Maersk Tankers France : Plan de départs volontaires pour 58 navigants

Dossier(s) : A.P. Møller - Mærsk

Le comité d’entreprise extraordinaire de Maersk Tankers France, qui s’est tenu hier, a été informé par la direction de Maersk Tankers, à Copenhague, d’un projet de mise en place d’un plan de départs volontaires pour 58 navigants. « La mise en œuvre d’un Plan de Départs Volontaires est envisagée en raison du marché très défavorable auquel doivent faire face Maersk Tankers et Maersk Tankers France, comme la plupart des entreprises du secteur du transport pétrolier, qui se caractérise par un niveau faible d’activité et une surcapacité les conduisant à subir des pertes importantes. En outre, Maersk Tankers France se trouve confronté à la disparition progressive des régimes fiscaux qui ont permis, par le passé, de compenser en partie, sur un marché mondial et très concurrentiel, les coûts supplémentaires liés à l’emploi de personnel soumis à la règlementation française », explique l’armement.

Pour mémoire, Maersk Tankers France est l’héritière de Broström France. Filiale de l’armement danois Maersk Tankers, lui-même faisant partie du groupe A.P. Moller Maersk, la compagnie arme actuellement une flotte de sept navires sous pavillon français : six chimiquiers - les Maersk Claire et Clarissa (45.000 tonnes de port en lourd), les Maersk Etienne, Elliot, Ellen et Edward (37.000 tpl) - et un transport de pétrole brut, le Maersk Sandra (320.000 tpl), affrété à temps par Total. 
 
Le climat négatif dure depuis déjà plusieurs mois chez Maersk Tankers France. Il y a un an, trois chimiquiers de la flotte avaient déjà été dépavillonnés. Sur le marché très déprécié du transport de produits pétroliers, la concurrence internationale a provoqué l’effondrement des taux de fret et la crise du raffinage. Dans ces conditions, il est  difficile de résister pour la flotte française, au sein d’un groupe international. D’autant que les « raisons » de rester sous pavillon RIF (Registre International Français) s’étiolent, avec la fin des GIE fiscaux de la série des « E » construits en 2004 et 2005. Et que la loi de 1992, qui « réserve » une partie du trafic pétrolier vers la France au pavillon national ne s’applique pas encore aux produits raffinés.  
 
L’armement annonce qu’aucun licenciement ne sera contraint et que les candidats à undépart volontaire vont pouvoir se déclarer pendant une période de 6 mois.  Une telle réduction d’effectifs pourrait ramener la flotte à cinq navires sous pavillon français.