Construction Navale
Au chantier Tanguy, «ce n’est pas du passéisme de rester dans le bois»

Reportage

Au chantier Tanguy, «ce n’est pas du passéisme de rester dans le bois»

Construction Navale
Reportage

Impossible de rater ce chantier, à Douarnenez. Dans l’anse de Pouldavid, sur un terrain privé, le hangar de 1500 m2, pouvant accueillir des bateaux jusqu’à 25 mètres, borde la route. Régulièrement, les automobilistes de passage arrêtent leur véhicule pour s’approcher du hangar, attirés par le bruit des coups de masse sur les carvelles, l’odeur du bois ou la vision des membrures d’un chalutier dans l'ouverture de la porte. De l’autre côté de la route, dans l’anse qui occupe le fond de la ria du Port-Rhu, une cale permet de sortir ou mettre les bateaux à l’eau avec un chariot et l’aide de la marée.

 

(© : MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© : MER ET MARINE - GAEL COGNE)

Ce chantier est une institution. La famille Tanguy construit et répare des bateaux en bois depuis 99 ans. Le premier chantier Tanguy a été ouvert en 1920 par Félix Tanguy, à l’île de Sein. Il avait lui-même appris le métier au chantier Keraudren, à Camaret. Les deux fils, Louis et Jean-Marie, ont poursuivi dans cette voie (l’un en reprenant le chantier paternel, l’autre en montant son propre chantier), avant de rejoindre le continent à Audierne et Douarnenez. Ce dernier a ouvert en 1964. C’est là qu’Yves, fils de Jean-Marie, est entré à l’âge de 16 ans. Aujourd’hui à la tête de l’entreprise familiale, il a un temps suspendu cette activité pour travailler notamment aux ateliers de l’Opéra de Paris.

Nouvelle étrave

Dans la cour, le patron est en grande conversation avec Bertrand Richard, propriétaire du Cornouaille, un chalutier en bois spécialisé dans la langoustine, de près de 12 mètres. Son bateau de 1983, dont il est le quatrième propriétaire, est en pleine refonte au chantier où travaillent huit personnes, en ce …