Science et Environnement

Actualité

Vendée Globe: La traque des icebergs s'affine en Bretagne

Les portes de sécurité du Vendée Globe, censées protéger les skippers des icebergs, s'appuient sur l'analyse de Collecte Localisation Satellites (CLS), une société basée à Plouzané, dans le Finistère. Les données recueillies puis analysées par les spécialistes de CLS, dans le cadre du Vendée Globe, ont permis de déterminer des zones à risque et surtout des endroits où les icebergs dérivent en grande quantité. En appliquant une marge à ces zones identifiées par CLS, l'organisation de la course a finalisé la hauteur et la position des portes, afin de minimiser le risque de collision. Les bateaux évoluent actuellement autour du 40e Sud. «A cette période de l'année (de décembre à février), il n'est pas rare de croiser des icebergs jusqu'à 45 degrés sud et probablement des petits morceaux, un peu plus au nord», explique Jean Tournadre, du laboratoire d'océanographie spatiale d'Ifremer, à Plouzané.

 
Environ 200 images à analyser 
 
Mais comment s'y prennent les techniciens de CLS pour déterminer les zones à risque? «Nous procédons en trois niveaux d'analyse», résume Vincent Trébaol, responsable du site CLS, à Plouzané. «Un premier balayage à l'aide de satellites altimétriques permet de détecter lesgrandes variations du niveau de la mer. Ensuite, sur des zones plus serrées, des images satellites radars permettent d'affiner les zones d'évolution des icebergs, jusqu'à une précision demorceaux d'une centaine de mètres de long. Mais ce n'est pas le tout d'identifier les zones à risque. Encore faut-il réussir à observer et à prévoir les dérives de ces champs de glaces». Évidemment, le travail de CLS se complique avec une douzaine de concurrents du Vendée Globe éloignés de plus de 2.000km, décalés en position et dans le temps. Pendant deux mois, autour de 200 images seront analysées au fur et à mesure de l'avancée des concurrents. 
 
Variations annuelles
 
Avec le réchauffement climatique, ces icebergs sont-ils de plus en nombreux? Évoluent-ils deplus en plus au nord de l'Antarctique? «La situation n'est pas aussi simple qu'en Arctique, où la glace fond en grande quantité au Groenland, indique Jean Tournadre. En Antarctique, les données recueillies sont loin de rendre une analyse aussi limpide, avec de grandes variabilités d'une année sur l'autre. On sait que les glaciers périphériques se détachent et fondent durant l'été austral mais que la glace se reconstitue également en grande quantité sur l'immensité du continent. Au final, difficile de savoir si les icebergs sont toujours plus nombreux et de plus en plus au nord, ces morceaux de glace ne résistant de toute façon pas bien longtemps à leur dérive dans les courants plus chauds». Une certitude toutefois: avec de telles variations annuelles, CLS, qui fournit également aux navigateurs du Vendée Globe les balises de positionnement embarquées, a encore du pain sur la planche.