Reportage : A bord du porte-aéronefs italien Giuseppe Garibaldi

Dossier(s) : marine italienne
Le porte-aéronefs italien Giuseppe Garibaldi. crédits : MARINA MILITARE.
Le porte-aéronefs italien Giuseppe Garibaldi
Vidéo de décollage et d'appontage d'avions AV-8 B Harrier II
Mer et Marine a embarqué, en Méditerranée, à bord du Giuseppe Garibaldi, premier porte-aéronefs de la marine italienne, que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui. Construit par les chantiers Fincantieri de Monfalcone, sur la côte adriatique, ce bâtiment a été mis sur cale en mars 1981 et lancé en juin 1983. Après une longue série d'essais, il a été admis au service actif en septembre 1985. Malgré son âge désormais respectable, le Garibaldi est un navire parfaitement entretenu. C'est, d'ailleurs, l'une des principales choses qui nous a frappé lors de notre embarquement. L'entretien est impeccable et le bateau, au design très réussi, est loin de faire ses 24 ans.


Le Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


L'îlot du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


la passerelle du Garibaldi (© : ERIC HOURI)


la passerelle du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


La passerelle du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


La passerelle du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


La passerelle du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Passerelle aviation du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Passerelle aviation du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Passerelle aviation du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Passerelle aviation du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Passerelle aviation du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)

Petit mais solidement armé

Long de 180.2 mètres pour une largeur de 30.4 mètres, le Garibaldi affiche un déplacement de 13.850 tonnes à pleine charge, ce qui en fait le plus petit porte-aéronefs du monde. Dans sa catégorie, il dispose toutefois de l'un des armements les plus riches. Aujourd'hui, le porte-aéronefs dispose de deux systèmes surface-air Albatros (48 missiles au total), trois tourelles doubles de 40mm et deux plateformes triples pour torpilles Ilas 3 (TLT de 324mm). A l'origine, il embarquait même, sur les encorbellements arrière, 4 missiles antinavire Otomat Mk2 (+ 6 missiles en réserve). Ces munitions ont, toutefois, été débarquées lorsque le bâtiment est passé de la catégorie de croiseur porte-hélicoptères à celle de véritable porte-aéronefs.


Système Albatros sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


40 mm, TLT et conduite de tir (© : VINCENT GROIZELEAU)

Bâtiment de commandement

Côté électronique, le Garibaldi est également très bien pourvu. Il dispose d'un radar de veille air lointaine SPS-768, un radar de veille surface SPS-702, un radar de veille tridimensionnel SPS-52 C, un radar de veille combinée SPS-774 et un radar de navigation SPN-749. Le bâtiment compte en outre trois radars de poursuite SPG-74 pour la conduite de tir des 40mm et trois radars SPG-75 pour les systèmes Albatros. Le porte-aéronefs compte aussi un sonar de coque DMS 2000. Côté contre-mesures, la dotation est importante, avec un brouilleur (Nettuno), un bruiteur remorqué Nixie, deux lance-leurres SCLAR et un système de lutte anti-torpille (SLAT).


Conduites de tir, radar SPS-768 et brouilleur (© : VINCENT GROIZELEAU)


En noir, le radar SPS-52 C (© : VINCENT GROIZELEAU)


Le CO du Garibaldi (© : ERIC HOURI)


Le CO du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Le CO du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Le CO du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Doté d'un système de combat SADOC 2 et des liaisons tactiques 11 et 16, le navire s'intègre parfaitement dans une force navale interalliées et interarmées. L'ensemble est géré depuis un impressionnant Central Opérations, où une grosse trentaine de marins suivent la situation tactique en temps réel sur de nombreux écrans. Ainsi, les informations recueillies par les senseurs et gérées par le système de combat permettent de suivre 200 pistes simultanément. Depuis sa dernière grande modernisation, en 2003/2004, le Garibaldi dispose d'installations et d'équipements lui permettant de servir de bâtiment de commandement. Le navire peut, ainsi, embarquer un état-major de 100 hommes, en plus de ses 700 membres d'équipage.


