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MBDA produit son 1000ème missile Aster

Le site MBDA de Selles-Saint-Denis, dans la région Centre, a mené à bien, fin novembre, l’intégration et l’assemblage final du 1000ème Aster réalisé depuis 2006. « Ce jalon majeur dans la production du missile vient confirmer la maturité et le succès de la famille Aster de missiles de défense antiaérienne, qui a été développée à travers un programme de coopération majeur en Europe et piloté par l'Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement pour le compte de la France et de l'Italie », se félicite MBDA, qui rappelle que toutes les capacités de défense antimissile et antiaérienne de l'Aster sont aujourd’hui qualifiées tant pour ses versions navales que terrestres, et que les différents systèmes d’armes sont en service opérationnel.

 

Banc d'assemblage Aster à Selles-Saint-Denis (© : MBDA)

 

Adopté par 7 marines

 

Dans le domaine naval, les missiles Aster sont en service dans les marines française (porte-avions Charles de Gaulle, frégates Horizon), italienne (porte-aéronefs Cavour, frégates Horizon), britannique (destroyers du type 45), saoudienne (frégates F3000/classe Al Riyadh) et singapourienne (frégates Delta/classe Formidable). Ce système d’armes équipera également les nouvelles frégates multi-missions (FREMM) françaises et italiennes, ainsi que la FREMM commandée par le Maroc et le futur bâtiment de débarquement et de soutien logistique algérien. C’est le Charles de Gaulle, mis en service en 2001, qui a été le premier bâtiment à disposer de ce nouveau missile, suivi par les frégates saoudiennes, livrées entre 2002 et 2004. Après la fabrication des missiles d’essais et d’un premier lot de plus de 100 Aster pour le porte-avions français et les trois bâtiments saoudiens, MBDA a débuté une production en continu à partir de 2006, avec d’abord une cadence mensuelle de seulement 5 missiles, passant à 15 unités par mois en 2008. Puis, avec l’augmentation du nombre de clients et de plateformes équipées, la production atteint 20 missiles par mois depuis 2011. C’est ainsi que, depuis 2006, pas moins de 1000 missiles ont été produits, sans compter les munitions précédemment réalisées pour le porte-avions français et les frégates saoudiennes.  

 

Le porte-avions Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

 

Le porte-aéronefs Cavour (© : MARINA MILITARE)

 

Frégates saoudiennes du type F3000 (© : DCNS)

 

Frégate singaourienne de la classe Formidable (© : DCNS)

 

Les frégates franco-italiennes du type Horizon (© : MARINE NATIONALE)

 

FREMM française (© : DCNS

 

FREMM italienne (© : ORIZZONTE SISTEMI NAVALI)

 

Le futur BDSL algérien (© : FINCANTIERI)

 

Entouré pour ce programme de plusieurs grands industriels européens, comme Roxel, Avio, Thales, Selex, Sagem ou encore Simmel, MBDA, afin de maintenir au meilleur niveau la qualité de toutes les technologies ultramodernes utilisées, tout en montant les cadences de production, a élaboré et mis en place un plan d'amélioration de la qualité couvrant l'ensemble de la chaîne industrielle Aster. « Ce plan a été déployé initialement en 2008. Les résultats très positifs sont aujourd’hui démontrés au travers des 22 tirs consécutifs qui ont été exécutés depuis la mise en place de ce plan. En plus de démontrer la robustesse du produit, ces tirs ont prouvé la flexibilité opérationnelle de l'Aster et ses capacités exceptionnelles à intercepter les menaces actuelles, toujours plus difficiles à traiter, telles que les missiles balistiques et les missiles antinavires supersoniques à vol rasant », souligne MBDA. On notera que le seul souci notable rencontré par le programme fut un double échec de tirs en 2009, lié à un problème mineur de capot, qui a été rapidement solutionné, permettant à l’Aster de renouer avec le succès dès le printemps 2010, via des tirs simples et en salve réussis. Il s’est ensuite distingué à plusieurs reprises. Ainsi, en novembre 2011, une cible lancée à grande vitesse a été engagée par la frégate Chevalier Paul à près de 100km et touchée de plein fouet par un Aster. Puis, en avril dernier, un missile tiré depuis le Forbin a neutralisé pour la première fois en Europe un missile supersonique volant au ras des flots et tiré à courte distance, en l’occurrence une cible américaine GQM-163A Coyote.

