Missiles navals : Tour d'horizon

Dossier(s) : MBDA
Le marché des grandes plateformes navales entre dans une importante phase de renouvellement. Il s'agit, notamment, d'assurer la succession des navires dont la conception date de la fin de la guerre froide. Depuis, le contexte stratégique a bien évidemment évolué, comme les menaces mais aussi les budgets alloués aux armements, notamment au niveau des missiles. « La tendance sur le marché export est de s'orienter vers des plateformes plus polyvalentes, ce qui a des conséquences sur les besoins en systèmes d'armes. Il y a des constantes, comme la défense aérienne et la lutte antinavire, mais aussi une demande croissante de capacités d'action vers la terre, les marines souhaitant pouvoir apporter un soutien sur le littoral », explique un spécialiste du marché des missiles. Le combat en haute mer semblant, ces dernières années, faire partie d'un passé révolu, la stratégie est, aujourd'hui, plus axée sur le combat littoral, d'où une évolution des systèmes d'armes. « Il a fallu adapter les systèmes pour prendre en compte les nouvelles menaces, et notamment les attaques saturantes en eaux côtières. Le développement de la technologie permet, aujourd'hui, d'utiliser des missiles autoguidés, qui ne constituent plus, d'ailleurs, que les seuls équipements vendus dans le domaine sol-air ».


Système RAM (© : US NAVY)

Surface-air : Inéluctable évolution vers le guidage autonome

Dans le domaine naval, le seul missile à courte portée non autoguidé reste l'ESSM (Evolved Sea Sparrow Missile), de l'Américain Raytheon, dont la portée atteint 19 kilomètres. Une évolution de cet engin, avec un autodirecteur actif est néanmoins en cours de préparation. En la matière, Raytheon dispose déjà du système RAM (Rolling Airframe Missile - portée de 10 kilomètres), qui équipe nombre de marines et constitue le principal concurrent du Mistral de MBDA (monté sur Sadral, Tetral ou Simbad et d'une portée de 6 km).


Mistral tiré depuis un lanceur Sadral (© : MARINE NATIONALE) Le missilier européen propose également, aujourd'hui, une version navalisée, à tir vertical, du missile air-air Mica, le Mica VL, dont la portée est de 15 à 20 kilomètres (notamment vendus pour équiper trois nouveaux patrouilleurs construits par VT Surface Fleet pour Oman et doit équiper les trois corvettes du type SIGMA commandées par le Maroc). Le Sud-africain Denel Aerospace Systems a développé, quant à lui, l'Umkhonto, un missile d'une portée de 12 km installé à raison de 32 unités tirés par cellules de lancement vertical sur les quatre frégates de la classe Valour (Meko A 200). Ce système a rencontré son premier succès à l'export en Finlande.

De manière générale, tous les missiles surface-air suivent l'évolution inéluctable du sol-air, y compris sur les missiles à moyenne portée, dont beaucoup sont aujourd'hui dotés d'un guidage autonome. C'est le cas par exemple de l'IRIS-T de l'Allemand Diehl BGT Defence (portée de 12 à 25 km suivant les versions), qui semble promis à un bel avenir, ou de l'Israélien Spyder.
Toutefois, dans le domaine naval, on n'a pas enregistré, de « gros entrants ». « Raytheon domine avec le RAM et l'ESSM. Il y a ensuite les produits de MBDA. L'Umkhonto n'a pas encore rencontré de grand succès mais on peut imaginer que les Israéliens reviennent dans la course. S'ils sont en retrait depuis le système Barak, qui est aujourd'hui ancien, ils pourraient revenir à la faveur d'une coopération, par exemple avec l'Inde ».


