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Contre vents et marées, Naval Group et Fincantieri scellent leur union

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Contre vents et marées, Naval Group et Fincantieri scellent leur union

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Pour reprendre leurs propres expressions, il fallait un « breton têtu » comme Hervé Guillou pour convaincre une « tête dure de calabrais » comme Giuseppe Bono. Et toute la force de persuasion des deux hommes pour faire valider leur projet d’alliance au niveau gouvernemental, alors même que les relations politiques entre la France et l’Italie s’étaient considérablement dégradées.

Vendredi 14 juin, dans l’arsenal de La Spezia, les patrons de Naval Group et Fincantieri ont signé l’accord entérinant le projet Poseidon d’alliance entre les industries navales militaires française et italienne dans le domaine des bâtiments de surface. Il se concrétise notamment par le lancement d’une société commune, des programmes communs de R&T, des synergies dans les achats et le développement d’offres commerciales conjointes sur les marchés nationaux et à l’export.

La France et l’Italie renouent, du moins sur le plan industriel

La cérémonie s’est déroulée à bord de la frégate Federico Martinengo, lieu symbolique puisqu’il s’agit de l’un des bâtiments réalisés dans le cadre du programme franco-italien FREMM. Des noces célébrées presque dans l’intimité, essentiellement autour des cadres des deux entreprises et d’une quinzaine à peine de journalistes des deux pays. Aucun ministre français ou italien n’avait fait le déplacement, chose inhabituelle pour un accord d’une telle importance. Une absence à mettre sans doute sur le compte de relations encore tendues entre Paris et Rome. Mais Hervé Guillou l’assure, ce projet, « malgré les tensions entre nos deux pays », bénéficie « du soutien plein et entier des Etats, ce qui n’est pas possible autrement pour le secteur de la défense ». D’après le président de Naval Group, en cette période difficile entre la France et l’Italie, cette alliance serait même en mesure de « redonner du charme à la relation franco-italienne, cela fait partie de la réconciliation ». Giuseppe Bono abonde : « c’est un évènement extrêmement important au moment où l’Europe traverse des turbulences politiques, car cela montre que la coopération permet d’unir et d’entrevoir un avenir de cohésion et de développement ».

Les industriels ont su saisir leur chance au moment opportun

L’affaire n’était pourtant pas gagnée. Convaincu de la nécessité de consolider une industrie navale européenne trop dispersée et se livrant une guerre fratricide alors qu’émergent des concurren

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