Le trafic du port de Sète en légère baisse

Dossier(s) : Port de Sète

Comme la plupart des ports, dans un contexte économique difficile, Sète a vu son activité se contracter l’an dernier. La baisse a néanmoins été contenue à 2% seulement, avec un total de 3.52 millions de tonnes traitées. On notera que les exportations chutent de 17% (647.000 tonnes), alors que les importations augmentent de 2% (2.8 Mt).

Par rapport à 2011, le trafic de vracs liquides du port de Sète a réalisé une bonne année, avec 1.8 million de tonnes traitées, soit une hausse de 3%. L'importation de produits raffinés a progressé de 3.6% (1.33 Mt) malgré un marché national où la consommation de carburants a reculé de 1.2% après trois années de stabilité. Ce sont 53 tankers qui auront fait escale à Sète en 2012, contre 46 l'année précédente, avec  une moyenne de 4 navires chaque mois.  

Le trafic de biodiesel-diester a, quant à lui,  atteint 226.000 tonnes, conséquence directe de l’augmentation des importations de graines par le groupe Saipol, leader français de la trituration des graines oléagineuses, qui bénéficie de la mise en service des nouvelles installations portuaires dont le quai J.

Les autres produits liquides en vrac totalisent  149.224 tonnes. Il s’agit de la mélasse, des acides, du vin ou bien encore des huiles.

 

 

Les vracs solides et agro-alimentaires en hausse

 

 

Globalement, les vracs solides, qui représentent 32% du trafic total de Sète (1.13 Mt), présentent pour 2012 une hausse de 2%.  Elle s’explique en partie  par une croissance de deux trafics traditionnels : le coke de pétrole qui atteint un tonnage de 113.000 tonnes  liée  à la décision du groupe Lafarge de s’approvisionner à Sète ; et les engrais manufacturés qui progressent de 29%, passant de 182.000 à 235.000 tonnes grâce notamment à l’augmentation significative des importations d’urée.

 

Côté vracs agro-alimentaires, les imports et exports de tourteaux, trafic majeur du segment des vracs solides (19% du trafic total pour 660.000 tonnes), ont reculé de 10.5%. Cette baisse s’explique essentiellement par le recul des importations de tourteaux de soja, un produit impacté par la crise que traverse la filière de l’alimentation animale qui aura subit tout au long de l’année 2012 la forte volatilité du cours des matières premières.

 

Le trafic de céréales connaît en revanche un fort dynamisme depuis le mois de juillet, date du début de la campagne céréalière, avec un trafic enregistré de 51.000 tonnes pour 13 escales, qui profite pleinement au trafic fluvial avec une augmentation sensible du nombre de péniches descendant de la vallée du Rhône. Le port de Sète souligne le retour des exportations de maïs après 6 ans d’absence, un trafic qui devraient se consolider en 2013.

 

Les  importations des graines oléagineuses ont, pour leur part, gagné en volume avec un tonnage enregistré de 281.000 tonnes (+14.7%) profitant des capacités de stockage du nouveau silo. On notera, pour la première fois, la réception en 2012 d’un navire de type panamax chargé de graines oléagineuses en provenance d’Australie.

 

 

Le port de Sète (© PORT DE SETE)

Le port de Sète (© PORT DE SETE)

 

 

Les marchandises diverses chutent malgré le bond des fruits et légumes

 

 

En 2012, les marchandises diverses ont représenté un tonnage de 581.447 tonnes (soit 16.5% du trafic total), ce qui constitue une baisse de 20% par rapport à 2011. Cette diminution est consécutive au départ de ligne Antilles MedCar de Marfret et CMA CGM, à la chute des importations de grumes, ou encore à la baisse des exportations des animaux vivants. On notera toutefois, dans le domaine du conteneur, que Sète a traité en 2012 quelques 15.000 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur), dont 5000 pour ZIM et 4000 pour COSCO. Un chiffre à mettre en rapport avec le trafic de 2008, où le port languedocien ne traitait que 500 boites dans l'année.

 

De leur côté, les fruits et légumes se sont très bien portés, avec une très forte progression, +70%, permettant à ce trafic de passer de 68.000 tonnes en 2011 à 115.000 l’an dernier. Cet essor est néanmoins demeuré insuffisant pour assurer l’équilibre du terminal, à la recherche de nouvelles provenances. Il faut noter la mise en service du bâtiment PIF PEC financé par l’Etablissement Portuaire Régional, permettant le contrôle vétérinaire et phytosanitaire pour l’import des fruits et légumes.

Concernant le roulier, alors que les immatriculations de voitures neuves sont tombées à leur plus bas niveau depuis 17 ans au sein de l'Union européenne, les importations par Sète totalisent 48.000 véhicules et les exportations vers l’Algérie et Israël 24.647 unités. Le trafic bénéficie du démarrage des importations des véhicules Renault provenant de la nouvelle usine de Melloussa, proche de Tanger Med.

Sète confirme, par ailleurs, sa position de premier port européen d'exportations d'animaux (ovins et bovins) avec 200.000  têtes  exportées contre  234.183  en  2011, qui avait été une année exceptionnelle.  

Concernant les passagers, à la suite de la saisie des navires des compagnies Comarit et Comanav la ligne Sete-Tanger-Nador est restée fermée pendant 5 longs mois. La reprise de la ligne fin mai par Grandi Navi Veloci a enregistré un beau succès : 128.000 passagers et 55.000 véhicules ayant emprunté la voie maritime.

Pour les croisières, le nombre d’escales s’est limité à 20, à la suite de l’annulation de 5 visites de navires à cause du mauvais temps. Pour 2013, les perspectives sont meilleures, avec 32 escales de paquebots attendues.