Tir d'Aster sur une frégate singapourienne (© : MBDA)


Tir d'Aster sur une frégate singapourienne (© : MBDA)

Aster vs SM-2 MR

Sur le marché des missiles surface-air à longue portée, les deux produits les plus innovants et répandus sont les SM-2 MR de Raytheon et les Aster de MBDA. Ces derniers sont conçus pour contrer la menace des missiles antinavire de dernière génération, à vol rasant, très manoeuvrants, rapides (Mach 2.5) ou à fort piqué final. Ces missiles à deux étages avec autodirecteur actif, capables de détruire une cible à l'impact, affichent une portée de 30 kilomètres (Aster 15) et 120 kilomètres (Aster 30). Mis en oeuvre pour la première fois sur le porte-avions Charles de Gaulle (32 Aster 15), entré en service en 2001, l'Aster a été retenu par les marines françaises et italiennes pour équiper les quatre frégates Horizon (32 Aster 30 et 16 Aster 15) ainsi que les futures frégates multi-missions (FREMM). En Italie, l'Aster 15 est également embarqué sur le nouveau porte-aéronefs Cavour. Dans le cadre du développement tripartite du Principal Anti Air Missile System (PAAMS), la Grande-Bretagne a retenu la même dotation que les Horizon franco-italiennes pour ses destroyers du type 45. Enfin, l'Aster a pour le moment été vendu à Singapour pour les six frégates du programme Delta (32 Aster par bâtiment) et à l'Arabie Saoudite (Sawari II). Le Maroc, qui a commandé une FREMM à DCNS, devrait également l'adopter, de même que la Grèce si la marine hellénique opte également pour la FREMM française dans le cadre du renouvellement de ses frégates. On notera que les Aster sont tirés depuis des lanceurs Sylver, conçus et produits par DCNS sur son site de Ruelle (Charente).


Tir de SM-2 MR depuis un croiseur américain (© : US NAVY)

Plus ancien, le SM-2 MR a été développé à partir de 1970 (Block I) dans le cadre de la mise en oeuvre de l'Aegis, système intégré de défense aérienne mis en oeuvre pour la première fois sur les croiseurs américains du type Ticonderoga. D'abord tiré depuis des rampes doubles, le SM-2 MR a évolué vers une version à lancement vertical, mise en oeuvre pour la première fois dans l'US Navy à bord de l'USS Bunker Hill (tirés depuis des lanceurs VLS Mk41). D'une portée supérieure à 100 km et équipée d'un système additionnel de guidage infrarouge, la version Block III B est depuis 1998 en service dans la marine américaine, sur les Ticonderoga et les destroyers du type Arleigh Burke. La version Block IV, pouvant dans une certaine mesure présenter une capacité antimissile balistique, est aujourd'hui opérationnelle (portée de 180 kilomètres). Des sociétés européennes, comme Thales Nederland (Pays-Bas), l'Allemand Ramsys et l'Espagnol Indra sont d'ailleurs associées à la production du SM-2 MR BlockIII, qui équipe les grosses frégates des marines de ces pays. Le missile américain a également été vendu à l'Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Japon et Taïwan.


Tir de SM3 (© : US NAVY)

Missile anti-missile balistique : un monopole pour le moment américain

A la demande du Pentagone, dans le cadre de la constitution du bouclier anti-missile voulu par le gouvernement américain, Raytheon a développé un nouvel engin : Le SM-3, qui a connu plusieurs tirs d'expérimentation réussis, depuis 2002, dans le Pacifique. En novembre 2007, l'USS Lake Erie (CG 70) a, notamment, été chargé d'intercepter deux missiles tirés depuis Hawaii. Le système Aegis Ballistic Missile Defense (BMD) du croiseur a rapidement détecté et poursuivi les deux cibles, tout en développant des solutions de tir pour les intercepter. Deux missiles SM-3 Block IA Interceptor ont été lancés du croiseur, détruisant à l'impact deux minutes plus tard les cibles dans l'atmosphère terrestre, à 400 kilomètres au nord-ouest d'Hawaii.