 

Tir d'Aster depuis le Cavour (© : MARINA MILITARE)

 

Tir d'Aster 30 (© : MBDA)

 

Tueur de missiles

 

Développé en coopération par la France, l’Italie et la Grande-Bretagne, l’Aster, conçu dès l’origine comme un missile antimissile, est, à ce jour, le seul à offrir une parade efficace aux missiles antinavire supersoniques. Présentant une portée d’environ 30 km pour l’Aster 15 et de 100 km pour l’Aster 30, cette arme, dotée d’une grande agilité, peut détruire à l’impact des missiles assaillants très rapides, manœuvrant, à vol rasant et fort piqué final. Son autodirecteur lui permet de traquer sa cible en toute autonomie, offrant au bâtiment qui le met en œuvre la capacité de tirer simultanément plusieurs munitions et, ainsi, de répliquer à une attaque saturante. Alors que l’Aster 15 est plutôt dédié à l’autodéfense des bâtiments porteurs, l’Aster 30, dont sont notamment équipés les Horizon franco-italiennes et T45 britanniques, permettent aux plateformes d’assurer la défense aérienne d’un groupe aéronaval ou amphibie.

 

Tir d'Aster 30 depuis le Forbin (© : MBDA)

 

« Une capacité opérationnelle à la pointe et au meilleur coût »

 

A l’occasion de m’assemblage du 1000ème Aster produit depuis 2006 à Selles-Saint-Denis, Antoine Bouvier, directeur de MBDA, a salué la prouesse que représente ce programme. « Je suis particulièrement fier de la façon dont MBDA a su relever les défis à la fois technologiques et industriels que représentait un programme aussi complexe, qui comporte de multiples variantes de systèmes et une coopération entre trois pays. Nous apportons aujourd'hui à nos clients nationaux et export une capacité opérationnelle à la pointe de ce que propose le marché et au meilleur coût. Nous devons cette réussite au modèle économique mondial et totalement intégré de MBDA, ainsi à la gestion éclairée du programme par l'OCCAr. Le soutien sans faille des gouvernements français et italien, qui nous a aussi été extrêmement précieux, n'est lui non plus pas étranger à la  "success story"  qu’est devenu l'Aster aujourd’hui ».

 

 

La DAMB en ligne de mire

 

Alors que MBDA compte bien étoffer son portefeuille de clients à l’export, notamment dans le secteur naval, le groupe propose également une solution européenne basée sur l’Aster dans le cadre des réflexions sur le développement d’une défense anti-missile balistique. Un sujet très sensible pour lequel l’idée est d’offrir une alternative au bouclier américain, tout en préservant et en développant des compétences stratégiques. Alors que l’Aster Block1, qui existe en version terrestre, peut neutraliser des missiles balistiques de 600 km de portée à une altitude d’interception aux environs de 10 km, le développement d’un nouveau missile, l’Aster Block2, permettrait une interception entre 20 et 60 km d’altitude, assurant une défense contre des missiles d’une portée allant jusqu’à 3000 km. Un tel outil permettrait à l’Europe et ses alliés de se prémunir contre l’essentiel des menaces, 93% des engins balistiques existant aujourd’hui ayant une allonge inférieure à 1000 km. En plus de systèmes terrestres, cette DAMB européenne pourrait, de plus, être déployée en mer, par exemple depuis des frégates ou destroyers de types Horizon ou T45, disposant déjà de l’Aster mais aussi des indispensables moyens de détection à longue portée et de poursuite, qu’il suffirait d’optimiser pour une telle application.

 

Tir d'Aster depuis une frégate singapourienne (© : MBDA)

 

Tir d'Aster depuis une frégate singapourienne (© : MBDA)

 

 

 

 

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