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L’US Navy ne remplacera pas ses sous-marins lance-missiles de croisière

Bien que plus épargnés que d’autres par les coupes sombres dans le budget de la défense, les marins américains doivent quand même se serrer la ceinture et faire certains choix. Ainsi, le remplacement des quatre sous-marins nucléaires lance-missiles de croisière (SSGN) de l’US Navy n’est plus à l’ordre du jour. Faute de moyens financiers suffisants, la priorité est donnée au programme de renouvellement des 14 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SSBN) actuellement en service et dont le désarmement est prévu entre 2027 et 2040.

 

 

SSGN (© : US NAVY)

 

 

Anciens bâtiments stratégiques reconvertis

 

 

Anciens SSBN convertis en SSGN, l’USS Ohio, l’USS Michigan, l’USS Florida et l’USS Georgia ont été respectivement admis au service actif en 1981, 1982, 1983 et 1984. Leur conversion a vu le débarquement de leurs 24 tubes pour missiles balistiques Trident et leur remplacement par 22 modules de lancement pour 154 Tomahawk, ainsi que deux modules de stockage de matériel pour commandos. Car ces sous-marins, en plus d’être de formidables plateformes de tir de missiles de croisière, servent également de support aux opérations spéciales, avec une capacité d’embarquement de 66 commandos et la possibilité de fixer à la coque, derrière le massif, des shelters amovibles abritant des engins sous-marins. Les travaux de transformation, qui ont duré entre deux et trois ans pour chaque bâtiment, ont vu la remise en service des quatre sous-marins en 2006 et 2007. Longs de 170.7 mètres pour un déplacement de 18.700 tonnes en plongée, les SSGN devraient être conservés jusqu’à ce que les éléments combustibles de leur cœur nucléaire soit épuisé, soit entre 2026 et 2029 maximum.

 

 

Plongeurs près de l'USS Michigan (© : US NAVY)

 

 

Renforcer les capacités des futurs Virginia

 

 

Pour la suite, l’US Navy projette, à défaut d’un successeur à ces bâtiments, d’augmenter la capacité d’emport en missiles de croisière des sous-marins nucléaires d’attaque (SSN) de la classe Virginia (114.9 mètres, 7800 tonnes en plongée), dont 9 sont en service et 30 prévus. Il est, ainsi, imaginé d’allonger ces SSN avec une section supplémentaire de 27 mètres où seraient notamment logés 28 Tomahawk, s’ajoutant aux 12 missiles en cellules du design actuel (avec aussi la possibilité de tirer des Tomahawk via les tubes lance-torpilles, la capacité d’emport  étant là de 28 armes).

La marine américaine souhaite, en tous cas, conserver des sous-marins capables de s’approcher d’une côte en toute discrétion et disposant d’une force de frappe considérable contre des cibles terrestres. L’emploi dès le début de l’intervention internationale en Libye, en 2011, de l’USS Florida (qui a lancé à lui seul plus de 90 Tomahawk), a démontré l’intérêt de disposer de tels outils afin de réduire significativement les défenses adverses dans les premières heures d’un conflit.

 

 

Sous-marin du type Virginia (© : US NAVY)