Tir de SM3 (© : MBDA)
En dehors de l'US Navy, plusieurs pays ont manifesté leur intérêt pour le SM-3. Des essais ont notamment été réalisés avec les marines nippone et néerlandaise. Les Pays-Bas prévoient de doter leurs frégates du type LCF de ce missile à partir de 2009. L'Allemagne pourrait également les mettre en oeuvre sur les trois Sachsen (type 124). Le Japon en dotera d'ici 2010 ses destroyers lance-missiles du type Atago.
Face au SM-3, aucun système européen n'existe pour le moment. MBDA espère convaincre les gouvernements européens d'investir dans le développement d'une version anti-missile balistique de l'Aster, mais le développement d'un tel système reste ambitieux et le lobbying américain sur certains pays européens est très puissant.


Rafale dote de deux Scalp EG (© : DASSAULT AVIATION)

Missile de croisière : les Européens entrent dans la « cour des grands »

C'est au cours de la guerre du Golfe, en 1991, que le missile Tomahawk a fait sa percée médiatique et capacitaire. Bien que la précision avancée à l'époque ne fût pas toujours au rendez-vous, l'avènement du missile de croisière dans ce conflit a marqué un tournant. Jusqu'ici, seuls les Américains, et toujours Raytheon, mettaient en oeuvre une telle capacité de frappe dans la profondeur. Lancé depuis bâtiments de surface et sous-marins, le Tomahawk mesure 6.25 mètres pour une masse de 1.5 tonnes, dont 454 kilos de charge militaire. Lancé verticalement depuis croiseurs et destroyers de la Navy, les dernières versions du missile de croisière peuvent atteindre 1300 à 1700 kilomètres selon le constructeur américain. Doté d'une centrale de navigation inertielle avec recalage régulier par repérage topographique, le Tomahawk vole entre 15 et 100 mètres d'altitude avant d'atteindre sa cible.


Tomahawk tires par des bâtiments américains (© : US NAVY) Une version, mise en oeuvre depuis sous-marin, est chassée des tubes lance-torpilles ou cellules de lancement dans une capsule jusqu'à la surface. Un accélérateur à poudre se déclenche alors, avant que le turboréacteur ne prenne le relai à une certaine altitude, et que les ailes du missile se déploient. En dehors de l'US Navy, seule la marine britannique, depuis ses sous-marins nucléaires d'attaque (SNA), met en oeuvre le Tomahawk. Durant la guerre en Irak, au printemps 2003, les deux marines ont tiré plus de 800 engins de ce type. L'Espagne aurait également reçu le feu vert de Washington pour acquérir ce missile, mais aucune commande n'est encore intervenue.


Un Tomahawk tire depuis sous-marin (© : MBDA) Pour la France, il faudra attendre 2013 pour voir - enfin - la Marine nationale disposer d'un missile de croisière au départ d'un bâtiment de surface. Développé par MBDA, le Scalp Naval est la version navalisée du Scalp EG, tiré depuis avion de combat. Prévu pour être embarqué à raison de 16 exemplaires par FREMM, le Scalp Naval mesure 6.5 mètres de long pour une masse de 1400 kilos. Sa portée dépasse 1000 kilomètres et il sera tiré depuis des lanceurs verticaux Sylver A70. Equipé d'un système de navigation et d'un autodirecteur infrarouge, le Scalp Naval affichera une précision de l'ordre du mètre. Il pourra également être tiré depuis les tubes lance-torpilles des nouveaux SNA du type Barracuda à partir de 2017 (livraison du SNA Suffren). En tout, quelques 200 missiles doivent être acquis par la France. Plus encore que sur une frégate, le couple SNA/missile de croisière constitue un véritable outil de puissance et de dissuasion. Equipé de ce type d'engin, les sous-marins constituent, en effet, une grave menace pour tout pays hostile, grâce à leur capacité de frapper n'importe où et à n'importe quel moment, le SNA étant beaucoup plus difficile à détecter qu'un navire de surface, forcément moins discret.


