Une campagne de fouilles sous-marines exceptionnelle au large de Toulon

Dossier(s) : Marine nationale

 C’est une opération unique de fouilles sous-marines qui a débuté hier, au large de Toulon, sur un ancien vaisseau de la flotte de Louis XIV, qui sombra face au cap de Carqueiranne en novembre 1664. La Lune, dont la disparition fut cachée par les autorités au moment du drame, a été découverte en 1993. Mais, jusqu’ici, aucune exploration n’avait été menée sur l’épave, qui repose par 90 mètres de profondeur. Disposant désormais des moyens techniques appropriés, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) du ministère de la Culture se lance donc dans une grande opération à la découverte de La Lune, pilotée par son directeur, Michel L’Hour, qui a présenté l’opération vendredi dernier en compagnie de l’amiral Tainguy, préfet maritime de la Méditerranée.

 

 

<span><em><em><span>Michel L'Hour, au centre, et l'amiral Tainguy à droite (© : MER ET MARINE - JLVENNE)</span></em><span> </span></em></span>

Michel L'Hour, au centre, et l'amiral Tainguy à droite (© : MER ET MARINE - JLVENNE)

 

 

Le DRASSM, qui collabore sur cette opération avec la Marine nationale, la Comex et Dassault Systèmes, met en œuvre son tout nouveau navire de recherche, l’André Malraux, entré en service l’an dernier. Il travaillera avec le bâtiment de soutien Jason et la cellule de plongée humaine et d’intervention sous la mer (CEPHISMER) de la Marine nationale, ainsi que le Minibex de la Comex. D’importants moyens sous-marins seront engagés, avec la participation de robots télé-opérés et de scaphandriers.

 

 

L’opération, qui va durer deux semaines pour cette première campagne, qui sera suivie d'autres d'ici 2014, est présentée comme une première mondiale. Véritable laboratoire pour les archéologues sous-marins, elle fera l’objet de nouvelles procédures de recherche et d’analyse sur un site rarissime puisque normalement préservé du pillage. Les archéologues, qui espèrent trouver un « Pompéi sous-marin », savent que cette campagne est non seulement exceptionnelle, mais aussi historique, avec des trouvailles potentielles d’une grande valeur. C’est pourquoi trois siècles et demi après le naufrage, toutes les précautions seront prises autour de l’épave de La Lune, qui est aussi une gigantesque sépulture sous-marine. Lorsqu’il a sombré, le trois-mâts, qui revenait d’une expédition sur les côtes d’Afrique du nord, avait un millier d’hommes à son bord.