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Rouliers des armées : Le résultat de l'appel d'offres attendu le mois prochain

C'est en avril que l'on devrait connaître le résultat de l'appel d'offres lancé en 2009 par le ministère de la Défense en vue de renouveler les moyens maritimes de transport logistique des armées. Deux flottes de navires rouliers sont concernées. D'abord, des unités affrétées à l'année par le ministère afin d'assurer le transport de matériel, notamment en conteneurs, et de véhicules militaires vers les départements d'outre-mer, les bases où les unités françaises sont pré-positionnées, comme en Afrique et aux Emirats arabes, ainsi que les forces déployées dans le cadre des opérations extérieures. S'y ajouteront des navires devant être mis très rapidement à disposition des armées françaises pour répondre à d'éventuels besoins de projection. A la lumière de précédentes interventions, comme la guerre du Golfe en 1991, il est en effet apparu que les moyens maritimes disponibles sur le marché au moment d'une crise peuvent être limités et pas forcément adaptés au matériel des militaires. L'appel d'offres entend donc prévoir la mise à disposition dans des délais très brefs de bateaux répondant à des exigences techniques précises, comme par exemple des rampes à même de supporter des chars lourds Leclerc, d'un poids de 56 tonnes. Ainsi, l'EMA compte disposer, en termes de capacités de roulage, de 2500 mètres linéaires dans un délai d'environ 5 jours, puis 10.000 mètres linéaires supplémentaires dans les deux semaines. Cela représente, suivant leur taille, jusqu'à 5 navires, dont deux affrétés en permanence.


Un Caesar débarquant du MN Eider (© : EMA)


Leclerc embarquant sur un roulier (© : EMA)


Leclerc embarquant sur un roulier (© : EMA)

Plusieurs armateurs sur les rangs

Pour se faire, le ministère de la Défense compte signer un Contrat de Partenariat avec l'Etat (CPE) avec un armateur, qui exploiterait non seulement les navires utilisés à l'année, mais aussi ceux qui pourraient être appelés en renfort pour répondre à un besoin de projection exceptionnel. L'idée est donc, pour la flotte de renfort, que les bateaux soient, en dehors des « périodes militaires », exploités sur des lignes commerciales, ce qui n'est pas forcément évident. Tous les navires, qu'ils soient utilisés en permanence ou non, seront immatriculés au Registre International Français (RIF) avec des équipages civils. Plusieurs armateurs se sont montrés intéressés par ce contrat, d'une durée de 25 ans. La Compagnie Maritime Nantaise, dont les rouliers sont actuellement affrétés par le ministère de la Défense, est très probablement sur les rangs pour conserver ce marché, sur lequel elle déploie actuellement plusieurs navires, comme le MN Eider, le MN Eclipse ou encore le MN Pelican. D'autres noms ont circulé, comme Louis Dreyfus Armateurs, qui exploite une flotte de rouliers pour le compte d'Airbus et des ferries au travers de sa filiale LDLines. Mais on évoque également CMA CGM. Le premier groupe maritime français s'est intéressé très tôt à ce marché, même s'il parait anecdotique pour le numéro 2 mondial du transport maritime conteneurisé. Certains s'en sont d'ailleurs étonnés.


Un CON-RO de Delmas (© : CMA CGM)

Pourquoi CMA CGM s'intéresse-t-il à ce marché ?

Cet intérêt tient à plusieurs raisons. D'abord, il y a le symbole, le président du groupe, Jacques Saadé, accordant personnellement une grande importante au fait de travailler avec l'Etat, notamment à travers l'armée française, qui assure d'ailleurs quand il le faut la protection de ses navires, par exemple contre la piraterie. Ensuite, il y a une logique opérationnelle et économique faisant que le groupe peut répondre aux besoins du ministère de la Défense et plus particulièrement à la problématique de l'exploitation des navires de renfort. L'atout de CMA CGM est, en effet, de disposer d'une gigantesque flotte de 400 navires, surtout des porte-conteneurs, mais aussi des rouliers, et de s'appuyer sur un réseau mondial qui assure sa présence aux quatre coins de la planète. L'armateur a, de plus, lancé un plan de renouvellement des CON-RO (porte-conteneurs rouliers) de sa filiale Delmas. Trois navires ont déjà été commandés et doivent, justement, entrer en service en 2014, l'année où débutera le CPE Navires Rouliers. Compatibles avec les critères fixés par l'EMA, ces unités de 208 mètres de long et 32 mètres de large seront capables d'embarquer 1738 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur), dont 1440 en pontée, et disposeront de 3230 mètres linéaires de garages. CMA CGM pourrait, ainsi, mettre à disposition du ministère de la Défense des navires adaptés aux besoins militaires et pouvant, sans problème, être exploités sur les lignes commerciales du groupe.


Plan des futurs CON-RO de Delmas (© : CMA CGM)

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