Les FREMM embarqueront 16 Scalp Naval (© : MBDA) A l'inverse, les frégates, plus visibles, peuvent constituer une menace plus claire et visible. Ces deux composantes, complémentaires, offre donc une plus grande flexibilité au pouvoir politique. Outil stratégique, le missile de croisière constitue, évidemment, un marché forcément plus restreint que celui des autres missiles (hors balistique bien sûr). « C'est un marché qui s'ouvre. Pour la première fois il y a une concurrence et le Scalp Naval est bien placé. Mais ce marché émergent devrait rester assez confidentiel et, pour les quelques pays susceptibles de l'acquérir, cela se fera à partir de plateformes vendues par DCNS. Celles-ci doivent donc être conçues, dès l'origine, pour recevoir ce type d'armement et ses lanceurs », note un spécialiste. La première commande à l'export de Scalp Naval pourrait concerner la Grèce, si cette dernière opte pour l'achat de FREMM. La marine italienne a, également, exprimé un éventuel besoin de ce type de missile. Toutefois, aucune décision n'a encore été prise et les Américains semblent mener un fort lobbying pour placer leur Tomahawk en Italie.


Missile Harpoon (© : BOEING)

Antinavire : Une concurrence de plus en plus sévère

C'est dans le domaine de la lutte antinavire que la concurrence internationale se diversifie le plus. Et, malgré les nombreux renouvellements de navires, le marché est moins porteur qu'il n'y semble. « Le marché est assez saturé, malgré les renouvellements, qui n'entrainent pas forcément une démarche d'ajustement des stocks de munitions. On observe, plutôt, une diminution des stocks et un maintien des produits existants », note-t-on chez MBDA. Avec son célèbre Exocet, qui équipe aujourd'hui 35 pays, le missilier européen tient la dragée haute à l'Américain Boeing et son Harpoon.


Exocet MM40 (© : MBDA)

MBDA dispose en outre, dans son catalogue, du missile Otomat (version export du Teseo de la marine italienne), utilisé par 7 marines et vendu à 1000 exemplaires. Ce missile, dont la dernière version est l'Otomat Mk2 Block IV, est le seul à disposer d'une capacité de ré-information en vol. Les autres missiles sont du type « Fire and Forget ».


Missile Otomat (© : MBDA)

Malgré le succès de leurs produits respectifs, MBDA et Boeing, qui concentraient encore récemment 70% du marché mondial, voient leurs parts de marché se réduire. De nouveaux compétiteurs font, en effet, une entrée très remarqué sur ce segment. Au premier rang des nouveaux entrants ont trouve le Suédois Saab et son RBS-15. Long de 4.35 mètres (150 kilos de charge militaire), ce missile atteint 90 km (Mk1/2). Le RBS-15 existe en version air-mer, embarquable notamment sur l'avion de combat Grippen.


RBS-15 sur Grippen (© : SAAB)

Le standard Mk3 (portée 200 km) est en fin de développement. Le RBS-15 a déjà remporté de beaux succès commerciaux. Outre la marine suédoise, ce missile a été adopté par la Croatie, la Finlande, la Pologne et même l'Allemagne, qui en a doté ses nouvelles corvettes du type 130.


RBS-15 sur Grippen (© : SAAB) Toujours en Scandinavie, le Norvégien Kongsberg a, pour sa part, lancé le Naval Strike Missile (NSM), qui vient d'entrer en phase de production pour équiper les nouvelles frégates du type Fridjof Nansen et les patrouilleurs à effet de surface du type Skjold. Long de 3 mètres pour un poids de 400 kilos (dont 140 de charge militaire), ce missile antinavire affiche une portée annoncée de 200 kilomètres. Conçu pour la lutte littorale, il dispose d'un autodirecteur infrarouge, contrairement aux autres missiles antinavires, dotés d'un autodirecteur électromagnétique.


