Quand les chinois braquent leur conduite de tir sur les Japonais

Dossier(s) : Chine, Asie du sud-est

Chez les militaires, cela équivaut au mieux à un avertissement musclé, ou plutôt à ce qu’il est convenu de considérer comme une agression. Le 30 janvier, en mer de Chine, une unité de la marine chinoise a, selon le gouvernement japonais, éclairé un bâtiment nippon avec son radar de conduite de tir. Pour mémoire, ce type d’équipement sert au guidage des armes (artillerie, missiles) sur un objectif.  Et, bien évidemment, lorsqu'un bâtiment est ciblé de cette manière, l'équipage peut être tenté de réagir pour anticiper une attaque. Heureusement, les marins japonais ont su garder leur sang froid.

Alors que Tokyo a formulé une protestation officielle auprès de Pékin, cet incident intervient sur fond de tensions accrues, ces derniers mois, concernant les revendications territoriales des deux pays sur certains archipels de la région. Sont notamment disputées les îles Senkaku (appelées Diaoyu par les Chinois), où un bateau de pêche chinois a été intercepté par les garde-côtes japonais le week-end dernier.

Samedi 2 février, lors d'une visite à Okinawa, le premier ministre japonais a affirmé qu'il renforcerait les moyens de défense du pays pour empêcher les incursions dans les eaux nippones et dissuader les prétentions de Etats voisins, promettant une augmentation des moyens alloués au budget de la défense et l'arrivée de renforts au sud-ouest de l'archipel. « Les provocations se poursuivent à l'encontre des terres, eaux et airs appartenant à notre pays, ainsi que vis-à-vis de sa souveraineté (…) Je suis déterminé à rester en première ligne devant vous tous et à affronter la crise qui est là, pour protéger à tout prix la vie de nos populations et des biens ainsi que les terres, l'espace aérien et les eaux territoriales de notre pays », a déclaré Shinzo Abe devant 700 militaires réunis à l'aéroport de Naha.