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Le MICA Center publie son bilan annuel sur la piraterie et le brigandage maritime

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Le MICA Center publie son bilan annuel sur la piraterie et le brigandage maritime

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Le MICA Center (Maritime Information Cooperation and Awareness Center), centre d’expertise français dédié à la sûreté maritime à compétence mondiale situé à la base navale de Brest, vient de publier le rapport annuel 2019 de la piraterie et du brigandage maritime. Ce document, premier du MICA Center depuis sa création en 2016, reprend les différents rapports hebdomadaires ou mensuels et analyse les tendances observées ainsi que l’évolution des modes d’action et du recours à la violence, dans les zones touchées.

 

Extrait du rapport annuel du MICA Center

Extrait du rapport annuel du MICA Center

 

Première constatation, une stabilité des actes criminels en mer : « avec 360 événements reportés dans le monde, le nombre total d’événements liés à la piraterie et au brigandage reste près de deux fois inférieur aux sommets atteints en 2011 au plus fort des attaques au large de la Somalie », note le rapport. Avec une zone particulièrement sensible, le golfe de Guinée qui enregistre 111 actes et «  où l’insécurité maritime liée à la piraterie et au brigandage reste élevée, et plus particulièrement au fond du golfe où elle est caractérisée par une recrudescence des enlèvements et le maintien d’un niveau de violence élevé ». Les côtes du Nigeria voient près de la moitié de ces attaques. Suivent (de loin) le Cameroun, la République du Congo et le Bénin. « La plupart des actes recensés dans les pays du golfe de Guinée, sont le fait de brigands locaux. Toutefois, des raids lointains de pirates sont régulièrement observés dans un croissant s’étendant du large du Togo, à la Guinée Equatoriale, notamment le long des côtes ou sur les zones de mouillage », détaille le rapport. «  En 2019, on constate une augmentation du nombre d'événements, principalement en raison des vols commis au mouillage ou dans un port. Ce phénomène peut s’expliquer par le mauvais temps qui a régné sur la majeure partie de la zone entre juin et octobre 2019 et qui a obligé les délinquants et criminels à opérer le long des côtes. Si le nombre de navires piratés reste stable, on relève une augmentaton sensible du nombre d’enlèvements ». 146 marins ont été kidnappés en 2019, notamment au mois de décembre qui a connu 5 attaques et 53 otages, contre 99 en 2018.

L'Amérique latine et l'arc Caraïbes voient le nombre d'attaques augmenter depuis 2015 pour atteindre 135 l'an passé. « De nombreuses îles de la mer des Caraïbes ont subi une augmentation du nombre d’actes de brigandage, portant essentiellement sur les navires de plaisance. Saint Vincent, les Grenadines et la Grenade figurent parmi les îles les plus touchées. Plusieurs pays d’Amérique latine sont également touchés. Le brigandage frappe les navires de fort tonnage lorsqu’ils sont au mouillage, essentiellement devant le Pérou, le Venezuela et la Colombie ».

Embellie en revanche du côté de l'océan Indien, qui n'a vu que 25 incidents. « Ce chiffre est en forte baisse par rapport à l’an passé et reste bien en deçà de la moyenne des événements constatés sur les 10 dernières années. Aucun navire n’a été détourné en 2019. Deux événements de piraterie ont été reportés. Un seul a eu lieu au large des côtes somaliennes ». 

Le Sud-Est asiatique a enregistré 86 attaques, un chiffre en légère hausse, qui se concentrent pour près de 60 % dans les approches indonésiennes. « Les brigands sont généralement armés de parangs, grands couteaux à lame recourbée largement ulisés en Insulinde. Des armes à feu sont souvent employées lors des attaques reportées au sud des Philippines ».

- Voir notre reportage au coeur du MICA Center

 

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