Patrouilleur Skjold (© : DR)

Les grands du secteur suivent également de près le développement des évolutions du missile chinois C 802, sorte de copie de l'Exocet et du Harpoon vendu à des prix semble-t-il très attractifs. Long de 6.4 mètres pour un poids de 715 kilos (dont 165 kilos de charge militaire), le C 802 est donné pour une portée de 120 kilomètres.


Tir d'un missile chinois C 802 (© : MARINE CHINOISE)

Autre nouveau concurrent, le BrahMos, développé par l'Inde et la Russie. Dérivé du SS-N-26, ce gros missile supersonique de 8.9 mètres de long et 3 tonnes (dont 250 kilos de charge militaire) atteindrait 290 kilomètres. Mis en oeuvre sur certains grands bâtiments de surface indiens et depuis des batteries côtières, le BrahMos existe désormais en version air-mer, tirée depuis des avions May.


Missiles BrahMos (© : B. HARRY / ACIG.ORG)

Pour Boeing et MBDA, la concurrence, on le voit, devient donc sérieuse alors que le marché continue de stagner. « La concurrence est de plus en plus importante et la pression de plus en plus forte. Le prix devient un élément de décision beaucoup plus important que par le passé. On constate aussi une surenchère sur les performances, ne serait-ce qu'au niveau de la portée, qui ne fait qu'augmenter », explique-t-on chez MBDA. Chez le missilier européen, on fait néanmoins remarquer qu'au-delà de l'horizon, un missile antinavire nécessite un relai (avion ou hélicoptère). Or, une telle mise en oeuvre est relativement complexe et demande un important savoir-faire. « A 200 kilomètres de portée, il n'y a pas beaucoup de marines qui sont capables d'utiliser ces missiles. La mise en oeuvre nécessite une désignation d'objectif par un tiers et une véritable coordination. Ce n'est pas une compétence que tout le monde maîtrise ».


Double tir de missiles antinavire sur une frigate indienne (© : MARINE INDIENNE)

Le « missile de croisière du pauvre »

La surenchère entre constructeurs se mesure à l'augmentation croissante de la portée des missiles, mais aussi dans l'intégration de certains équipements, comme le GPS, qui donne aux engins une capacité de frappe contre des objectifs terrestres. De là à faire passer des missiles antinavire pour des missiles de croisière, il n'y a qu'un pas que certains n'hésitent pas à franchir pour vendre leurs produits. C'est ce qu'on appelle, chez certains spécialistes, le « missile de croisière du pauvre ». En clair, les marines n'ayant pas les moyens, ou ne pouvant accéder à de véritables missiles de croisière, peuvent adopter ces engins pour disposer d'une certaine capacité contre cibles côtières. « Cela reste toutefois une capacité limitée car ces missiles n'ont pas d'autodirecteur mais simplement un GPS. La précision est donc relative et la profondeur de pénétration est limitée. De plus, les charges de ces missiles sont optimisées pour la lutte antinavire », rappelle-t-on chez MBDA. Disposant d'une portée beaucoup plus importante, les missiles de croisière ne sont pas conçus pour percer une coque et exploser à l'intérieur d'un bâtiment, mais bien de pénétrer des cibles terrestres durcies, comme des bunkers, ou bien enfouies sous terre. La grande force de ces engins est leur impressionnante précision. Pour cela, la mise en oeuvre des missiles de croisière réclame une importante préparation de renseignement. Le terrain visé, doit, en effet, être préalablement reconnu, soit par moyens aériens, soit par satellites. Des informations précises sont donc fournies à l'autodirecteur à imagerie du missile, avant son départ. Lors du vol, l'autodirecteur travaille par comparaison entre ce qu'il « voit », et ce qui a été mémorisé avant le tir. De cette manière, il reconnaît la cible et se dirige droit vers le point d'impact. Autant dire qu'entre un missile de croisière et un missile antinavire doté d'un GPS, il n'y a pas photo...