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Mayotte : une nouvelle vedette de surveillance pour le parc marin
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Mayotte : une nouvelle vedette de surveillance pour le parc marin

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Le parc naturel marin de Mayotte va disposer d’une toute nouvelle vedette de surveillance. Réalisée par le chantier brestois CIB, filiale du groupe BMA, l’Utunda a quitté Le Havre le 23 novembre à bord d’un cargo. Cap sur l’océan Indien, son arrivée à Mayotte est normalement prévue au cours des derniers jours de l’année.

Dérivée des Valbelle et Augustine, déjà produites par CIB et livrées en 2015 au parc naturel marin d’Iroise, l’Utunda est une vedette en aluminium de 11.5 mètres de long pour 3.2 mètres de large. Par rapport à ses aînées, elle présente un certain nombre de différences, liées à une évolution de la règlementation et à des besoins spécifiques à Mayotte. L’Utunda devrait par exemple conduire plus de missions de contrôles et d’opérations de plongée.

Equipée de deux moteurs hors-bords Mercury de 250 cv chacun, elle peut atteindre une vitesse maximale de 34 nœuds. Armée par deux membres d’équipage et pouvant accueillir six personnes supplémentaires, l’Utunda est dotée d’un vire-filet/vire-casier hydraulique, d’une potence de relavage d’une capacité de 120 kg avec déport d’1 mètre par rapport au bordé, ainsi que deux plateformes pour plongeurs munies d’échelles perroquet.

 

La vedette Utunda (© CIB)

La vedette Utunda (© CIB)

 

Créé en 2010, Mayotte est le plus grand des parcs naturels marins français, sa surface s’étendant sur pas moins de 68.000 km². Pour œuvrer sur cet immense espace, le parc ne disposait jusqu’ici que d’un semi-rigide (M’Tsounga) et d’une première vedette d’occasion, l’Aïta 2, acquise en 2012. Avec la nouvelle Utunda, ses capacités de surveillance et d’étude de l’écosystème marin vont sensiblement augmenter.

Pour mémoire, c’est en 2006 que la France a décidé de créer ces zones marines protégées, neuf parcs ayant depuis vu le jour. Le premier d’entre eux, le parc d’Iroise en Bretagne, a été créé en 2007. Il a été suivi par ceux de Mayotte (2010), du golfe du Lion (2011), des Glorieuses (2012), d’Arcachon (2014), de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis (2015), du cap Corse et de l'Agriate (2016) et de la Martinique (2017). Permettant ainsi de protéger une surface totale de 185.049 km², ils dépendent aujourd’hui de l’Agence française pour la biodiversité, établissement public qui a intégré lors de sa création en 2016 plusieurs offices de l’État, dont l’Agence des aires marines protégées.

Chaque parc est piloté dans une démarche de concertation par un conseil de gestion réunissant notamment les acteurs locaux (élus, professionnels, associations…). L'objectif fixé est de protéger et mieux connaître l’environnement maritime, tout en permettant le développement d’activités économiques durables dans cet espace.

Chargés du suivi du milieu via des études sur les habitats, les espèces qui les peuplent et leur évolution, les agents des parcs marins ont aussi des prérogatives d’inspecteurs de l’environnement, de police des pêches et de police administrative. Ils travaillent en étroite collaboration avec d’autres services, comme les Affaires maritimes et la Gendarmerie maritime, et peuvent être mobilisés sur des missions liées à l’action de l’Etat en mer.

A ce jour, les neufs parcs, qui comptent en tout une centaine d’agents sur le terrain, alignent une flottille comprenant trois vedettes de surveillance et dix semi-rigides. Les nouvelles unités permettent d’accroître les capacités des équipes et d’évoluer plus au large, même lorsque les conditions météo sont dégradées.

 

La vedette Valbelle du parc naturel marin d'Iroise (© MICHEL FLOCH)

La vedette Valbelle du parc naturel marin d'Iroise (© MICHEL FLOCH)

 

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