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MSC, la compagnie qui monte en Europe

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La compagnie italienne souhaite acquérir deux paquebots géants de 1650 cabines. MSC, en plein essor, a signé une lettre d'intention avec les Chantiers de l'Atlantique.

Le 19 mars, l’assemblage du MSC Musica a officiellement commencé à Saint-Nazaire par la traditionnelle cérémonie des pièces. Deux pièces d’or et d’argent soudées dans les fonds du paquebot et destinées à le prémunir de la mauvaise fortune. Avec un total de 1300 cabines, Musica doit être livré par les Chantiers de l’Atlantique en 2006 et son frère jumeaux, l’année suivante. Ces deux navires doivent permettre à la compagnie italienne de rivaliser avec les derniers nés de Costa, les Fortuna et Magica. En parallèle, un nouveau projet se profile à l’horizon. Il s’agit cette fois d’une nouvelle série de deux paquebots de 335 mètres de long et 130 000 tonnes, capable de transporter 4000 personnes. Un contrat de 800 millions d’euros qu’Alstom, sauf grosse surprise, devrait remporter, la lettre d'intention ayant été signée ces derniers jours. En terme de cabines, il s’agirait, pour l’entreprise, des plus gros paquebots jamais construits à Saint Nazaire (à titre d’exemple, le Queen mary 2 ne possède que 1300 cabines).

Doubler le nombre de croisiéristes Français en 2005

Crée en 1997, MSC connaît un essor exceptionnel. L’amateur napolitain, qui ne possédait que 3 bateaux en 2001, a inauguré, en février dernier, son 7ème navire. Le Sinfonia n’est autre que l’ancien European Star, construit lui aussi par Alstom (en 2002) et racheté d’occasion avec son frère, l’Armonia (ex-European Vision) après la faillite de Festival croisière. Une belle opération qui a permis à MSC de posséder très rapidement deux nouvelles unités pour un prix très avantageux. Le Sinfonia n’aurait en effet coûté que 150 millions d’euros, deux fois moins qu’un bateau neuf. Surfant sur l’explosion du marché de la croisière, MSC espère enfin percer dans l’hexagone. La compagnie table sur 30 000 passagers cette année, soit deux fois plus qu’en 2004. Le marché français est pourtant difficile à conquérir. Si la Grande-Bretagne compte un million de croisiéristes et l’Allemagne plus de 400 000, la France, traîne des pieds, en cinquième position dans le palmarès européen. Aujourd’hui, seuls 220 000 Français passent leurs vacances sur un paquebot : « Il faut faire évoluer les mentalités, briser les mythes sur la croisière et inciter les agents de voyage à mieux vendre ce produit. Selon nous, les clients sont là, ils attendent simplement qu’on leur présente les navires et les destinations », précise Antonio Donsanti, président d’MSC France. Pour inciter ces clients potentiels, la compagnie multiplie les croisières à thème et propose des embarquements à Saint-Tropez et Nice, tout en doublant les voyages au départ de Marseille où une gare maritime a été installée.

MSC a-t-elle les moyens de conquérir le marché Européen ?

Concernant les perspectives d’évolution d’MSC, son pdg, Pierfrancesco Vago, est très clair : « Notre cible est l’Europe avec des bateaux plus sobres que les Américains. Un service à bord soigné dans un cadre de haute qualité. Nous sommes sur un développement qui a besoin d’un nouveau paquebot par an pour conquérir 50% du marché européen ». Pour cela, la flotte doit donc grossir et atteindre 11 unités en 2008. Selon Antonio Donsanti: « Il y a aujourd’hui un vide en Europe alors que le marché de la croisière est en pleine expansion. Nous pensons avoir 280 000 passagers cette année et nos perspectives pour 2008 sont de l’ordre de 700 000 personnes ».

L’objectif, clairement affiché, est donc de rejoindre le grand concurrent, Costa, d’ici trois ans, puis, de le distancer. Selon un spécialiste du secteur : « MSC en a les moyens. La maison mère est le deuxième transporteur mondial de conteneurs, un empire de 290 navires qui pèse près de 5 milliards de dollars de chiffre d’affaire. C’est un groupe familial sans actionnaire doté d’une grande marge de manœuvre financière et qui peut investir à volonté ».
En Méditerranée, la bataille s’annonce donc féroce, d’autant que Costa n’a évidemment pas l’intention de se laisser détrôner. La compagnie américano-italienne, détenue par le tout puissant groupe Carnival, fait d’ores et déjà construire chez Fincantieri deux gros paquebots de 112 000 tonnes. Répliques des Carnival Conquest, les Costa Concordia seront en service d’ici 2008 et leur taille sera comparable à celle des deux navires qu’MSC s’apprête à commander. A cette date, le deux flottes devraient compter chacune 11 paquebots mais d’autres commandes devraient intervenir d’ici là. Chez MSC, en tous cas, on espère en coulisse, aligner 15 navires à l’horizon 2010.

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