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Une femme amiral à la tête des forces armées en Polynésie

 

Nommée contre-amiral cet été, Anne Cullerre a pris le 3 septembre les fonctions de commandant supérieur des Forces Armées en Polynésie Française (FAPF), succédant au contre-amiral Jérôme Régnier. Si la Marine nationale a déjà eu dans ses rangs une femme amiral, en l’occurrence Chantal Desbordes (nommée en 2001 et ayant exercé ses fonctions à la direction du personnel militaire de la marine), Anne Cullerre est le premier officier général féminin de la flotte française à être issu des opérations. Bénéficiant de la féminisation des armées et de l’intégration des femmes dans les équipages de la marine, au cours des années 90, Anne Cullerre, entrée dans la marine au début des années 80, a navigué de nombreuses années et occupé différentes responsabilités, dont le commandement de plusieurs bâtiments.

Sa nomination en tant que contre-amiral est évidemment un beau symbole car, si officiellement la question de la présence des femmes dans les armées n’en est plus une depuis longtemps, le commandement militaire reste encore essentiellement, comme un certain nombre de pans de la société française, presqu’exclusivement masculin. Pour mémoire, la Marine nationale compte dans ses rangs un peu plus de 10% de femmes, qui peuvent embarquer sur bâtiments de surface. Les sous-marins conservent pour le moment des équipages entièrement masculins, une situation qui devrait évoluer avec la mise en service, à partir de 2017, des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda, conçus pour avoir un équipage féminisé.

 

Le CA Cullerre (© : MARINE NATIONALE)
 

 

Une structure réorganisée

Quant au contre-amiral Cullerre, elle prend la tête d’une structure qui a profondément évolué avec la restructuration des FAPF dans le cadre de la réorganisation des forces de souveraineté et la création de la base de défense de Polynésie française avec son groupement de soutien associé. Ceux-ci ont été créés le 1er janvier 2011 alors que le régiment d’infanterie de Marine du Pacifique-Polynésie (RIMa-PP) et la base aérienne (BA) 190 ont été dissous en juillet, laissant place, le mois dernier,  au détachement terre Polynésie (DTP/RIMaP-P) et au détachement air (DETAIR). Dans le domaine de l’action de l’Etat en mer en Polynésie, le Centre maritime commun (CMC), piloté par le commandant de la zone maritime de Polynésie pour le compte du haut-commissariat, a été crée. Selon l’Etat-major des Armées, « cela a considérablement amélioré la coordination interministérielle des moyens aéronautiques utilisés pour le sauvetage en mer et la surveillance de la zone économique exclusive (ZEE) ».  

Ces transformations ont été menées à bien par le CA Régnier, dont les deux années passées comme COMSUP FAPF ont également été, comme le rappelle l’EMA, jalonnées d’actes significatif dans le domaine opérationnel : « Dans le cadre des missions définies par leur contrat opérationnel, les FAPF ont participé activement à des exercices multinationaux et à plusieurs rencontres internationales. Ceci a conforté la position de la France comme partenaire essentiel à la coopération régionale et comme contributeur de premier plan au maintien de la sécurité en zone Pacifique ».

 

Le CA Régnier (© : MARINE NATIONALE)

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