Défense

Actualité

Un AASM à guidage laser détruit une cible mobile terrestre

Mis en œuvre par les avions de combat Rafale de la Marine nationale et de l’armée de l’Air, l’Armement Air-Sol Modulaire (AASM) a réalisé avec succès, le 12 décembre, son dernier tir de qualification dans sa version de guidage terminal laser. Réalisé au centre DGA Essais de Missiles de Biscarosse, ce test a vu le tir de l’AASM par un Rafale de série mis en œuvre par la Direction Générale de l’Armement (DGA Essais en Vol) depuis la base aérienne de Cazaux. L’objectif était de qualifier dans un environnement représentatif d’une situation de combat la chaîne complète de tir laser, l’illumination étant réalisée par l’avion tireur lui-même.

La cible, en l’occurrence un véhicule 4x4 télé-opéré, était éclairée durant les dernières secondes de vol de l’AASM par un pod de désignation d’objectif Damoclès, embarqué par l’avion tireur. Evoluant à vitesse variable, le véhicule était au moment de l’impact à plus de 15 km de distance du Rafale, et présentait une vitesse de 50 km/h. La cible a, de plus, été engagée avec un fort dépointage (90°) pour une frappe en incidence oblique.

Grâce à ses algorithmes de détection et d’asservissement de la trajectoire sur la tache laser et à sa manœuvrabilité, l’AASM a percuté la cible avec une précision inférieure au mètre.

Cette version GPS/inertiel/laser de l’AASM enrichit cette gamme d’armement, qui comprend déjà deux versions qualifiées sur Rafale (GPS/inertiel et GPS/inertiel/infrarouge). Elle se distingue par l’intégration d’un autodirecteur laser en lieu et place de l’imageur infrarouge et par des algorithmes de poursuite activés en phase terminale.

 

Rafale et AASM (© : SAGEM - PHILIPPE WODKA-GALLIEN)

 

Développé et produit par Sagem, l’AASM, également appelé SBU-54 Hammer dans la désignation OTAN,  est conçu pour engager des cibles mobiles terrestres ou maritimes rapides et manoeuvrantes, avec une précision métrique (impact démontré lors d’un tir d’essais en avril 2011 sur une cible fictive évoluant à 80 km/h). Cette munition peut, notamment, servir à des frappes d’opportunité, comme l’a démontrée l’intervention en Lybie. Ainsi, au cours de l’opération Harmattan, les Rafale de l’armée de l’Air et de l’aéronautique navale, mis en œuvre depuis des bases terrestres et le porte-avions Charles de Gaulle, ont tiré 225 AASM (en versions GPS/INS et GPS/INS/IR).

Pour mémoire, l’AASM, constitué de kits de guidage et de kits d’augmentation de portée, s’adapte sur des corps de bombe de 250 kg, Sagem comptant, à terme, pouvoir l’intégrer sur des munitions de 125, 500 et 1000 kg.  Dans sa version laser, l’AASM a été commandé à 680 exemplaires par la France.

Sagem Aéronavale