Vie Portuaire
À la rencontre des lamaneurs du Havre

Reportage

À la rencontre des lamaneurs du Havre

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Reportage

C’est une profession rarement placée sous le feu des projecteurs. Il est vrai que ces professionnels du monde portuaire sont peu nombreux. Au Havre, deuxième port français et premier port hexagonal pour les conteneurs, ils sont 68 lamaneurs. « Une goutte d’eau parmi les milliers d’employés du secteur portuaire », rappelle le directeur général de la Société coopérative maritime de lamanage des ports du Havre et d’Antifer (LPHA), Cédric Le Merrer. Seulement, sans eux, aucun bateau ne pourrait accoster au Havre. Le lamanage est en effet l’un des maillons essentiels de la vie d'un port, au même titre que les pilotes et le remorquage.

Lamanage : amarrer, larguer, déhaler

Le travail de lamaneur est en apparence simple. Il s’agit d’amarrer les navires, de les désarrimer ou encore de les déhaler (translation le long d’un quai). Seulement, dans la pratique, le métier est plus compliqué et surtout plus risqué qu’il n’y paraît. Les moyens sont en effet assez dérisoires au regard de la taille des navires, qui peuvent atteindre 400 mètres. Les hommes travaillent en petites équipes, par tous les temps et à toute heure. Ils sont soit sur les quais, directement à manier les aussières, soit en mer, sur de frêles vedettes au contact direct des navires.

 

Des lamaneurs au chevet du CMA CGM Andromeda, à Port 2000 (© LPHA)

Des lamaneurs au chevet du CMA CGM Andromeda, à Port 2000 (© LPHA)

 

« Le danger est forcément présent dans notre corporation. On est vigilant et l’expérience joue beaucoup. Parmi les secteurs les plus dangereux, il y a le terminal pétrolier d’Antifer, au nord du Havre. Il est utilisé par des supertankers peu manœuvrants et les conditions de mer y sont souvent difficiles, voire très difficiles. De manière générale, le maniement des aussières est compliqué. Elles peuvent par exemple casser et devenir très dangereuses. Les risques de chutes sont également réels avec les opérations sur les ducs-d’Albe », explique le directeur général.

 

Un petit remorqueur Poseidon en action au terminal d'Antifer (© LPHA)

Un petit remorqueur Poseidon en action au terminal d'Antifer (© LPHA)

 

Concrètement, les lamaneurs effectuent un service public 365 jours par an, 24 heures sur 24. Des équipes se relaient nuit et jour pour apporter la réactivité nécessaire à l'incessant trafic maritime. Les lamaneurs suivent le mouvement des navires à l’avance dans le poste de contrôle de leur bâtiment technique. Ils peuvent ainsi prévoir au mieux leurs forces, même si les retards ou les changements sur la navigation peuvent les amener à devoir s’adapter sur le moment.

A l'accostage, leur intervention s’effectue toujours en dernier, après l’action du pilotage et du remorquage. Ils mettent en œuvre leurs moyens humains, nautiques et matériels quand l’officier de placement accorde une place à un navire. Ils récupèrent les toulines. Avec leurs camions vire-amarre (fourgons utilitaires équipés d’un plateau arrière disposant d’un système de treuil), ils peuvent les tirer efficacement let récupérer les aussières qu’ils vont ensuite enrouler sur les bollards des quais ou des ducs-d’Albe. Pendant les opérations, ils sont en relation constante par VHF avec le pilote embarqué sur le navire.

 

 

Outre cette activité de lamanage, la société propose un service de transport léger transrade grâce à une vedette rapide. De même, la coopérative peut être amenée à prêter main forte au Grand Port Maritime du …

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