus limités, sachant qu’en temps de guerre, le Charles de Gaulle est conçu pour pouvoir emporter plus de 30 avions (36 annoncés au moment de sa sortie), ce qui ne laisserait pour ainsi dire aucune réserve.

 

Le Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE )

 

Plus que deux appareils en commande

D’autant que la quatrième tranche du programme Rafale ne compte normalement plus que deux avions dans la version marine, les M47 et M48, qui ne seront probablement pas livrés avant 2020/2021 compte tenu de la mobilisation des usines de Dassault pour fournir les programmes export (Egypte, Qatar et peut être bientôt Inde). Et, pour l’heure, aucun Rafale Marine n’est prévu dans la cinquième et dernière tranche du programme, qui devrait porter sur 45 appareils afin d’atteindre le format fixé par le dernier Livre Blanc sur la défense, soit 225 avions de combat pour l’armée de l’Air et l’aéronautique navale.

 

(© : MARINE NATIONALE - S. CHENAL)

(© : MARINE NATIONALE )

 

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