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Quatrième édition réussie pour la Semaine du Record SNSM

55 voiliers répartis en cinq classes et trois parcours selon les catégories, 270 marins, du suspens, de l'émotion, la fête et beaucoup de plaisir. La 4ème édition du Record SNSM est considérée comme un franc succès par ses organisateurs. Créée pour mettre en lumière l'action des sauveteurs en mer, la course a vu la victoire, dans la catégorie des grands multicoques Orma, de Groupama 2. Frank Cammas a livré un beau duel à Pascal Bidégorry (Banque Populaire IV). Vainqueur de l'édition 2007, le Basque n'est pas parvenu à doubler la mise, précédé de quelques 6 minutes par Groupama 2 sur la ligne d'arrivée à Saint Nazaire. Cammas a terminé son parcours (570 milles) en 2 jours, 1 heure, 58 minutes et 14 secondes.
Dans la catégorie des Imoca, c'est Gitana Eighty qui s'est imposé. Loïck Peyron l'a emporté sur les six autres monocoques de 60 pieds engagés (en 1j 12h09'07''). Pour les multicoques de 50 pieds, Jean-Louis Roucayrol (Port Médoc-Hello Doc) a devancé Xavier Gosselin (Avocet 50) et termine son parcours en 1j17h59'. En Multi 2000 (4 bateaux engagés), Corsair Marine (Aymeric de Chezelles) est arrivé en tête (1j12h18'48). A noter la victoire chez les Class'40 de CG Mer (Wilfrid Clerton) en 1j06h01'20 (*).
L'évènement a, bien entendu, pour but de sensibiliser le grand public à la beauté de la mer, mais aussi à ses dangers. Initialement, la SNSM avait été créée pour porter secours aux professionnels de la mer, à commencer par les pêcheurs. Mais, au fil des années, les interventions ont concerné de plus en plus de plaisanciers.


L'arrivée de Gitana Eighty à Saint-Nazaire (© : PASCAL DESROCHE)

Michel Desjoyeaux : « Pour profiter de la mer, il faut être prudent »

A elle-seule, l'activité des bénévoles de la SNSM résume l'énorme engouement du public pour la côte et les sports nautiques, un engouement qui se traduit par de nombreuses opérations de sauvetage. Ainsi, chaque année, la SNSM porte assistance à 10.000 personnes sur le littoral français, sauvant 700 d'entre-elles d'une mort certaine. Pourtant, un certain nombre d'interventions, pour lesquelles les sauveteurs prennent des risques, pourraient être évitées. En ce début de période estivale, Michel Desjoyeaux, parrain du Record SNSM, rappelle les consignes de prudence : « Pour profiter de la mer, il faut être prudent, prendre la météo avant, avoir des équipements de sécurité en bon état et savoir les utiliser. Il faut savoir ne pas présumer de ses forces et de ses capacités. Je crois qu´il faut avoir du bon sens, ne pas être plus téméraire que courageux. Lorsqu´on ne sait pas faire, ne pas hésiter à demander à quelqu´un pour apprendre en douceur et non dans la difficulté et par soi-même, car cela peut être dangereux. N´oublions pas que nous sommes en mer, c´est un environnement magnifique mais qui peut changer très rapidement. Il faut donc savoir anticiper le plus tôt possible pour profiter de ce grand espace de liberté qui est génial... »


(© : PASCAL DESROCHE)

A l'issue de cette quatrième édition, l'amiral Gazzano, Président de l'association du Record SNSM fait le point final...

D'où vient le concept du Record SNSM ?

« L'origine du Record SNSM vient de Damien Grimont en 2004 qui a proposé à la Société Nationale de Sauvetage en Mer, un concept d'évènement nautique qui comprenait deux épreuves : le Record SNSM proprement dit ouvert toute l'année entre Saint-Nazaire et Saint-Malo, et la Semaine du Record SNSM qui permettait de parler de la sécurité en mer, d'informer le public et de contribuer à multiplier les adhésions. J'ai tout de suite été enthousiaste sur ce projet et nous avons démarré l'année suivante parce que la SNSM possède une grande notoriété et tout le monde trouve que c'est un organisme respectable, efficace, mais elle manquait d'une image plus dynamique, plus moderne, plus sportive, plus proche des plaisanciers hors des interventions... Trop de personnes restent sur la vision des sauveteurs sortant à la rame de l'Aber Wrac'h ! Heureusement, le sauvetage en mer a beaucoup évolué... »

Comment fonctionne la SNSM ?

