Défense
A bord de l’OPV Gabriela Silang

Reportage

A bord de l’OPV Gabriela Silang

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Construction Navale

Livré le 18 décembre par Ocea au service de garde-côtes des Philippines, le Gabriela Silang est, avec une longueur de quasiment 84 mètres, le plus grand patrouilleur monocoque au monde réalisé en aluminium. Un tour de force technique que le constructeur vendéen a relevé grâce à son expérience de plus de 30 ans dans les navires en alu et aux nombreux travaux de R&D conduits sur ce matériau. L’alu présente de nombreux avantages mais a souvent mauvaise réputation pour les gros bateaux, sur lesquels les clients redoutent des problèmes de fatigue structurelle liés notamment aux contraintes de torsion. Des problèmes qu’Ocea se targue de ne pas rencontrer avec ses productions, qu’il présente comme aussi robustes que celles en acier. Son secret ? Ses navires sont sur-échantillonnés. En clair, le chantier va très au-delà des spécifications règlementaires sur l’aluminium en utilisant des épaisseurs bien plus importantes. Ce qui lui permet de garantir ses coques sur le long terme.

 

Coques en aluminium (ici d'un palangrier) au chantier Ocea des Sables (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coques en aluminium (ici d'un palangrier) au chantier Ocea des Sables (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Gabriela Silang juste avant sa mise à l'eau aux Sables d'Olonne en juillet (© OCEA)

Le Gabriela Silang juste avant sa mise à l'eau aux Sables d'Olonne en juillet (© OCEA)

 

Consommation et émissions de CO2 considérablement réduites

Par rapport à l’acier, l’aluminium présente l’avantage de ne pas rouiller et se révèle beaucoup plus léger. Au point de permettre une réduction très importante de la consommation en carburant. « Sur le Gabriela Silang, nous sommes à 42% de consommation en moins par rapport à un navire équivalent en acier. Si nous avons été choisis au terme d’une âpre compétition internationale, c’est que notre offre est compétitive, mais aussi parce qu’il s’agit d’une solution innovante répondant non seulement aux besoins opérationnels du client, mais aussi à une stratégie de développement durable qui a été dimensionnante dans son choix », affirme Fabrice Weinbach, directeur commercial du groupe vendéen. Avec plus de 40% de consommation en moins, les frais de soute, et donc les coûts d’exploitation, s’en trouvent réduits d’autant, ce qui représente des économies budgétaires considérables sur la durée de vie du patrouilleur. Et mécaniquement, cette diminution sensible des besoins énergétiques entraine une baisse équivalente des rejets de gaz à effet de serre provenant des machines. Dans le cas présent, le gain est selon le constructeur de plus de 20.000 tonnes de CO2 sur les 20 premières années d’exploitation du Gabriela Silang. Un argument qui, constate-t-on chez Ocea, pèse de plus en plus lourd dans le choix des clients, en particulier ceux engagés dans des politiques environnementales volontaristes. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons avancées par les Affaires maritimes qui ont récemment décidé de faire construire chez Ocea leur prochain patrouilleur. D’aucuns diront cependant que la production d’aluminium est très polluante. Ce à

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