Coursive sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Réfectoire de l'équipage sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


la boulangerie sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)

Du porte-hélicoptères au porte-aéronefs

Dès l'origine, le Garibaldi a été conçu comme un porte-aéronefs mais, initialement, il n'embarquait que des hélicoptères, essentiellement pour la lutte anti-sous-marine. Cela fait, en effet, seulement vingt ans que la Marina militare a été autorisée à disposer d'avions de combat embarqués. En janvier 1989, elle a reçu le feu vert du gouvernement pour commander 16 avions à décollage court et appontage vertical AV-8 B Harrier II et 2 appareils du type TAV-8 B biplaces pour l'entrainement. Ces derniers ont été livrés en 1991, les 16 autres étant mis en service entre 1994 et 1997. Basés à Tarente-Grottaglie, ces appareils ont subi une seule perte (AV-8 B) depuis qu'ils sont opérationnels.


AV-8 B (© : JEAN-LOUIS VENNE)


AV-8 B (© : JEAN-LOUIS VENNE)


EH-101 (© : JEAN-LOUIS VENNE)


EH-101 (© : JEAN-LOUIS VENNE)


AB-212 (© : VINCENT GROIZELEAU)


AB-212 (© : VINCENT GROIZELEAU)

Au maximum, le parc aérien du Garibaldi peut comprendre 11 avions Harrier II et un hélicoptère. Le plus souvent, la dotation est panachée, avec par exemple uniquement 12 hélicoptères (SH-3 D Sea King, EH-101 Merlin ou Augusta Bell AB-212), lorsque nous étions à bord, 7 avions AV-8 B, 2 hélicoptères lourds EH-101 et un hélicoptère AB-212.
Le groupe aérien embarqué est mis en oeuvre par 200 personnes, dont évidemment les pilotes, et les techniciens chargés de la maintenance.

Installations aéronautiques

En raison de sa petite taille, la coque a été spécialement dessinée pour pouvoir mettre en oeuvre l'aviation par gros temps. S'y ajoutent deux ailerons rétractables afin de stabiliser la plateforme face aux mouvements de roulis. Le Garibaldi dispose d'un pont d'envol continu doté de six spots d'appontage. Il mesure 173.8 mètres et s'achève par une inclinaison de 6.5 degrés.


(© : VINCENT GROIZELEAU)


(© : VINCENT GROIZELEAU)


Harrier II au décollage (© : VINCENT GROIZELEAU)


Harrier II au décollage (© : VINCENT GROIZELEAU)


(© : MARINA MILITARE)

Ce tremplin, long de 28 mètres et plus haut, en bout de piste, de 1.7 mètres par rapport au reste du pont d'envol, facilite le décollage des AV-8 B. Ces appareils sont, en effet, spécialement conçus pour décoller sur une très faible distance. Le tremplin rend plus simple leur mise en oeuvre et permet de gagner sensiblement sur la capacité d'emport des avions. Deux ascenseurs, de forme octogonale, sont disposés à l'avant et à l'arrière de l'îlot. Mesurant 18 mètres de long pour 10 de large, ils desservent un hangar de 110 mètres de long et 15 mètres de large. Cet espace, dont la hauteur de plafond est de 6 mètres, peut accueillir 12 Sea King ou 10 Harrier II.
Les manoeuvres de l'aviation sont gérées depuis une passerelle aviation située à l'arrière de l'îlot. Ce dernier abrite, par ailleurs, la salle d'alerte des pilotes, offrant un accès direct au pont d'envol.