« Il ne faut pas oublier que les deux tiers des interventions de la SNSM sont consacrés à la plaisance, à voile et au moteur : les plaisanciers devraient être les principaux contributeurs de la SNSM mais en fait, les chiffres montrent qu'ils n'y en a que 40 000 adhérents pour 800 000 plaisanciers, soit un sur vingt ! Il est important d'avoir non seulement des financements, mais aussi être nombreux pour peser sur les décisions concernant la sécurité en mer. On le voit avec la RNLI anglaise où le nombre de membres atteint plus de 200 000 personnes... Surtout que la SNSM n'est pas seulement présente en mer, mais aussi sur les plages l'été puisque plus du tiers des mairies confient la surveillance aux Sauveteurs en Mer : ils sont plus nombreux que les CRS ou les sapeurs-pompiers ! Nous ne sommes pas un service public, mais une association loi 1901, qui a besoin de fonds pour vivre car seul un tiers du budget est assuré par l'Etat, les Régions, les Départements, les Mairies... pour 180 stations permanentes plus une soixantaine supplémentaire en été. Avec trente centres de formations qui ne sont pas tous au bord de la mer pour faire connaître la mer à l'intérieur des terres... »

En mer, il faut se sentir aussi sauveteur ?

« Le sauvetage en mer est l'affaire de tous ! On l'a encore vu récemment lors de la transat anglaise quand Loïck Peyron s'est détourné pour porter assistance à Vincent Riou. Pour la SNSM, toute personne en mer doit avoir aussi une âme de sauveteur ! Cette mission de solidarité en mer est capitale à intégrer dans le monde de la course, de la plaisance, de la pêche, du commerce... La solidarité des gens de mer n'est pas un concept virtuel. C'est pourquoi la Semaine du Record SNSM est enrichissante parce qu'elle mélange des personnes de tout niveau, de tout horizon, de tout milieu, coureurs professionnels et plaisanciers occasionnels, sauveteurs en mer et membres de clubs nautiques... Tout le monde se retrouve sur les pontons de Saint-Nazaire et sur l'eau ! »

Quelle évolution en quatre éditions ?

« Grâce au parrainage de Michel Desjoyeaux, les skippers ont répondu à l'appel et une quinzaine de bateaux étaient présents en 2005, une trentaine en 2006, une quarantaine en 2007 et cinquante-cinq en 2008 ! Les monocoques Imoca sont venus en nombre cette fois et tous les équipages ont indiqué que le Record SNSM n'était pas seulement un rendez-vous convivial mais aussi une manière de mettre au point leur bateau et de se jauger. Pour les trimarans Orma, le duel était un remake de l'année dernière entre Pascal Bidégorry et Franck Cammas avec un résultat inversé... Il y a donc un mixe enrichissant entre l'adhésion et le respect du travail des bénévoles de la SNSM et l'impératif de se confronter sportivement. Ce succès n'est pas seulement sur l'eau mais aussi à terre avec les animations qui ont pris une dimension encore plus pédagogique cette année, ce qui a été facilité par le fait que le départ et l'arrivée se jouaient dans le même port, à Saint-Nazaire. Et pour le public, voir de près les bateaux et les skippers qu'ils n'ont pas beaucoup l'occasion d'approcher, est attrayant. Enfin, nous avons fait naviguer des sauveteurs en mer venus de toute les stations de France (Nord Pas de Calais, Corse, Golfe de Gascogne...) sur des voiliers de course-croisière : c'était une excellente opportunité de faire se rencontrer des bénévoles de toute la France ! »
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(*) Tous les résultats et le classement sur le site du Record SNSM

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