Marine Marchande
Acadie : le ferry n'a pas trouvé preneur
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Acadie : le ferry n'a pas trouvé preneur

Marine Marchande

Mis en vente à 80 000 €, le ferry Acadie n’a pas trouvé preneur, ce mercredi 4 décembre, à Lorient. Six acheteurs s’étaient positionnés mais aucun n’a conclu l’affaire. Certains veulent se donner le temps de la réflexion…

Une poignée de minutes. La vente aux enchères du ferry Acadie, ce mercredi 4 décembre, à midi, au port de pêche de Keroman, à Lorient, aura pour le moins été brève. Et frustrante. Aucun acheteur ne s’est finalement positionné. Ils étaient six, issus du grand Ouest, sur les rangs, dont trois qui avaient fait le déplacement. Proposé à 80 000 €, le navire de 600 places n’a donc pas trouvé preneur. Il reste propriété de la Région Bretagne.

« Un recul devant l’obstacle »

Une petite déception pour Xavier Gauducheau, le commissaire-priseur de la société rennaise Alcopa Auction, chargé de cette vente à quai, à portée de main de l’ancien roulier de Belle-Ile et Groix, construit aux Chantiers de La Perrière en 1971 et retiré de la flotte après 48 ans de bons et loyaux services : « La vente ne s’est pas faite. C’est sûr : ce n’est pas une baguette de pain ! Il y a eu comme un recul devant l’obstacle. Certains acheteurs m’ont confié vouloir prendre le temps de la réflexion », a-t-il confié.

« Le prix est attractif, voire dérisoire. L'équivalent d'un bateau comme celui-ci, aujourd’hui, c’est 13 à 14 M€. Le Conseil régional n’en a plus l’utilité et a décidé de le vendre. Le bateau est vendu en l’état, avec son ancienneté et ses imperfections. Il n’a plus de certificat de navigation et n’est plus aux normes actuelles, notamment pour l’accueil des personnes à mobilité réduite, mais il est prêt à naviguer. Il a été expertisé », rappelle l’adjudicateur face à sa première vente d’un bateau aussi important. « Ce n’est pas habituel », concède-t-il.

« On espère qu’il va avoir d’autres usages »

Nostalgiques, plusieurs salariés de l’ancienne Société morbihannaise de navigation et de la compagnie Océane ont assisté à la vente. Dont le chef mécanicien, chargé d’entretenir le navire jusqu’au bout : « L’Acadie est dans son jus mais il est robuste. Tout fonctionne ».

Éric Le Méro, chef du service des opérations dessertes maritimes à la Région, espère, lui, que l’Acadie « aura une seconde vie, d’autres usages ».

Parmi les projets, le ferry de 42 m pourrait partir à l’export, pour les Seychelles ou l’Afrique par exemple, ou être transformé en boîte de nuit ou restaurant. Une idée imaginée par un jeune Malouin, prudent : « Pas question d’acheter sur un coup de tête ! J’ai vu la vente tardivement. Il faut que je me renseigne et que je travaille mon budget ». Prix d’achat, coût de l’assurance, tarif de la place à quai… Des chiffres à donner le tournis !

Et maintenant ? « Selon la loi, tout acheteur peut se positionner à ce prix-là, même après la vente », conclut Xavier Gauducheau. Peut-être qu’avec Sophie Davant et ses experts au marteau, la donne aurait été différente…

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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