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EDAS : la construction des nouveaux chalands de débarquement commence
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EDAS : la construction des nouveaux chalands de débarquement commence

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Confié à CNIM et Socarenam, le programme de remplacement des actuels chalands de transport de matériel (CTM) de la Marine nationale entre dans sa phase de production. Mer et Marine a appris que la construction des deux premiers engins de débarquement amphibie standards (EDAS) venait de débuter au chantier Socarenam de Saint-Malo.

Ces deux premiers bateaux, sur une série qui doit à terme en comprendre quatorze, sont réalisés de front avec un espacement d’environ un mois. Leurs essais devraient être conduits au printemps prochain à Saint-Malo, puis ils rejoindront en cargo Toulon où ils sont attendus à l’été. Une fois sur place, les marins de la flottille amphibie (Flophib), qui les mettra en œuvre, seront formés à leur utilisation et aux opérations de maintenance de premier et second niveau. De là, les essais de réception débuteront, à partir de septembre normalement, avec la Direction Générale de l’Armement (DGA). Une longue période de tests en tous genres est prévue avec ces nouveaux EDAS afin de vérifier qu’ils répondent aux spécifications et exigences requises. Les engins enchaineront ainsi les manœuvres de plageage, de transbordement à quai ou encore d’enradiage sur porte-hélicoptères amphibies (PHA, ex-BPC). Il faudra notamment pour cela le concours de différents véhicules de l’armée Terre, les nouveaux engins de débarquement étant conçus pour projeter des camions et véhicules blindés, dont les nouveaux Griffon et Jaguar, mais aussi un char lourd Leclerc.

A l’issue de cette longue période d’essais, les deux premiers EDAS devraient être réceptionnés vers la fin 2020. La qualification de ces engins entrainera le lancement de la construction en série, avec pour commencer quatre EDAS à produire en 18 mois, c’est-à-dire pour des livraisons en 2022. Le contrat, annoncé en janvier 2019 par la DGA, comprend ensuite des tranches optionnelles pour la réalisation des huit autres unités.

La Flophib, qui touchera les six premiers EDAS, doit en réceptionner ensuite deux supplémentaires sur les tranches optionnelles. Quant aux six autres chalands de nouvelle génération prévus par le programme, ils sont destinés pour deux d’entre eux aux forces françaises stationnées à Djibouti et, pour les autres, à quatre territoires d’Outre-mer. Un EDAS doit ainsi être basé en Martinique, un en Guyane, un en Nouvelle-Calédonie et un à Mayotte.

D’un montant global de 65 millions d’euros, le programme EDAS est donc industriellement porté par CNIM, qui a conçu ces engins en collaboration avec Mauric, et Socarenam qui réalisera l’ensemble de ces bateaux sur son site malouin. S’y ajoute la société bretonne CNN MCO, qui assurera la maintenance des nouveaux engins.

Les EDAS seront intégralement réalisés en acier, à l’exception de leur rampe arrière, qui se repliera en portefeuille et sera produite en aluminium. Longs de 28.5 mètres pour une largeur de 7 mètres, ils seront plus grands que leurs aînés, mais aussi plus rapides et manoeuvrants grâce un meilleur hydrodynamisme et une architecture propulsive plus efficace. Disposant de deux moteurs diesels, deux hélices sous tuyère et un pump-jet à l’avant, ils pourront atteindre la vitesse maximale de 13.5 nœuds à vide (11 à pleine charge), leur autonomie étant de 350 milles à 11 nœuds.

Leur capacité d’emport nominale sera de 65 tonnes, avec la possibilité d’emporter un chargement pouvant aller exceptionnellement jusqu’à 80 tonnes. Capables d’embarquer tous les véhicules de l’armée de Terre, ces nouveaux engins seront de type roll-on/roll-off, avec une rampe à l’avant et une autre (pliable) à l’arrière. Cela facilitera les opérations d’embarquement et de débarquement de troupes, matériels et véhicules.

Comme les CTM, les nouveaux EDAS seront, sur les porte-hélicoptères amphibies du type Mistral, employés en tandem avec les engins de débarquement amphibie rapides (EDAR), dont quatre exemplaires conçus par CNIM et produits par Socarenam ont été livrés en 2012 et 2013 à la Marine nationale. Plus grands et rapides, ces catamarans en aluminium de 30 mètres de long pour 12.8 mètres de large sont dotés d’une plateforme élévatrice de 127 m² pouvant supporter une charge de 80 à 100 tonnes. Leur vitesse atteind 30 nœuds à vide et 18 en charge. Les PHA de la Marine nationale embarquent habituellement dans leur radier une batellerie constituée d’un EDAR et deux CTM, cette configuration allant être maintenue avec le futur tandem EDAR/EDAS.

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