Vers une nouvelle frégate anglo-australienne ?

Dossier(s) : Royal Navy Marine australienne

La Grande-Bretagne et l’Australie ont signé le 18 janvier de nouveaux accords de Défense au travers desquels les deux pays envisagent, notamment, de fusionner leurs futurs programmes de frégates. Il s’agit de tenter de faire converger le design du Type 26, actuellement à l’étude afin de concevoir un successeur aux 13 frégates du Type 23 de la Royal Navy, et les besoins de la Royal Australian Navy dans le cadre d’un programme de remplacement de ses 4 frégates du type O.H. Perry (FFG 7), mises en service entre 1983 et 1993.

Ces deux projets présentent l’avantage d’avoir un calendrier similaire, avec une mise en service des nouveaux bâtiments à partir de la fin de la décennie. Au-delà des relations historiques des deux pays au sein du Comonwealth, ils peuvent de plus s’appuyer sur un industriel commun, BAE Systems. Le groupe britannique est en effet en charge des études sur les Type 26 et, via sa filiale australienne, s’est imposé comme le constructeur de référence pour les grandes unités de combat de la RAN.

 

 

Frégate australienne du type FFG 7 (ROYAL AUSTRALIAN NAVY)

Frégate australienne du type FFG 7 (ROYAL AUSTRALIAN NAVY)

 

 

D’où l’idée, pour Londres et Canberra, d’explorer la piste d’une coopération afin d’envisager un design commun, qui permettrait notamment de mutualiser les coûts de développement et de bénéficier d'un effet de série plus important.  « Le design T26 de la Royal Navy pourrait être la première de nombreuses opportunités d’une future collaboration. A une période où les questions budgétaires font pression sur tous les gouvernements, cela a du sens de maximiser des économies d’échelle avec nos amis (austaliens) afin d’obtenir de part et d’autre le meilleur rapport qualité/prix », a déclaré Philip Hammond, secrétaire à la Défense britannique, à l’occasion de la signature à Perth, avec le secrétaire australien aux Affaires étrangères, Stephen Smith, des nouveaux accords de défense.

 

 

Vue de la future frégate britannique du type 26 (BAE SYSTEMS)

Vue de la future frégate britannique du type 26 (BAE SYSTEMS)

 

 

Un bâtiment de 5400 tonnes lourdement armé

 

 

Pour mémoire, le programme des T26, également appelé GCS (Global Combat Ship), porte actuellement sur une frégate de 148 mètres de long, 19 mètres de large et 5400 tonnes de déplacement en charge. Capable de dépasser la vitesse de 28 nœuds et de franchir 7000 milles à 15 nœuds, la future frégate britannique est conçue pour disposer d’une autonomie très importante, soit 60 jours sans ravitaillement. Armée par 118 marins, elle pourra accueillir 72 passagers. Côté armement, le design a évolué à plusieurs reprises ces derniers mois. Les dernières maquettes présentées (postérieures aux vues illustrant cet article) montrent une plateforme dotée d'une tourelle de 127mm, de deux canons multitubes de type Phalanx (désormais placés de chaque côté du bâtiment) et de deux canons télé-opérés de 30mm. Côté missiles, 24 cellules de lancement vertical sont logées devant la passerelle afin d'accueillir des missiles de type Aster ou éventuellement des missiles de croisère.  S'y ajoute le système surface-air à courte portée Sea Ceptor, avec ses missiles CAMM, réparti à deux points du bâtiment : devant les gros silos de la plage avant (24 cellules) et derrière le mât principal, dans une structure comprenant également l'une des deux cheminées. Un ensemble de 24 autres cellules s'y trouve. Par ailleurs, les T26 devraient mettre en oeuvre des missiles antinavire et seront dotées de solides capacités anti-sous-marines, avec d'importants moyens sonar et des torpilles. Quant à leur radar principal, il s'agit pour l'instant d'un ARTISAN 3D.

 

 

Vue de la future frégate britannique du type 26 (BAE SYSTEMS)

Vue de la future frégate britannique du type 26 (BAE SYSTEMS)