Défense
Fréjus : Marine nationale et armée de Terre s’entraînent à l'évacuation de ressortissants

Reportage

Fréjus : Marine nationale et armée de Terre s’entraînent à l'évacuation de ressortissants

Défense

Un porte-hélicoptères et une frégate multi-missions postés devant la plage alors que des engins de débarquement projetaient des troupes et autres véhicules blindés… Fréjus a vécu la semaine dernière un important exercice amphibie de la Marine nationale et de l’armée de Terre.

Ces manœuvres s’inscrivent dans le cadre de Skrenvil 2019, qui se déroule du 9 au 19 octobre en Méditerranée, avec deux phases terrestres dans l’Hérault et le Var et des débarquements dans les secteurs de Frontignan et Fréjus. « Skrenvil 2019 est un entraînement interarmées de niveau tactique ayant pour objectif l’exécution d’une opération amphibie de grande ampleur, c'est-à-dire réalisée par une force interarmées projetée loin de ses bases sans support d’une nation hôte. Ce type d’entraînement opérationnel renforce l’aptitude de la Marine nationale et de l’armée de terre à conduire conjointement un Groupe Amphibie de niveau 1 (GA1) dont le commandant des troupes à terre (Commander Landing Group/CLG) est armé au niveau d’un régiment », explique le ministère des Armées.

 

Hélicoptères Caïman Terre et Tigre sur le pont d'envol du Dixmude (© FRANCIS JACQUOT)

Hélicoptères Caïman Terre et Tigre sur le pont d'envol du Dixmude (© FRANCIS JACQUOT)

La FREMM Languedoc vue du Dixmude (© FRANCIS JACQUOT)

La FREMM Languedoc vue du Dixmude (© FRANCIS JACQUOT)

Le Dixmude avec ses deux CTM (© FRANCIS JACQUOT)

Le Dixmude avec ses deux CTM (© FRANCIS JACQUOT)

EDA-R (© FRANCIS JACQUOT)

EDA-R (© FRANCIS JACQUOT)

Un VAB médical débarqué par un CTM (© FRANCIS JACQUOT)

Un VAB médical débarqué par un CTM (© FRANCIS JACQUOT)

 

Les exercices de ce genre visent à permettre aux unités d’atteindre un haut niveau de préparation et d’entrainement, avec ici la particularité de renforcer la réactivité d’un groupe amphibie au profit d’une opération impliquant l’évacuation de ressortissants.

Pour cet entrainement, cinq bâtiments de la Marine nationale et huit unités de l’Armée de Terre, pour un total de 870 militaires (470 marins et 400 soldats), sont mobilisés. Il y a là le porte-hélicoptères amphibie (PHA, ex-BPC) Dixmude avec un détachement de la flottille amphibie comprenant un engin de débarquement amphibie rapide (EDA-R) et deux chalands de transport de matériel (CTM), la frégate multi-missions (FREMM) Languedoc, le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) Seine ainsi que les chasseurs de mines tripartites (CMT) Lyre et Orion.

La 6ème brigade légère blindée fournit quant à elle le groupement tactique interarmées (GTIA) fort de 355 militaires et plusieurs dizaines de véhicules. 

 

Les engins du génie préparent la plage pour les véhicules à débarquer (© FRANCIS JACQUOT)

Les engins du génie préparent la plage pour les véhicules à débarquer (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Un VAB débarqué par un EDA-R (© FRANCIS JACQUOT)

Un VAB débarqué par un EDA-R (© FRANCIS JACQUOT)

Les deux CTM et l'EDA-R (© FRANCIS JACQUOT)

Les deux CTM et l'EDA-R (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

VAB (© FRANCIS JACQUOT)

VAB (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

CTM (© FRANCIS JACQUOT)

CTM (© FRANCIS JACQUOT)

 

Le PHA accueille également dans son vaste PC modulaire l’état-major opérationnel embarqué fourni par la Force Aéromaritime Française de Réaction Rapide (FRMARFOR). Il s’agit pour mémoire d’une structure de commandement de force maritime de niveau tactique ou opératif, interarmées et multinationale, qui a vu le jour le 27 juillet 2006 dans le but d’intégrer la Marine nationale à la permanence des Maritime Component Command (MCC), de la NATO Response Force (NRF). L’état-major de FRMARFOR est interallié et répond aux standards de l’OTAN. Il a vocation à fournir jusqu’à trois états-majors tactiques simultanément et sous très faible préavis pour des forces à la mer.

En dehors des véhicules et soldats, le Dixmude, dont les grands hangars peuvent servir à loger des centaines de ressortissants (plusieurs milliers de personnes avaient été ainsi évacuées du Liban en 2006 par le Mistral) et qui dispose d’un hôpital embarqué, accueille aussi des hélicoptères Tigre et Caïman de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT).

 

Le Languedoc vu du pont d'envol du Dixumude, accueillant Tigre et Caïman Terre (© FRANCIS JACQUOT)

Le Languedoc vu du pont d'envol du Dixumude, accueillant Tigre et Caïman Terre (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

La passerelle du Dixmude (© FRANCIS JACQUOT)

La passerelle du Dixmude (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le radier du Dixmude accueillant EDAR-R et CTM pour charger les véhicules et troupes (© FRANCIS JACQUOT)

Le radier du Dixmude accueillant EDAR-R et CTM pour charger les véhicules et troupes (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le PHA est donc le centre névralgique d’une opération de ce type. Comme l’avait été le Mistral par la frégate antiaérienne Cassard au Liban, où l’opération Baliste s’étant déroulée sous menace du tir depuis la terre de missiles antinavire, le Dixmude est dans le cadre de cet exercice protégé par le Languedoc. La FREMM peut intercepter des menaces aériennes et missiles adverses, assurer grâce à ses puissants senseurs une surveillance étendue, y compris sous la mer, fournir si besoin un appui feu aux unités débarquées avec son artillerie principale, voire employer ses missiles de croisière contre une cible terrestre à longue portée. Les chasseurs de mines ont quant à eux vocation à s’assurer que les approches de la plage où les EDAR et CTM s’échouent est claire d’engins explosifs, alors que le BSAM peut apporter de nombreux services de soutien à la force. Ce type d’opération fait également intervenir des commandos qui assurent la reconnaissance et la sécurisation de la zone de débarquement, tout en pouvant conduire l’exfiltration de ressortissants comme cela avait été le cas au Yémen en 2015 lors d’une opération ayant mobilisé le Dixmude, la frégate Aconit et le patrouilleur L’Adroit.

 

Marine nationale