Sokalique: de la prison ferme requise contre le commandant de l'Ocean Jasper

Dossier(s) : Accidents, pollutions

Cinq ans de prison ferme contre le capitaine du cargo turc, quatre ans contre son second, et une amende de 300.000 euros contre l'armateur de l'Ocean Jasper : ce sont les peines requises par le procureur, ce jeudi midi à Brest où se déroule depuis mardi le procès du naufrage du Sokalique, en 2007.

"Ce procès, on l’attendait. C’est la mémoire de mon mari qui est en jeu. Ce n’est pas facile, mais on ira jusqu’au bout." Appelée à témoigner ce matin, dès le début de l’audience, Yvette Jobard, la veuve du patron-pêcheur du Sokalique qui a péri noyé dans le naufrage de son bateau le 17 août 2007, ne peut retenir ses larmes... Dans la foulée, Me Le Luyer a plaidé en faveur de quatre des rescapés du Sokalique (*). "Ce sont un peu les oubliés de cette affaire", a-t-il déploré. "Quand un Monstre marin, comme l’Ocean Jasper, vient percuter un petit bateau de pêche", a-t-il ajouté, "on ne peut pas penser qu’il n’y aura pas de dégâts. L’équipage de l’Ocean Jasper aurait donc dû porter secours. C’est une violation grave de la solidarité entre les marins".  L’avocat dénonce également le délit de fuite et rappelle que "14 bateaux ont coulé dans des conditions similaires ces dix dernières années". Pour Me Le Luyer, "ce procès, c’est aussi celui de l’impunité de ce genre de cargos, tous ces navires qui se croient sur une autoroute et qui considèrent ces coquilles de noix, que sont ces bateaux de pêche, comme des intrus. Me Le Luyer a réclamé, au titre de préjudice moral, 15.000 € pour chacun de ses cinq clients.
 
L'audience s'est poursuivie avec les plaidoieries de Me Collard et de Me Picard, les avocats d’Yvette Jobard et de ses trois filles. Me Picard a réclamé 50.000 € pour la veuve du patron-pêcheur et 30.000 € pour chacune des trois filles. Le procureur a ensuite présenté son réquisitoire : il a requis 5 ans de prison ferme contre le capitaine, quatre pour son second, 300.000 euros d'amende pour l'armateur turc. Et, pour le capitaine et son second, l'interdiction de conduire des navires de commerce de plus de 500 tonneaux.
 
Le tribunal a mis le jugement en délibéré au 22 janvier.