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Nouveau paquebot France : Les derniers développements

Des spécifications techniques et un calendrier qui évoluent, la désignation d’un architecte de renommée internationale pour la décoration intérieure, une quête aux investisseurs qui débute… Le projet de nouveau paquebot France poursuit sa route.

Le bureau d’architecture Tillberg Design International, basé à Miami, a rejoint l’aventure afin d’assurer la coordination de la décoration du navire. Un accord a été conclu entre Didier Spade, qui porte le projet Nouveau France, et Tomas Tillberg, qui a développé le cabinet d’architecture et de design que son père Robert, grand précurseur dans l’industrie de la croisière, a créé en Suède il y a plus d’un demi-siècle. « Cette  agence est devenue l’une des plus renommées dans l’aménagement de paquebots. Tomas Tillberg a œuvré sur de nombreux navires tels que le Queen Mary 2, le Crystal Serenity, le Celebrity Eclipse, les Regent, le Paul Gauguin, the World... Il a su s’entourer d’associés dont la carrière a été remarquée au sein de grandes compagnies en qualité d’architectes concepteurs, Carlos Reyes et Nedgé Louis-Jacques notamment. Robert Tillberg, amoureux de la France et de sa culture, a vécu dans notre pays ses dernières années, où il vient de décédé à l’âge de 93 ans, non sans avoir porté son regard approbateur sur ce qui s’annonce être un navire différent, bouleversant les standards actuels de la croisière », assure Didier Spade.

 

 

Didier Spade (au milieu, en haut), avec l'équipe de Tillberg Design International à Miami

 

 

L’entrepreneur parisien estime que Tillberg Design International, grand spécialiste de l’aménagement de paquebots, est le meilleur choix possible pour établir le cahier des charges et coordonner le travail des designers intervenant dans la conception des espaces du futur France (comme Jean-Michel Wilmotte, Mathieu Lehanneur, Patrick Jouin et Sanjit Manku). On notera, de plus, que Didier Spade a également noué un partenariat avec Thibault Tincelin du cabinet d’architecture nantais Stirling Design International pour l’optimisation des plans.

 

 

Dernière vue du navire (© : LE NOUVEAU FRANCE)

 

 

La capacité portée à 698 passagers

 

 

Les travaux réalisés par les nouveaux architectes ont abouti à une évolution significative de l’organisation des espaces intérieurs du navire, dont les premières études techniques ont été menées par les ingénieurs des chantiers STX France de Saint-Nazaire. Les projections liées à la rentabilité du projet ont, en effet, démontré qu’il était préférable d’augmenter la capacité. Celle-ci avait déjà été accrue, passant de 450 passagers en 2009 à 600 début 2012, avant d'atteindre le chiffre de 698 il y a quelques mois. Long de 255 mètres pour une largeur de 32 mètres et une jauge de 64.000 GT, le nouveau France pourra, finalement, accueillir 796 passagers. Afin d’augmenter le nombre de suites, les ponts ont été réaménagés. Les plans initiaux présentaient en effet un ratio entre les espaces publics et le nombre de passagers trop important, avec d'ailleurs le risque d’obtenir un navire dont certaines parties seraient désertes. De la place a donc été récupérée sur certains locaux et les espaces publics, qui étaient auparavant répartis sur les ponts 4 et 8, avec des cabines entre les deux, ont été regroupés aux ponts 4 et 5. Cette réorganisation a permis d’intégrer des suites supplémentaires, sans pour autant réduire leur surface (qui est toujours de 36 à 190 m²), mais en faisant en sorte que toutes disposent désormais d’un balcon pouvant atteindre 30 m². « Cette augmentation de capacité permet d’optimiser la rentabilité du navire mais c’est un seuil que je ne souhaite pas franchir afin de rester sur le segment du grand luxe et proposer la meilleure qualité de service », souligne Didier Spade. En parallèle, un certain nombre d’autres modifications ont été opérées. Ainsi, les embarcations, qui se trouvaient dans les superstructures au design rappelant les cheminées de l’ancien paquebot France, ont été déplacées au pont 5. L’ancienne configuration présentait en effet la contrainte d’imposer le passage des embarcations, lors de leur mise en œuvre, juste devant les balcons de certaines suites, ce qui n’était évidemment pas l’idéal.
 

 

Le nouveau France fin 2012  (© : LE NOUVEAU FRANCE)

 
 

« Nous avons atteint le stade de la maturité »

 

 

Aujourd’hui, Didier Spade estime que le design est abouti. « Nous avons atteint le stade de la maturité, je n’envisage pas, désormais, de le modifier. Les dernières évolutions ont permis au navire de gagner en simplicité, en fonctionnalité et en facilité de construction, tout en améliorant sensiblement son compte d’exploitation prévisionnel, dont la réalisation a été confiée au service Finance de V-Ships, partenaire historique du projet et validé par un panel d’experts internationaux ». L’accroissement de la rentabilité du navire est, d’ailleurs, un facteur très important pour convaincre les futurs investisseurs appelés à financer la construction.  Pour cela, Didier Spade doit réunir quelques 400 millions d’euros, ce qui ne l’effraie pas, même dans le contexte économique actuel : « La phase de recherche de financement a débuté ces jours-ci,  la documentation financière et juridique ayant fait l’objet de nombreuses validations et étant aujourd’hui aboutie. Il peut paraître difficile de lever 400 millions d’euros par les temps qui courent, mais les fondamentaux de l’exploitation du nouveau France sont solides, ce navire possède de très nombreux atouts, et j’ai constitué une équipe d’exploitation recrutée parmi les meilleurs du secteur. Avec force et détermination, je mènerai ce projet à son terme ».

 

 

Système de portage pour financer la construction

 

 

Didier Spade souhaite toujours mettre en place un système de portage qui verrait de grands investisseurs (fonds souverain ou grandes fortunes) financer la construction du navire. Ils seraient alors propriétaires de quasi-intégralité du nouveau France puis, une fois ce dernier en phase d’achèvement, la cession de tout ou partie de leurs parts serait possible à l’occasion d’un premier tour de table. Une autre occasion interviendrait à la livraison du bateau, moment où il est prévu de lancer une offre publique initiale. Dans cette perspective, Didier Spade souhaite toujours convaincre les Français, grands investisseurs comme simples citoyens, de devenir actionnaires du France et, ainsi, être propriétaires de ce qu’il conçoit depuis le début comme un nouvel emblème du savoir-faire, de la culture et des arts nationaux.

 

 

Livraison du navire en 2017

 

 

Enfin, concernant le calendrier, les dates ont logiquement évolué. La commande, initialement prévue cette année, est désormais envisagée en 2014. Quant à la mise en service du nouveau France, elle interviendrait finalement en 2017 au lieu de 2015. Un délai supplémentaire qui laisse le temps de bien préparer le financement et, sur le plan technique, de peaufiner les détails. Si tout va bien, le futur paquebot naviguera donc dans quatre ans. Il sera alors temps d’entrevoir la suite, à laquelle Didier Spade pense déjà. Un idée nommée Paris, nom que prendrait un second navire…

 

 

Le nouveau France fin 2012  (© : LE NOUVEAU FRANCE)

 

Nouveau paquebot France