Nautisme

Actualité

Vendée Globe : Javier Sanso sauvé, Jean-Pierre Dick et Alex Thomson à bon port

Ces derniers jours ont été riches en émotions pour les concurrents encore en course dans le Vendée Globe.  Javier Sanso  (Acciona) sauvé après son chavirage  dans la soirée de dimanche et deux arrivées, celle d’ Alex Thomson sur Hugo Boss, troisième au classement, dans la matinée du mercredi 30 dernier,  et celle de Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3), dans l’après-midi d’hier.

 
 
Arrivée d'Alex Thomson (VENDEE GLOBE)
 
 
Jean- Pierre Dick à son arrivée (VENDEE GLOBE)
 
 
 
 
L'incroyable récit du chavirage et du sauvetage de Javier Sanso
 
 
 
« Tout est allé très vite », a expliqué hier l'infortuné Javier Sanso. « Aux alentours de midi, je naviguais au près dans 20 nœuds de vent de nord-est et je venais tout juste d’envoyer un message à la direction de course, leur indiquant ma position et leur faisant savoir que tout se déroulait parfaitement avec les systèmes d’énergie. D’un coup, alors que j’étais sur le pont afin de prendre un ris, j’ai entendu un grand bruit et le bateau a gîté brusquement. Je suis tombé à l’eau avant d’avoir le temps de réagir. J’ai pu voir Acciona continuer à basculer rapidement jusqu’à chavirer complètement. J’ai pu nager jusqu’au tableau arrière et activer mon canot de sauvetage, dans lequel je suis monté. J’y suis resté tout l’après-midi et une bonne partie de la nuit. J’ai profité du soleil pour sécher un peu mes vêtements. Je n’ai pas pu m’amarrer au bateau car la mer était très formée et m’en suis donc rapidement éloigné. A 18h, j’ai aperçu l’avion de Sauvetage Maritime à qui j’ai fait des signes avec une fusée de détresse. La vue de l’avion m’a particulièrement rassuré car j’ai su alors que tout fonctionnait comme il le fallait, que ma situation d’urgence était sous contrôle. Vers 23h55, j’ai de nouveau entendu un bruit de moteur et j’ai vu un hélicoptère en train de manœuvrer au-dessus de la zone où se trouvait le bateau, à environ 2 milles de l’endroit où je me trouvais. La nuit était très noire et pendant une seconde, j’ai eu peur qu’il ne me repère pas. Après avoir allumé ma dernière fusée, l’hélicoptère s’est dirigé vers moi et un sauveteur a plongé pour me donner un harnais qui leur a permis de me hisser jusqu’à eux. Une fois à bord, un médecin m’a examiné et vérifié que j’allais bien. Je suis maintenant dans la base aérienne de Lajes, sur l’île de Terceira, dont je remercie les occupants pour leur hospitalité. Mais je tiens tout particulièrement à souligner les attentions et la bienveillance des équipes de secours portugaises, tout comme le traitement auquel j’ai droit ici à la base. Désormais, après un repos indispensable, il s’agit de préparer avec mon team l’opération de récupération du bateau. Ainsi, nous pourrons étudier avec exactitude ce qu’il s’est réellement passé... »
 
 
 
 
 
Le choix cornélien de Jean-Pierre Dick
 
 
 
Pour sa 3e participation (6e en 2005, abandon en 2008), le skipper de Virbac-Paprec 3, signe son meilleur résultat dans le Vendée Globe. Jean-Pierre Dick a également écrit  l'une des plus belles histoires de ce 7e Vendée Globe. Le 21 janvier à 23h45 (HF) alors qu’il naviguait en 3e position à environ 500 milles dans le nord-ouest des îles du Cap Vert, Virbac-Paprec 3 perdait sa quille (voile et bulbe). Jean-Pierre Dick aura donc parcouru 2 650 milles sans cet appendice indispensable pour maintenir l’équilibre du bateau (un record), un périple sur le fil du rasoir, via une escale de 72 heures, au mouillage, dans le port de San Ciprian, sur les côtes galiciennes (arrêt le 31 janvier à 5h30 et re-départ le 3 février à 8h20). « Je ressens de la fierté d’avoir mené mon bateau à bon port, a expliqué le skipper sitôt la ligne d'arrivée franchie. La course a pris une tournure différente pour moi quand j’ai perdu ma quille et quand j’ai cassé mon étai. Ce n’était pas facile de rester au contact avec la tête, ils allaient vite. Je me suis résolu à ma troisième place puis il y a eu ce coup de sort. Après je me suis reconcentré sur le fait d’arriver, ça a été un beau travail intellectuel. C’était un choix cornélien mais aujourd’hui on peut dire que j’ai pris la bonne décision. Chavirer ne tient à rien et finalement l’espoir de terminer revient, ça a été un peu rock’n’roll. Il faut garder la foi pour continuer la course. S’arrêter trois jours sans perdre de place est assez extraordinaire. Ce n’est pas possible dans beaucoup de régates ».
 
 
 
Réalisé à partir des articles du Telegramme