Marseille : Un feu de navire simulé sur le Kalliste

Dossier(s) : Marins-pompiers
Lundi dernier, le bataillon de marins-pompiers de Marseille a organisé, en partenariat avec La Méridionale, le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) et le service du lamanage, un exercice majeur de lutte contre l'incendie à bord du Kalliste. Ce type d'exercice répond à la nécessité de maintien des acquis et de l'expérience « feux de navires de commerce à quai » (MAE FDN) des marins-pompiers. Il s'agit, par ailleurs, de mettre en oeuvre la chaîne de commandement de niveau « chef de site » et d'élaborer un retour d'expérience permettant d'affiner les techniques opérationnelles spécifiques pour ce type d'intervention. En complément de ces objectifs, l'exercice a intégré différentes problématiques : prise en compte de la primo intervention du bord et des moyens embarqués disponibles ; confinement du sinistre, identification et protections des points sensibles ; dimensionnement adapté des moyens consacrés à l'attaque ; élaboration d'un scénario de ventilation opérationnelle et de désenfumage ; intégration des problématiques de stabilité du flotteur et de protection de l'environnement ; organisation d'un point de rassemblement des moyens (PRM) utilisant judicieusement les ressources disponibles ; et prise en compte des relèves de personnel.


(© : BMPM)


(© : BMPM)

L'équipage ne maîtrise pas le feu, il y a un blessé et deux disparus

Le scénario avait donc été élaboré en conséquence avec le commandant du Kalliste : Le navire est à quai poste 70 dans les bassins Est du port de Marseille. Les opérations commerciales de déchargement sont terminées quand un incendie se déclare dans un local technique. L'équipage tente une action sur le foyer avec les moyens du bord, mais sans réelle efficacité. Face à cette situation, le navire alerte la capitainerie du grand port maritime qui prévient le Centre Opérationnel des Services de Secours et d'Incendie de Marseille (COSSIM). Le centre opérationnel du BMPM engage la réponse opérationnelle prévue pour ce type de sinistre. A l'arrivée des marins-pompiers, le bord signale un blessé et deux disparus parmi l'équipage.
Le local « hydraulique et climatisation » délimite la zone impliquée directement par l'incendie. Il se situe sous le pont principal (hangar), sous la ligne de flottaison. Depuis ce pont, un accès direct par une rampe permet d'atteindre une calette qui entoure trois côtés du local sinistré. A l'arrière se trouve le compartiment machine. Le compartiment des groupes électrogènes représente un point sensible car son intégrité permet de maintenir l'autonomie électrique (absence d'alimentation électrique par le quai) et le bon fonctionnement des installations concourant à la sauvegarde du navire (système de sécurité incendie, éclairage, désenfumage, épuisement...)


Schéma simplifié de la zone d'intervention à bord du KALLISTE (tribord à quai)


(© : BMPM)


(© : BMPM)


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(© : BMPM)

Une centaine de pompiers appuyés par des moyens terrestres et nautiques

La réponse opérationnelle s'articule autour d'un départ normal « FDN » et un échelon de renfort ; le tout armé par 80 marins-pompiers. Le départ normal comprend un bateau-pompe, un groupe incendie (2 FI, 1 EPA, 1 VSAV et 1 VRCG ), un groupe LIFF (1 VMOGP , 1 DAGP et 1 VRCG) complété d'une structure de commandement de niveau chef de colonne (1 PCC et 1 VRCC ).
L'échelon de renfort est constitué d'un groupe urbain (2 FI et 1 VRCG), d'un groupe SAP (2 VSAV, 1 AR, 1 VMS et 1 VRCG), de moyens de soutien (1 VAR et 1 VSE ), d'un moyen de sécurité du plan d'eau (CSL ) et d'une structure de commandement de niveau chef de site (1 PCS et 1 VRCS). Six chefs de colonne et un chef de groupe sont envoyés sur place pour prendre les fonctions du PC de site et du PRM.
Pour compléter ce dispositif conséquent, 20 marins-pompiers supplémentaires sont demandés aux groupements opérationnels pour servir de porteur ARI dans le cadre des relèves. Enfin, le risque de pollution du plan d'eau par les eaux d'extinction est pris en compte à travers l'engagement de la section opérationnelle dépollution du BMPM. Ce chantier lourd nécessite la pose de 250 mètres de barrage et met en oeuvre trois berces et 22 marins-pompiers dont deux chefs de chantier. Le service du lamanage apporte son concours avec deux moyens nautiques. Le « chantier » intègre également une zone de récupération, une zone de stockage et une zone de décontamination.
L'exercice s'est déroulé en trois heures (voir la fin du reportage photo en fin d'article). Selon le bataillon, il a permis d'atteindre les objectifs fixés et d'identifier des axes de progrès en matière de MAE FDN des intervenants. Il a confirmé la complexité à cheminer dans ce type d'infrastructure aux dangers multiples. En 2012, le BMPM prévoit d'organiser quatre exercices de ce type. L'objectif est ambitieux car les contraintes commerciales des navires marchands rendent particulièrement difficiles la mise à disposition de ceux-ci par les compagnies maritimes. A des fins d'entrainements mutuels, le BMPM passe des partenariats d'échange avec des compagnies.
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Véhicule radio chef de groupe.
2 Groupe « liquide inflammable ».
3 Véhicule mousse grande puissance.
4 Dévidoir automobile grande puissance.
5 Véhicule radio chef de colonne.
6 Véhicule médical de soutien.
7 Véhicule d'assistance respiratoire.
8 Véhicule de soutien aux explorateurs.
9 Canot de sauvetage léger.


(© : BMPM)


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