Salle d'alerte sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Salle d'alerte sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Salle d'alerte sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Salle d'alerte sur le Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Pont d'envol du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Pont d'envol du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Pont d'envol du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : JEAN-LOUIS VENNE)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)


Pont d'envol du Garibaldi (© : VINCENT GROIZELEAU)

Le vol des Harrier II

Comme nous l'avons vu, le Garibaldi lance ses avions via un tremplin, système très différent de celui des porte-avions, comme le Charles de Gaulle, où les appareils sont catapultés. La récupération des appareils est, également, très différente. Le Harrier a, en effet, été conçu pour apponter verticalement, à l'image d'un hélicoptère. Lorsqu'il rentre de patrouille l'avion s'approche du porte-aéronefs par l'arrière et vient se stabiliser à sa hauteur, suivant une route parallèle. Puis, lentement, il se déplace latéralement jusqu'à se trouver au dessus du pont d'envol. Une fois cette manoeuvre effectuée, le pilote réduit les gaz, sont appareil se posant verticalement. L'opération est vraiment impressionnante, d'autant que la petite taille du Garibaldi donne l'impression, lorsqu'on observe la scène depuis l'îlot, que l'on peut toucher l'appareil.


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B au décollage (© : JEAN-LOUIS VENNE)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : JEAN-LOUIS VENNE)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B (© : VINCENT GROIZELEAU)

Même chose pour les gros hélicoptères du type EH-101, dont le diamètre du rotor atteint 18.6 mètres. Mieux vaut avoir le compas dan l'oeil ! (à titre de comparaison les LHD américains ont une largeur de 40 à 45 mètres et les Invincible Britanniques de 36 mètres). Pour le décollage, le tremplin est donc d'usage mais les Harrier peuvent, aussi, s'envoler verticalement. Leur turboréacteur Rolls-Royce Pegasus, de près de 10 tonnes de poussée, arrache lentement l'appareil du pont, ce dernier s'écartant du bâtiment avant de débuter son vol horizontal. Le souffle est alors très important et bien visible, faisant immédiatement comprendre pourquoi les bâtiments mettant en oeuvre ces avions doivent disposer d'un revêtement de pont spécifique.


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)

Pour une telle opération, la masse de l'avion est limitée à 9.7 tonnes, contre 13.5 tonnes pour un décollage via le tremplin. L'autonomie de l'appareil est également très faible, le décollage vertical consommant énormément de combustible (près de 25%). Ainsi, le Harrier peut atteindre 2460 nautiques en décollant et atterrissant sur une piste, 300 nautiques en décollage court et appontage vertical, et seulement 100 nautiques s'il décolle et apponte verticalement. Sa vitesse est, par ailleurs, limitée à Mach 1.
En plus de sa furtivité, limitée, l'autonomie est, d'ailleurs, la grande faiblesse de cet avion, qui ne peut guère rivaliser avec des appareils modernes. Dédié principalement aux missions d'assaut contre la terre, le Harrier II dispose d'un canon de 25mm et peut embarquer des bombes, ainsi que de missiles AMRAAM, Sidewinder Maverick.


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)


AV-8 B décollant verticalement (© : VINCENT GROIZELEAU)

Pas d'embarquement de F-35 prévu

La marine italienne prévoit de remplacer, à l'horizon 2020, des Harrier II par des appareils du type F-35 B. Il s'agit de la version à décollage court et appontage vertical du Joint Strike Fighter (JSF), dont doit également se doter l'US Marine Corps et la Royal Navy. En tout, l'Italie prévoit d'acquérir 24 nouveaux avions à partir de 2015. Entré en service cette année, le nouveau porte-aéronefs de la Marina militare, le Cavour, a été spécialement conçu pour embarquer le nouvel avion. Plus grand (244 mètres pour un déplacement de 27.000 tonnes en charge), le navire dispose d'installations aéronautiques adaptées au F-35 B, dont le gabarit est plus important que celui du Harrier II.


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)


Le Cavour (© : MARINA MILITARE)

Les deux ascenseurs du Cavour mesurent, ainsi, 21.6 mètres de long pour 14 mètres de large. Ceux du Garibaldi ne mesurant que 14x10 mètres, l'actuel porte-aéronefs ne pourra, de fait, embarquer des F-35 B, trop gros pour ses ascenseurs. La Marina militare prévoit de remplacer le bâtiment, en 2020, par un porte-hélicoptères d'assaut de 20.000 tonnes. On ne sait toutefois pas si, à l'image du Juan Carlos I espagnol, ce futur navire pourra mettre en oeuvre des avions.


Le Garibaldi, au centre (© : MARINA MILITARE)